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Paix et réconciliation: promesse tenue

« Il y a 4 ans (…) Le peuple malien tremblait, les Africains partageaient cette inquiétude et l’Europe pouvait regarder parfois avec distance ce qui se passait au Mali, ne saisissant pas immédiatement l’enjeu.

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Aujourd’hui (…), nous devons prendre la dimension de ce qui a été engagé ici en 4 ans. Les terroristes ne contrôlent plus aucun territoire, la démocratie a repris son cours, les élections ont eu lieu : présidentielles, législatives municipales. Ibrahim Boubacar KEITA est l’élu du peuple malien, l’économie repart et la réconciliation, avec l’Accord pour la paix issu du processus d’Alger, est en cours.
Voilà ce qui a été fait en 4 ans. Il y a peu d’exemples au monde où un pays déchiré, menacé par le terrorisme, divisé en son sein et qui pouvait douter à un moment de son propre avenir, ait été capable de se redresser aussi vite et de se tenir debout aujourd’hui devant nous ».
Ces propos prononcés par le président Hollande lors de la cérémonie d’ouverture du sommet Afrique-France tenue à Bamako les 13 et 14 janvier 2017 résument éloquemment le parcours qu’a été celui de notre pays. Ils traduisent une volonté réelle et un engagement partagé de l’ensemble des acteurs du processus avec à la clé des résultats qui parlent d’eux-mêmes. Notre dossier ci-dessous :

Contexte
Le 12 janvier 2012, comme tout le monde s’attendait, sauf le régime des généraux, la guerre éclate.
L’objectif des « assaillants » est sans équivoque : libérer l’« Azawad ». Et pour l’atteindre, le MNLA ne s’embarrasse d’alliance : il fait cause commune avec les islamistes d’Ansardine et les terroristes d’Aqmi et ceux du Mujao, pour annexer et occuper en trois petits mois les 2/3 du territoire national du Mali.
L’alliance des séparatistes et islamistes achève sa conquête du nord de notre pays le 1er avril avec la prise symbolique des trois capitales régionales (Gao, Tombouctou et Kidal), tandis que l’armée trahie et abandonnée accourt vers Bamako où le Général-président avait été renversé le 22 mars.
Si la victoire de la rébellion et de ses alliés sur le terrain a été éclaire et facile, sa gestion se révélera très rapidement beaucoup plus compliquée. La précaire alliance entre séparatistes et islamistes ne résistera pas aux divergences apparues dès les premières heures de la victoire.
Prônant la « Charia » et s’opposant à toute idée d’indépendance, le 2 avril 2012, les islamistes d’Ansardine chassent de Tombouctou les éléments du MNLA, en descendant et brûlant les drapeaux du MNLA pour les remplacer par ceux du Mali et d’Ansardine ; en rassurant les populations qu’ils ne sont pas à Tombouctou pour la division du pays, mais plutôt pour l’application de la charia.
Ces tensions entre alliés séparatistes et djihadistes victorieux, au nord, ne seront d’aucune aubaine pour le Mali plongé, au sud, dans une autre crise, celle consécutive au renversement du régime par une junte militaire dirigée par le capitaine Sonogo, à un mois de la présidentielle, initialement prévue le 29 avril 2012.
Sous embargo économique et financier et sous fortes pressions internationales, la Junte de Kati lâche du lest en signant un accord-cadre avec la CÉDÉAO, le 6 avril 2012, ouvrant ainsi la voie à une Transition qui sera pilotée par le Pr Dioncounda Traoré et ses amis FDR.
Ce même vendredi 6 avril 2012, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), sous la signature de Bilal Ag Achérif, proclame unilatéralement sur son site Internet « l’indépendance de l’Azawad ». Une déclaration immédiatement rejetée comme nulle et sans aucune valeur et condamnée par la France, l’Algérie, le CÉDÉAO, l’UA et l’UE… qui refusent toute remise en cause de l’intégrité territoriale de notre pays.

Les prémisses du dialogue
En décembre 2012 (donc pendant la Transition), sous l’égide du médiateur de la CÉDÉAO, le président burkinabé Blaise Compaoré, des contacts avaient été établis avec le MNLA, mais aussi avec le groupe Ansardine en vue de l’amorce d’un dialogue. Cette tentative tournera court.
Raison : le Chef de guerre islamiste, Iyad Ag Ghali, et ses alliés désormais contrôlant tout le septentrion malien, après avoir chassé le MNLA qui a trouvé refuge en Mauritanie, a lancé, en janvier 2013, ses légions à l’assaut du Sud.
Pour stopper le déferlement djihadiste qui faisait cap vers Mopti (puis Bamako dans le viseur) après la prise de Konna le 10 janvier 2013, la France intervient le 11 janvier 2013…
Malgré la victoire de la France sur les « terroristes », et le recyclage d’anciens islamistes en fréquentables laïcs, la question de la restauration de l’intégrité territoriale reste posée et entière. En effet, après la libération du nord, le MNLA revient triomphalement et plus arrogamment s’installer à Kidal.
Comment résoudre le problème ?
La question de la restauration de la souveraineté sur l’ensemble du territoire, notamment à Kidal, doit être résolue, décide-t-on, non par la force, mais à travers le dialogue et la négociation.
Aussi, la Transition accepte-t-elle (avait-elle le choix ?) d’entamer en début juin 2013 les négociations avec les groupes armés décrétés non terroristes, à savoir le MNLA et MIA (Mouvement islamique de l’Azawad) qui deviendra HCA (Haut conseil de l’Azawad) puis le HCUA (Haut conseil de l’unité de l’Azawad).
Ces négociations quelque peu forcées et à la sauvette, conduites par le Conseiller spécial Tiébilé Dramé, sous l’égide du Médiateur de la CÉDÉAO, aboutiront le 18 juin à Ouagadougou à la signature d’un « Accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix ».

