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Paralysie de l’école malienne: à quoi jouent les grévistes

C’est bien la saison des grèves qui menace l’école malienne, dès ce lundi où une bonne demi-douzaine de syndicats d’enseignants appelle leurs militants à observer un débrayage de neuf jours. Rien d’étonnant en cela si on sait que la grève est un droit constitutionnel, strictement respecté au Mali. Mais dès qu’il s’agit de non-respect d’un engagement d’un terme de l’accord, on s’intéresse sur les dessous de la grève. C’est bien cette suspicion qui vise l’action des grévistes, lesquels en toute vraisemblance n’ont pas respecté leurs propres engagements.

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À quoi jouent les grévistes de l’école ? S’interrogent plusieurs observateurs neutres qui s’intéressent à la problématique de l’école malienne. En fait, selon de nombreux milieux, y compris certains anciens responsables syndicalistes, naturellement plus enclins à la crédibilité syndicale, tout change dans l’action syndicale, une fois qu’il est établi que c’est le syndicat qui viole ses propres engagements.
Autour de cette grève de 216 heures projetée par plusieurs syndicats d’enseignants, on annonce que ce n’est pas la première fois qu’elle est déclenchée, à peu près dans les mêmes termes, en ce sens qu’il y a quelques mois, plus exactement en janvier dernier, les mêmes syndicats d’enseignants avaient menacé les autorités scolaires de projeter le même mouvement. C’est pour cette raison qu’une commission de réconciliation avait été mise en place sous l’égide du ministère du travail et la fonction publique avec comme président un homme connu dans les milieux de la médiation scolaire, Mamadou Lamine Diarra, celui-là même qui se montre disponible et déterminé, dès lors qu’il s’agit de sortir d’une crise qui menace la stabilité de l’école.
Selon de sources crédibles, proches des négociations, les deux parties, avec l’entregent des médiateurs, étaient parvenus à des accords, jugés crédibles par les milieux syndicaux, et qui avaient débouché sans aucune forme de procès sur la levée du préavis de cette grève de 216 heures, prévue, à l’époque des faits, le lundi 9 janvier dernier. On le voit bien, c’est un remake à cette première grève que les syndicats de l’école malienne ont dû procéder par ce nouveau débrayage, en suivant pour cela les mêmes modes opératoires. Voilà pourquoi il est décidé par ces syndicats de reprendre les mêmes revendications, cinq au total, dont le fameux statut autonome, défendu bec et ongle par les syndicalistes qui, eux, savent bien la réalité des coulisses des négociations passées sur le même dossier et les résultats qui en sont sortis.
Le hic de ce dossier est que les parties ont convenu que le « gouvernement s’engage à donner aux enseignants un statut » et qu’aucun « aspect, dont la grille, ne sera occulté lors des travaux de la commission qui sera mise à cet effet au plus tard le 31 janvier ». À en tenir une clause du PV de conciliation, signée par toutes les parties, et qui n’a été contesté par aucune d’entre elles, le syndicat dans cette perspective de négociation, nulle part, dans les termes des accords, on ne parle de « statut autonome des enseignants ».
Si le PV de conciliation n’en fait pas expressément la mention, d’où est-ce que les syndicalistes ont-ils visé ce statut autonome » qui semble aujourd’hui focaliser toutes les suspicions ? Le PV de conciliation, qui a été signé entre les parties, le 8 janvier dernier, dans la salle de la conférence du ministère de l’Éducation nationale, et qui a amené les syndicalistes à lever leur mot d’ordre de grève, n’a pas fait cas d’un « statut autonome », comme le semblent affirmer aujourd’hui les grévistes, lesquels se cramponnent sur un statut autonome qui n’a pas été obtenu dans les accords, conclus avec la partie gouvernementale. De ce fait, les syndicats d’enseignants savent qu’ils n’agissent pas véritablement dans le sens les termes des accords, auxquels ils sont eux-mêmes souscrits, au cours des négociations ultérieures.
Au ministère de l’Éducation nationale où la volonté est toujours forte de poursuivre les discussions pour la nécessaire accalmie dans l’espace scolaire, on évite d’envenimer la situation quant au choix des grévistes de s’accrocher coûte que coûte au statut autonome. Ici, il s’agit d’assurer au-delà de la polémique liée à un statut l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants. Pour la quiétude à l’école et la qualité de l’enseignement.

Par Sidi Dao

 

Source: info-matin

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