Accord préliminaire de Ouaga
Le processus de sortie de crise envisagée par l’Accord dit préliminaire de Ouagadougou, dont l’objet était de poser les jalons d’un futur dialogue inclusif, en vue d’une solution définitive comportait deux phases (Article 1er).
Si la première, à savoir l’organisation de la présidentielle sur l’ensemble du territoire (article 2), a été couronnée de succès avec l’élection du président IBK le 11 août 2013, en revanche, la mise en œuvre de la seconde phase (article3), « entamer un dialogue inclusif pour trouver une solution définitive à la crise », s’annonce nettement plus longue et plus compliquée. Notamment et précisément sur le statut juridique de l’Azawad, les modalités du cantonnement ainsi que le désarmement des groupes armés.
Faute de pouvoir les trancher parce que jugés comme préalables à l’époque par les rebelles, ces points de désaccord (qui restent encore aujourd’hui d’actualité) ont été légués par les artisans de l’Accord préliminaire de Ouaga aux futures autorités qui devraient les résoudre dans le cadre d’un futur « accord global définitif de sortie de crise ». Autrement dit, ils ont lancé leurs patates chaudes au nouveau régime.
Esquivant la question, l’accord de Ouaga n’a posé que le principe, laissant les modalités du désarmement (article 6), à la signature de l’accord global et définitif de paix dans le cadre du processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR).
Si l’Accord préliminaire prévoit le cantonnement des éléments armés à l’article « sans délai », « sous la supervision et avec le soutien de la MISMA/MINUSMA, ainsi que le concours initial de la Force Serval », dans la pratique les éléments du MNLA n’ont jamais, à la vérité, été cantonnés.
Signé sous une certaine contrainte et dans une certaine précipitation, l’accord préliminaire de Ouaga, s’il a permis à l’élection du président de la République, n’a pas permis la restauration de la souveraineté du Mali à Kidal où l’administration et l’armée maliennes sont interdites.
En effet, si le redéploiement de l’administration centrale dans la ville conformément à l’article 9 de l’accord n’a été effectif que le 15 juillet, avec le retour du gouverneur de la région de Kidal, le colonel Adama Kamissoko, les locaux officiels du gouverneur et la radiotélévision nationale ORTM sont restés occupés par les combattants du MNLA jusqu’au 14 novembre 2014.
Contrairement aux dispositions de l’article 10 de l’accord « le déploiement des forces de défense et de sécurité et de l’administration dans la région de Kidal (…) avant les élections présidentielles prévues pour le 28 juillet 2013 », notamment « déploiement progressif de l’Armée malienne à Kidal, en étroite coopération avec la MISMA/MINUSMA et opération Serval » sera fortement encadré puis stoppé tout net.
Pour ce qui est des 150 soldats redéployés à partir du 5 juillet 2013, dans leur camp dans la ville de Kidal, ils étaient casernés pour ne pas dire emprisonnés sans aucune liberté de mouvement et ne se déplaçaient qu’après « approbation » et « sous surveillance » des forces françaises et onusiennes.

Dialogue et négociation avec les rebelles
Soucieux du respect de sa parole et de ses engagements, au nom de la continuité de l’État, le nouveau président élu a donc accepté d’ouvrir le dialogue avec les groupes armés et cela conformément à l’article 20 de l’accord préliminaire de Ouaga.
Pour rappel, cet enjoint au nouveau gouvernement d’entamer dans un délai de 60 jours à compter de la prise de fonction du nouveau gouvernement le dialogue inclusif avec toutes les communautés du nord, les groupes armés signataires et ceux ayant adhéré à l’accord, « en vue d’aboutir à l’établissement d’une paix globale et définitive.
Ce dialogue inclusif portera entre autres sur les questions suivantes :
-l’organisation administrative et institutionnelle du Mali (qui pose les bases du processus référendaire), en particulier les régions du nord du Mali désignées par certains sous le terme Azawad ;
-la stratégie de développement intégré des collectivités territoriales du Mali ;
-la gestion des ressources et richesses nationales ;
-la réorganisation des forces de défense et de sécurité ainsi que le programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion socioéconomique (DDR) des groupes armés du nord Mali ;
-l’amélioration de la gouvernance administrative, économique et politique ;
-le retour des réfugiés et des personnes déplacées et leur réinsertion ;
-la promotion et la protection des droits de l’Homme au Mali ;
-la justice et la réconciliation ».

Pré-concertation du 15 au 17 septembre à Bamako
C’est dans ce cadre qu’une réunion informelle dite de pré-concertation initiée par le gouvernement a regroupé du 15 au 17 septembre à Bamako des délégations du MNLA (Mouvement national pour la libération de l’Azawad), du HCUA (Haut conseil de l’unité de l’Azawad), du MAA (Mouvement arabe de l’Azawad), ainsi que des représentants de la CMFPR (Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance).
Objet : « amener les groupes armés du nord du Mali à se parler, à échanger et à se mettre d’accord sur la nécessité de s’entendre sur les aspirations essentielles des populations qu’ils représentent ».
L’équipe du président IBK veut rapidement reprendre en main le « Dossier Mali » géré jusqu’ici en partie au Burkina et en partie avec la Minusma.

Délégation ministérielle à Kidal
Sur instruction du président IBK, accompagné de ses homologues de l’Administration territoriale, le Général Moussa Sinko COULIBALY et de la Sécurité intérieure, Feu le Général Sada SAMAKE, le ministre de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du nord, le Dr Cheick Oumar DIARRAH, se rend le lundi 16 septembre 2013 à Kidal.
Objectif : prise de contact avec les populations locales et leur apporter le message de paix du Président élu, mais aussi rencontrer les leaders traditionnels pour discuter des voies et moyens en vue de trouver une solution définitive à la crise.

Le président IBK rencontre les rebelles à Koulouba
Le mardi 17 septembre 2013, le président IBK, dans l’esprit de l’article 20 de l’Accord préliminaire de Ouaga reçoit en audience à Koulouba les leaders des groupes armés en présence du Premier ministre et des ministres des Affaires étrangères et celui de la réconciliation nationale.
Objectif : recevoir les conclusions de la réunion de 3 jours préparatoire des concertations entre le Gouvernement et les groupes armés présents dans le nord du Mali et fixer les cadres et les limites du dialogue à intervenir.
Ont pris part à cette audience : Brahim Ag Mohamed Assaleh du MNLA (Mouvement de national de libération de l’Azawad), Ahmada Ag Bibi du HCUA (Haut conseil unifié de l’Azawad), Mohamed Mahmoud El Oumrany du MAA (Mouvement arabe de l’Azawad), et Me Harouna Toureh et Ibrahim Maïga du FPR, (Front patriotique de résistance), comprenant le Gandakoy et le Ganda-Izo.

La ligne rouge
La ligne rouge à ne pas franchir : aucune la remise en cause de la souveraineté de l’État central sur l’ensemble du territoire national, aucune revendication relative à une autonomie ou fédéralisme de quelle que région que ce soit ne seront acceptées et tolérées : « hors de question de toucher à l’intégrité du territoire … Tout est négociable sauf l’intégrité du territoire… il n’y aura ni fédéralisme ni autonomie et encore moins de débats sur une quelconque indépendance d’un centimètre carré du pays », a dit le président IBK.

Création de la CMA en vue des négociations
Les responsables du MNLA, MAA et HCUA ont annoncé, lundi 4 novembre 2013, la fusion de leurs mouvements. Objectif : créer une organisation civile unique capable de défendre les intérêts de la Population de l’Azawad afin de peser de tout leur poids dans les futures négociations avec Bamako sur le statut du nord du Mali.

L’appel du 22 septembre du président IBK
Tirant « les leçons de la douloureuse crise malienne, qui a livré notre pays à la risée du monde quand nous passions, aux yeux de beaucoup, pour la vitrine de la démocratie et de la bonne gouvernance » dans sa première adresse solennelle à la Nation en tant que président du Mali à l’occasion du 53ème anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, le président IBK invite les Maliens à arrêter de « faire semblant : des soldats d’autres nationalités sont morts sur le sol malien, pour la défense de notre patrie, pour la dignité de nos femmes et pour l’épanouissement de nos enfants ».
Mais aussi, prévient que le combat pour le renouveau du Mali sera « difficile » et de « longue haleine ». Aussi, propose-t-il à ses compatriotes de le mener ensemble de manière méthodique, tangible et mesurable.

Les États généraux de la décentralisation
Dans la droite ligne du projet présidentiel et de l’annonce faite par le président IBK aux représentants des groupes armés, reçus une dizaine de jours après son investiture, conformément à l’Accord préliminaire de Ouaga, le gouvernement a organisé, au Centre international de conférence de Bamako (CICB du 21 au 23 octobre 2013, les États généraux de la décentralisation.
Ces États généraux visaient l’amélioration de la gouvernance par l’approfondissement du processus de décentralisation avec comme toile de fond, la volonté de conduire un développement équilibré du territoire national. En d’autres termes, il s’agit suivant l’esprit du projet présidentiel de pousser plus loin le processus : la décentralisation poussée.
Environ 600 personnes venues de toutes les régions et collectivités territoriales, des institutions de la République et des organisations sociales de notre pays prennent part à ces États généraux qui ont planché sur dix thèmes.

Les Assises nationales du Nord
Conformément à ses promesses électorales et ses engagements envers les Maliens, le président IBK décide de rassembler, le 1er novembre 2013, toutes les sensibilités et communautés maliennes, composantes communautaires du nord du pays, les forces politiques, les chefferies traditionnelles, les représentants de l’administration locale et centrale, des experts et des représentants de la société civile dans le cadre d’un vaste dialogue national : les Assises nationales sur Nord.
Les Assises nationales sur le nord ont planché sur 3 thèmes (« La réconciliation nationale, la cohésion sociale et le vivre ensemble » ; « L’approfondissement du processus de décentralisation » ; et « Le lancement du programme de développement accéléré des régions du Nord »)
À ces Assises nationales sur le nord ont pris part également les acteurs des organisations de femmes et de jeunes, de la société civile, des forces de défense et de sécurité, des groupes armés et Mouvements d’autodéfense, des représentants des réfugiés et des déplacés venus d’Algérie, du Burkina Faso, du Niger et de la Mauritanie ainsi que des partenaires au développement et organisations internationales, entre autres.

La feuille de route des négociations
Avec la tenue à Bamako des Assises nationales sur le nord, qui a vu la participation de toutes les communautés et des représentants de tous les groupes armés, la glace était brisée et que le processus du dialogue Inter Malien était sur les rails.
Farouche défenseur d’un Mali un et indivisible, le président IBK instruit au gouvernement qui est prêt pour le démarrage officiel des pourparlers de paix inclusifs d’élaborer une feuille de route pour ce faire.
Cette une feuille de route s’articule autour d’une série d’actions à mener en coordination avec les groupes armés et les autres parties prenantes à la crise, sur les questions suivantes :
• le cantonnement, le désarmement et la démobilisation ;
• les réformes institutionnelles que le Gouvernement entend mettre en œuvre dans le cadre de la régionalisation ;
• le Plan de développement accéléré des régions du Nord ;
• les modalités de l’insertion des anciens combattants dans les circuits économiques ;
• les arrangements sécuritaires… »

Forum des jeunes
Le président IBK préside ce jeudi 19 décembre 2013 l’ouverture d’un forum national des jeunes sur la réconciliation, la consolidation de la paix et la reconstruction.
Ce forum national des jeunes s’est tenu les 19 et 20 décembre au Centre international de conférences de Bamako (CICB), avec la participation de près de 300 participants, soit 20 délégués par région et de chacune des 6 communes du district de Bamako. Organisée par le ministère de la Jeunesse et des Sports et conçue suivant le projet présidentiel comme un forum d’échanges, de réflexion, d’analyses et de propositions, la rencontre devrait permettre de mieux impliquer les jeunes du pays dans le processus de réconciliation et de la reconstruction.

Les bases des négociations
Le président IBK entreprend à partir du samedi 18 janvier 2014, une visite officielle de deux jours en Algérie.
Cette visite, qui annonce le grand retour d’Alger dans le dossier de la crise malienne, sera couronnée par une rencontre de tête-à-tête avec le président Bouteflika, une première depuis plusieurs mois.

Tout comme à Strasbourg en décembre 2013 et à Addis-Abeba en janvier 2014, recevant le dimanche 2 février 2014, une délégation des 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU au grand complet à Koulouba, venue évaluer le processus de paix, le président IBK a réaffirmé la volonté et l’engagement de son pays en faveur du dialogue et du règlement pacifique de la crise.
À ses hôtes, le président IBK explique : « Jamais nous n’avons baissé les bras depuis notre installation. Nous avons pour souci la réconciliation nationale, la justice et la paix. Les contacts se poursuivent, de nuit comme de jour. Il nous revient à tous de tracer les voies de l’avenir. Nous avons un agenda ; il ne sera pas celui qui bloquera (…) Mon ambition, ma seule ambition, c’est d’être, pour le Peuple du Mali, un faiseur de paix, un rassembleur, un réconciliateur afin de sortir mon pays de la spirale des crises cycliques ».

Le cadre des négociations
Elles se dérouleront à Alger. Mais l’aboutissement de la négociation va se faire à Bamako. Le sort du Mali se règle à Bamako ».
C’est dans ce cadre que les pourparlers entre le gouvernement et les groupes armés ont repris le jeudi 13 mars 2014 à Bamako, le MNLA a boycotté.
En homme d’État prospectif, le président IBK saisi l’occasion solennelle du 26 Mars de son adresse à la Nation pour couper court aux spéculations et lancer la balle dans le camp de qui ceux qui tergiverse dans la voie du dialogue et de la réconciliation.
Pour réaffirmer sa volonté d’aller vite au dialogue en vue de parvenir à une solution définitive à la crise, le président IBK nomme le mercredi 23 avril 2014, l’ancien Premier ministre Modibo KEITA comme son Haut représentant pour le dialogue inclusif inter-malien.
Objectif : obtenir une paix durable conforme aux intérêts et aspirations du peuple malien avec comme principale tâche à conduire, sous l’autorité directe du président de la République, les pourparlers avec les groupes en rébellion.
À la suite à la visite de Mara, le président IBK convaincu qu’il n’y a pas d’alternative au dialogue entre frères, dépêche son Haut représentant pour le dialogue inclusif à Ouaga pour rencontrer les groupes armés triomphants. Objectif : tenter de ramener à la table des négociations les désormais vainqueurs arrogants de Kidal qui exigent désormais que les négociations se déroulent sur un terrain neutre sous l’égide d’un médiateur international.
Le Président IBK reçoit le mardi 3 juin 2014, pour la première fois, la classe politique et la société civile pour rendre compte de la situation sécuritaire et appelle au sursaut national autour de la Nation désormais fragilisée. Il saisira cette occasion pour réitérer le respect et l’application sans équivoque par le gouvernement de l’Accord de Ouagadougou qui a permis son élection ; expliquera sa volonté et son option pour le dialogue franc et sincère en vue de parvenir à une solution définitive au problème récurent du Nord, tout en fixant la ligne rouge à ne pas franchir : ni indépendance, ni autonomie.

Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger
C’est dans ce contexte et dans le cadre des efforts de la communauté internationale et des pays voisins du Mali visant la recherche d’une solution définitive au problème du septentrion que débutent, le 5 juin 2015, les « consultations exploratoires élargies d’Alger » avec les groupes armés… À partir du 16 juillet 2015, le dialogue inclusif inter-malien entre dans « sa phase opérationnelle » à Alger.
Il durera 8 mois pour aboutir à un accord dit « Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger »
Que dit l’accord
L’« Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger » propose un train de mesures en matière politique, sécuritaire et développementale visant à accroître la régionalisation tout en assurant la souveraineté, l’unité nationale et l’intégrité territoriale ainsi que la forme républicaine et laïque de l’État malien.
L’« Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, propose, outre une période de transition de 18 à 24 mois et la création d’un Comité de suivi de l’accord (CSA) :
a) le renforcement des pouvoirs des assemblées régionales et des administrations locales, la création d’une deuxième chambre du Parlement et l’instauration de quotas garantissant la représentation de la population du nord dans les institutions publiques, sous réserve d’une révision de la Constitution ;
b) le retour des Forces de défense et de sécurité maliennes dans le nord du pays, l’intégration des anciens combattants des groupes armés dans une nouvelle Force malienne dans le cadre d’un processus complet de désarmement, de démobilisation et de réintégration, et la création de forces de police locales dans le nord du pays ;
c) la création de zones de développement économique dans les trois régions du nord et la possibilité de coopération entre les régions ; et
d) une conférence nationale chargée de régler les questions en suspens, en particulier la mention de l’«Azawad».

CE QUI A ÉTÉ FAIT
Le gouvernement, dans le souci constant de transparence et d’information des populations, a toujours fait le point des progrès et avancées dans le cadre du processus de paix. Cet exercice a commencé depuis le vendredi 25 octobre 2013, date de la tenue de la réunion du Comité de suivi de l’Accord préliminaire de Ouagadougou.
Du 5 septembre 2013 à juillet 2017, l’État du Mali s’est efforcé de tenir tous ses engagements, même les plus impopulaires. Les progrès réalisés dans le cadre du processus de paix sont tangibles. On peut citer entre autres :

I-Dans le cadre des mesures de confiance prévues dans l’Accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix signé à Ouagadougou le 18 juin 2013
-Conformément à l’alinéa 3 de l’article 18 de l’Accord préliminaire, le gouvernement a procédé à la libération de plusieurs personnes détenues. Dès octobre, 32 personnes ont été libérées. Dans ce cadre, d’autres dossiers ont été traités, notamment, ceux des députés qui étaient sous le coup d’un mandat d’arrêt international afin de les permettre de prendre part aux négociations et de participer à la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation.
-le 29 octobre, le gouvernement a donc levé les mandats d’arrêt contre Ibrahim Ag Mohamed Assaleh (MNLA), Mohamed Ag Intalla, Ahmada Ag Bibi et Alghabass Ag Intalla (HCUA), conformément à l’article 17 de l’Accord préliminaire de Ouaga.
Que dit l’article 18 de l’Accord préliminaire ?
«Dans un souci d’apaisement et de confiance, le gouvernement du Mali prendra toutes les dispositions nécessaires pour suspendre les poursuites engagées par la justice malienne du fait du conflit armé contre les membres des groupes armés signataires du présent accord…
Les parties s’engagent à libérer les personnes détenues du fait du conflit armé dès l’entrée en vigueur du cessez-le-feu».
-En application de l’article 20 de l’Accord de Ouagadougou, le gouvernement a organisé, les 15 et 16 septembre 2013, des forums de sensibilisation dans les trois régions du Nord en se rendant successivement à Tombouctou, Kidal et Gao. D’autres missions conduites par les gouverneurs et les préfets ont effectué la même démarche dans le même objectif.
– Le 17 septembre 2013, le président de la République a rencontré les groupes armés (MNLA, HCUA, MAA et FPR). Lors de cette rencontre, le président de la République a fixé le cadre des futures négociations, tout en rappelant le principe suivant : « Tout peut être discuté sauf l’intégrité territoriale et l’unité nationale ».
-Le lendemain 18 septembre 2013, le gouvernement a participé à la réunion du Comité de suivi de l’Accord de Ouagadougou, à l’issue de laquelle il a officiellement remis à la MINUSMA et à la Croix rouge 12 personnes qui ont fait l’objet de mesures de libération.
-Le gouvernement a informé en octobre 2013, la MNUSMA et les autres partenaires extérieurs qu’il était disposé à contribuer au financement de l’opération de cantonnement dès qu’un accord interviendrait sur les critères de mise en œuvre.
– Le gouvernement a organisé les Assises nationales du Nord avant l’expiration des 60 jours prévus pour le démarrage des discussions avec les groupes armés, conformément aux engagements contenus dans l’Accord de Ouagadougou.
-Dans cette perspective, le gouvernement a convoqué les États généraux de la décentralisation (du 21 au 23 octobre 2013) au terme desquels un plan de développement accéléré des régions du nord a été adopté.
– Pour prendre en compte le court terme, un Programme d’urgence pour la relance des activités dans les régions du Nord a été finalisé dès le 26 septembre 2013. »

II-Dans le cadre du respect des engagements du Mali
-L’équipe du président IBK, qui veut rapidement reprendre en main le « Dossier Mali » géré jusqu’ici en partie au Burkina et en partie avec la Minusma, organise une réunion informelle dite de pré-concertation. Cette rencontre a regroupé du 15 au 17 septembre à Bamako des délégations du MNLA (Mouvement national pour la libération de l’Azawad), du HCUA (Haut conseil de l’unité de l’Azawad), du MAA (Mouvement arabe de l’Azawad), ainsi que des représentants de la CMFPR (Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance).
L’objectif était d’« amener les groupes armés du nord du Mali à se parler, à échanger et à se mettre d’accord sur la nécessité de s’entendre sur les aspirations essentielles des populations qu’ils représentent ».
-Sur instruction du président IBK, accompagné de ses homologues de l’Administration territoriale, le Général Moussa Sinko COULIBALY et de la Sécurité intérieure, Feu le Général Sada SAMAKE, le ministre de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du nord, le Dr Cheick Oumar DIARRAH se rend le lundi 16 septembre 2013 à Kidal.
Objectif : prise de contact avec les populations locales et leur apporter le message de paix du Président élu, mais aussi rencontrer les leaders traditionnels pour discuter de voies et moyens en vue de trouver une solution définitive à la crise.
-Conscient des attentes de son peuple, dans sa première adresse solennelle à la Nation en tant que président du Mali à l’occasion du 53ème anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, le président IBK invite les Maliens arrêter de « faire semblant : des soldats d’autres nationalités sont morts sur le sol malien, pour la défense de notre patrie, pour la dignité de nos femmes et pour l’épanouissement de nos enfants ». Mais aussi, prévient que le combat pour le renouveau du Mali sera « difficile » et de « longue haleine ». Aussi, propose-t-il à ses compatriotes de le mener ensemble de manière méthodique, tangible et mesurable.
-Dans la droite ligne du projet présidentiel et de l’annonce qu’il a faite par le président IBK aux représentants des groupes armés reçus une dizaine de jours après son investiture, conformément à l’Accord préliminaire de Ouaga, le gouvernement a organisé au Centre international de conférence de Bamako (CICB du 21 au 23 octobre 2013 les États généraux de la décentralisation.
Ces États généraux visaient l’amélioration de la gouvernance par l’approfondissement du processus de décentralisation avec comme toile de fond conduire un développement équilibré du territoire national. En d’autres termes, il s’agit suivant l’esprit du projet présidentiel de pousser plus loin le processus : la décentralisation poussée.
-Conformément à ses engagements envers les Maliens, le président IBK décide de rassembler le 1er novembre 2013 toutes les sensibilités et communautés maliennes, composantes communautaires du nord du pays, les forces politiques, les chefferies traditionnelles, les représentants de l’administration locale et centrale, des experts et des représentants de la société civile dans le cadre d’un vaste dialogue national : les Assises nationales du Nord.
Les Assises nationales sur le nord ont planché sur 3 thèmes (« La réconciliation nationale, la cohésion sociale et le vivre ensemble » ; « L’approfondissement du processus de décentralisation » ; et « Le lancement du programme de développement accéléré des régions du Nord »)
-Le gouvernement organise les 19 et 20 décembre au Centre international de conférences de Bamako (CICB) un forum national des jeunes sur la réconciliation, la consolidation de la paix et la reconstruction.
Cette rencontre devrait permettre de mieux impliquer les jeunes du pays dans le processus de réconciliation et de la reconstruction.
-En homme d’État prospectif, le président IBK saisi l’occasion solennelle du 26 Mars de son adresse à la Nation pour couper court aux spéculations et lancer dans la balle dans le camp qui ceux qui tergiverse dans la voie du dialogue et de la réconciliation.

-Pour réaffirmer sa volonté d’aller vite au dialogue en vue de parvenir à une solution définitive à la crise, le président IBK nomme le mercredi 23 avril 2014, l’ancien Premier ministre Modibo KEITA comme son Haut représentant pour le dialogue inclusif inter-malien.
Objectif : obtenir une paix durable conforme aux intérêts et aspirations du peuple malien avec comme principale tâche à conduire, sous l’autorité directe du président de la République, les pourparlers avec les groupes en rébellion.
-À la suite à la visite de Mara, le président IBK convaincu qu’il n’y a pas d’alternative au dialogue entre frères, dépêche son Haut représentant pour le dialogue inclusif à Ouaga pour rencontrer les groupes armés triomphants. Objectif : tenter de ramener à la table des négociations les désormais vainqueurs arrogants de Kidal qui exigent désormais que les négociations se déroulent sur un terrain neutre sous l’égide d’un médiateur international.

III-Dans le cadre de la poursuite du dialogue à travers le Comité de suivi de l’Accord (CSA)
-Quatre sous-comités thématiques, prévus par l’Accord et dont l’Algérie assure la présidence en partage avec quatre organisations internationales, à savoir, l’Union Africaine, l’Union européenne, la CEDEAO et la MINUSMA (au titre de l’ONU), ont été mis en place et contribuent de façon substantielle au suivi du processus de mise en œuvre de l’Accord.
Il s’agit de : Sous-comité chargé des questions politiques et institutionnelles ; Sous-comité chargé des questions de défense et de sécurité ; Sous-comité chargé des questions de développement économique social et culturel ; Sous-Comité Réconciliation, Justice et Questions Humanitaires.
-Le budget du Comité de suivi de l’Accord (CSA).
Le budget annuel du CSA s’élève à environ 1 400 000 euros, soit environ un milliard (997 000 000 FCFA).

IV-Dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles initiées dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord, il convient de noter :
-la mise en place en place et l’installation des Agences de Développement Régional (ADR) ;
-la nomination et l’installation des gouverneurs des deux régions nouvellement créées, Taoudénit et Ménaka ;
-l’adoption par l’Assemblée nationale malienne des projets de textes relatifs aux autorités intérimaires, conformément aux dispositions y afférentes de l’Accord ;
-la validation par la Cour constitutionnelle de la loi relative aux autorités intérimaires qui contribuera à faciliter la mise en place des autorités intérimaires et à favoriser l’avancement du processus de mise en œuvre de l’Accord ;
-l’amorce de la révision constitutionnelle visant à prendre en charge les dispositions de l’Accord relatives à la création de la deuxième chambre du parlement ;
-la signature de l’Entente sur la mise en place des autorités intérimaires, précisant les modalités pratiques :
-de la mise en place des autorités intérimaires,
-du redéploiement des services déconcentrés de l’État ainsi que l’installation des chefs de circonscriptions administratives et
-du mécanisme opérationnel de coordination dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudénit et Ménaka, le 19 juin 2016 ;
– l’installation des Autorités intérimaires à Kidal, depuis le 28 février 2017, ainsi que Gao et Ménaka, depuis le 2 mars.
– Le Jeudi 20 avril 2017, les Autorités intérimaires de Taoudéni et Tombouctou ont été installées.
-La nomination le 15 juin 2016 de Mahamadou DIAGOURAGA comme Haut représentant du chef de l’Etat pour le suivi de la mise en œuvre de l’Accord.
– Lors de sa 16e session, les 4 et 5 avril 2017, le Comité de suivi de l’Accord a salué la décision du Gouvernement d’allouer des fonds pour le fonctionnement des autorités intérimaires mises en place dans les régions de Kidal, Gao et Ménaka ainsi que l’installation de celles de Tombouctou et de Taoudéni prévue pour le 13 avril 2017 qui a eu lieu le 20 avril.
– Du matériel roulant d’une valeur de 1,4 milliard de FCFA a été remis le mardi 30 mai 2017 aux gouvernorats des Régions de Gao et de Ménaka. Il s’agit de 28 véhicules et de 338 motos remis dans le cadre du Programme d’urgence pour la relance des Régions du nord (PURD-RN). Le financement est assuré à 100 % par le budget national. Ces véhicules et motos serviront à renforcer les capacités opérationnelles de l’administration dans ces deux régions, dans le cadre de la réinstallation de l’État, conformément aux dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.
Au cours du mois de juin 2017, le PURD-RN a mis à disposition un total de 119 véhicules 4×4 et 993 motos aux Régions de Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka et Taoudéni.

V-Dans le cadre de la défense et de la réforme du secteur de sécurité:

*Le DDR
-la création du cadre institutionnel de la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) et la nomination d’un commissaire à la RSS :
-la création de la Commission Nationale Désarmement-Démobilisation-Réinsertion (CN-DDR) et de la Commission d’Intégration (CI) ;
-l’identification des 24 sites à viabiliser par la MINUSMA pour le cantonnement des combattants et début de réalisation de huit sites, dont Likrakar, Fafa et Inegar, ainsi que l’accord pour la construction de cinq autres sites ;
-la mise en place du Commissariat à la Réforme du Secteur de la Sécurité.
– Dans le cadre du DDR, le 3 avril 2017, la Commission nationale de Désarment, Démobilisation et Réinsertion (CNDDR) et la Commission d’intégration ont réalisé le tout premier exercice de simulation au Camp militaire du Génie de Bamako, sur instruction du ministre malien de la Défense et des anciens combattants.
– L’adoption d’un chronogramme cohérent et réaliste, par les signataires de l’Accord et mis en œuvre par les trois commissions (CNDDR, CI, Comité National de la Réforme du Secteur de la Sécurité (CNRSS)), va permettre le démarrage probable de la phase opérationnelle du DDR, à partir du 15 octobre 2017, pour une durée de trois mois.

*Lancement du MOC
-Le jeudi 23 février 2017, a été officiellement lancé le démarrage des patrouilles mixtes du premier bataillon du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) dans la Cité des Askia, en présence du Représentant du Gouverneur de la Région de Gao, du Coordinateur du MOC, du Chef du Bureau Régional de la Mission onusienne, du Commandant de la Force française Barkhane, du Commandant de la Région Militaire de la région de Gao, mais également de plusieurs journalistes tant nationaux qu’étrangers. La cérémonie s’est déroulée dans l’enceinte du site de regroupement du MOC.
-la réalisation de la première patrouille mixte (Forces armées Maliennes, Plateforme et CMA), formule susceptible d’évoluer, selon le vœu des parties elles-mêmes, vers des ‘‘ unités mixtes ‘‘.
*Il faut rendre hommage aux éléments du MOC tués lors des événements du 18 janvier 2017.
-Les prochaines étapes sont Kidal et Tombouctou pour le lancement du MOC (initialement prévues en juillet et reportées à cause des affrontements entre CMA et Plateforme).

*Le financement
– Pour le financement, le Gouvernement fournira un soutien logistique (Treillis, armes, carburant…). C’est déjà le cas pour le MOC de Gao qui est lancé.
– Avant le lancement du MOC, le Gouvernement, à travers le ministère de la Défense et des Anciens combattant, a mis à sa disposition 42 véhicules en vue d’assurer les patrouilles mixtes dans les régions du Nord du pays. D’une valeur de plus 2 milliards de F CFA, cet argent provient d’un fonds de 5 milliards de FCFA que le Gouvernement a engagés pour le fonctionnement du Mécanisme.
-La veille du lancement du MOC, le Gouvernement a payé le pécule de tous les éléments concernés, question de booster leur motivation.

VI-Dans le cadre du développement économique, social et culturel, il faut noter :
-la poursuite des actions de développement sur le terrain là où les conditions de sécurité le permettent, à travers des projets et programmes sectoriels ;
-l’organisation de la Conférence de Paris, le 22 octobre 2015, pour la mobilisation des fonds nécessaires à la mise en œuvre de l’Accord (des annonces de contribution ont été faites pour un montant de 3,2 milliards d’euros) ;
-la réalisation de la Mission d’Évaluation Conjointe (MIEC) sur le Nord du Mali, dont le rapport final a été communiqué aux parties maliennes ;
-l’élaboration de la Stratégie Spécifique de Développement des Régions du Nord du Mali (SSD/NM) dont la première mouture est déjà prête ; le gouvernement envisage d’organiser des missions de sa restitution sur le terrain ;
-la tenue, les 24 et 25 mars 2016, d’une concertation sur le financement des infrastructures pour le désenclavement des régions du Nord du Mali, 5 projets routiers et 5 projets aéroportuaires ayant été soumis.

VII- Sur le volet essentiel portant Justice-réconciliation nationale-questions humanitaires, il faut noter :
-la relance des services sociaux de base dans les régions du Nord du Mali a constitué l’une des priorités majeures de l’action du gouvernement du Mali, à travers, notamment, la réouverture des écoles dans certaines villes dont Kidal, le rétablissement de l’électricité à Kidal (acquisition et mise en service d’un générateur renforcé et distribution de kits solaires pour l’éclairage des centres de services sociaux) ;
-l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie et d’un plan d’action en faveur du retour des réfugiés et des personnes déplacées ;
-le démarrage effectif des travaux de la Commission Vérité-Justice et Réconciliation (CVJR) composée de 25 membres, au lieu des 15 prévus initialement, pour améliorer le caractère inclusif de cet organe et accroître la représentation des mouvements, cet organe particulièrement important ayant porté à sa vice-présidence une militante de tout premier plan d’un Mouvement politico-militaire du Nord du Mali,
-la tenue de la Conférence d’Entente Nationale, du 27 mars au 02 avril 2017, au Palais de la Culture, avec la participation des représentants : des parties signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation, de la Médiation internationale, des Institutions de la République, des organisations professionnelles, des syndicats, des médias et communicateurs traditionnels, des associations des jeunes, des femmes, de la classe politique, des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des autorités coutumières ; des anciens Premiers ministres et ministres, les Ambassadeurs et Chefs de Mission accrédités en République du Mali ; des élus nationaux et locaux, les Gouverneurs des Régions et du district de Bamako,, les autorités coutumières, les députés, les femmes, et les jeunes ;
– l’élaboration de la Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation nationale et remise au Chef de l’État, Ibrahim Boubarcar KEITA, par le Président de la Commission spéciale chargée de sa rédaction, Baba Akhib HAIDARA, le mardi 20 juin 2017.

La promotion de la paix, la réconciliation nationale et la cohésion sociale :

Les campagnes d’informations et de sensibilisation :
Les assises nationales sur le nord ont été organisées du 1er au 3 novembre 2013 dans le but de dégager des outils et stratégies permettant de ressouder le tissu social, de renforcer l’unité de la nation et de définir les bases de la refondation d’une nation plurielle réconciliée avec elle-même.
Les campagnes de sensibilisation, menées à cet effet ont essentiellement porté sur la cohésion sociale, le vivre ensemble et l’information sur le processus de négociation en cours à Alger, ses enjeux, ses défis et son importance pour les parties et la communauté internationale, dans la stabilisation du pays.

Les rencontres intra et inter communautaires :
Les rencontres de dialogues communautaires dont une cinquantaine ont été réalisées sur l’ensemble du territoire national. Ainsi, les rencontres organisées au niveau des régions du nord (Tombouctou, Gao, Kidal) ont porté essentiellement sur l’apaisement du climat social, la promotion du vivre ensemble et le renforcement de l’unité nationale. Celles organisées au niveau des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti ont porté très souvent sur des problèmes spécifiques, qui mettent en mal le vivre ensemble et la cohésion sociale.

La dissémination de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation :
Les ateliers de dissémination de l’accord, les caravanes pour la paix et la réconciliation “Azalai-Kayes-Kidal”, les caravanes culturelles, les forums de discussions sur le processus, ont tous été des occasions pour le département, les partenaires techniques et financiers et les promoteurs, de partager l’Accord, son contenu et les avancées en matière de mise en œuvre. Ces visent non seulement la promotion de la paix et de la cohésion sociale, mais aussi et surtout la restitution de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, paraphé le 1er mars 2015 à Alger, et signé les 15 mai et parachevé le 20 Juin 2015 à Bamako.

Mettre les bases d’une justice transitionnelle post-conflit (le droit à la justice, le droit à la vérité, le droit à la réparation et la garantie de la non récurrence)
Le document de politique nationale de justice transitionnelle a été adopté par le Gouvernement en novembre 2016 et est en cours de réalisation. Le programme d’urgence de renforcement du secteur de la justice validé par le Gouvernement en 2015 pour assurer l’assistance juridique et judiciaire est en cours de mise en œuvre.

Mettre en place un programme de retour et d’installation des réfugiés :
La signature des conventions tripartites de gestion des réfugiés avec l’UNHCR, le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie ;
– La tenue de la conférence d’entente nationale du 27 Mars au 2 Avril 2017.
– La mise en œuvre du programme d’urgence de renforcement des capacités de la justice, dans le but de rapprocher la justice des justiciables

Depuis deux ans, les armes se sont tues. Si on peut déplorer les récents affrontements entre la CMA et la Plateforme, force est de constater qu’il n’y a aucune belligérance entre le Gouvernement et les autres parties signataires.
Tous les acteurs s’inscrivent dans le processus de paix et œuvrent pour l’application de l’accord. En témoigne, le début du retour de l’État central au Nord, notamment à Kidal où, pour la première fois depuis 2014, le gouverneur de Kidal nommé par l’État a pu se rendre dans cette localité. Sur place, le représentant de l’État central a été accueilli avec tous les honneurs dus à son rang. Un séjour qui a également été mis à profit par Sidi Mohamed Ag Ichrach pour rencontrer les différentes sensibilités de la région.
« La mission n’était pas gagnée d’avance. Mais en raison de l’engagement des uns et des autres, j’ai rencontré toutes les personnes que je voulais rencontrer et il n’y a eu aucun incident ? Donc, j’estime que vraiment, ç’a été une mission qui a été très positive. Je suis parti dans le costume de représentant de l’État. Ce qui a été apprécié par tous et je crois que c’est un pas important pour la paix et la réconciliation », a indiqué le Gouverneur qui se dit très satisfait du bilan de son séjour. Ce d’autant plus que toutes composantes rencontrées à Kidal (Société civile, les branches politique et militaire de la CMA, les groupements des femmes et des jeunes ainsi que les Imams) tous ont tenu le même langage : celui du retour de l’Administration dans la localité. Une volonté sincère qui dénote de l’engagement de tous les acteurs pour un retour de la paix et de la réconciliation nationale sur fond, donc de l’instauration de la confiance entre les acteurs.

Dossier réalisé par la Rédaction

 

Source: info-matin

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