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Opérationnalisation des nouvelles régions au Mali : Le Cherif de Nioro averti le régime !

En démocratie, le plus important c’est de respecter les textes et lois tant qu’il s’agit de la République. Si les Européens qui nous ont imposé ce système politique en 1988, respectent leurs lois, en Afrique le respect des lois est à géométrie variable.

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La loi 017-2012 du 02 mars 2012 portant création des 19 régions plus le district de Bamako, est sur la voie de subir le même sort que la ratification de la Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance. En effet, dans cette loi, il est spécifié dans   l’article 4 que le délai de mise en place de ces nouvelles régions est de cinq ans, selon un programme bien planifié. Déjà à la faveur de l’Accord d’Alger, le Président I.B.K a parachevé la mise en place  des deux régions prévues dans la même loi à savoir Menaka et Taoudeni et cela sous la pression des rebelles Touaregs.

Depuis les autres régions attendent avec impatience l’opérationnalisation de leurs organes régionaux permettant ainsi à I.B.K de s’acquitter d’un devoir constitutionnel.

Afin d’accélérer la mise en place des structures et du personnel pour les huit autres régions y compris Gourma-Rharouss nouvellement créées, leurs responsables locaux et leaders ont mis en place une association dénommée ‘’Collectif des Régions non opérationnelles’’ (CRNOP) depuis novembre 2016. Ce collectif a déjà abattu un travail de fond en faisant des tournées de sensibilisation dans les localités concernées par cette opérationnalisation. Le collectif était la semaine dernière à Nioro du sahel pour faire comprendre le déni du régime actuel contre leur acquis depuis 2010 sous le mandat du Président ATT. A cette rencontre, il y avait les responsables du Conseil de Cercle, de la Mairie, les Chefs de quartier, et la société civile de la ville de Nioro.

La délégation a rendu une visite de courtoisie au Cherif de Nioro et lui a expliquée le but visé par le collectif c’est-à-dire l’opérationnalisation des huit autres régions. La réponse du Cherif a été claire. Pour lui il urge de mettre en place les dites régions d’autant qu’elles ont été créées par la même loi qui a créé les régions de Taoudéni et de Ménaka. Egalement il a rappelé que le cercle de Nioro a été créé en 1903 et il était l’un des plus grands cercles du Mali. Pour lui, il va de soi que l’Etat respecte les lois de la République et ses engagements.

Mais le hic dans cette affaire, c’est qu’IBK a peur que la France comme toujours ne soit pas d’accord avec l’opérationnalisation de ces nouvelles régions en prétextant qu’il veut saboter la mise en œuvre de l’accord d’Alger. Il est entrain de subir donc la pression des Autorités Françaises pour ce faire.

Si IBK était un stratège, il devrait mettre le peuple malien en première ligne dans le cadre de la résolution de la crise. Malheureusement, il a écarté le peuple, et lui seul face à la France et à la CMA, ne peut pas bouger d’un iota.

IBK ne peut pas répliquer que le retard constaté dans la nomination des gouverneurs des nouvelles régions est une question de fonds, dans la mesure où en dix ans plus de 500 milliards F CFA ont été détournés. Les responsables de ces détournements sont bien connus. Il s’agit de faire actionner la machine judiciaire pour récupérer une partie de ces sous. Ce montant suffira largement pour opérationnaliser les nouvelles régions. Egalement une diminution substantielle des budgets des institutions telles que la présidence, l’Assemblée Nationale pourra être mise à contribution. Si IBK était un fin politique, pour une question d’équilibre et de stratégie dans l’aménagement du territoire il devrait être le premier à vouloir de ces nouvelles créations. Depuis son arrivée à la tête de l’Etat, malheureusement, il n’agit que sous la pression. Les dirigeants de la CMA ont bien compris ce point faible d’IBK. Ils en profiteront toujours. Les différents syndicats de la justice, de la santé et ceux des différents ordres de l’enseignement au Mali viennent de comprendre cela en mettant de fortes pressions sur le régime par des grèves illimitées afin d’améliorer leurs conditions sociales.

Le CRNOP n’a pas la capacité de pression nécessaire pour ce faire, mais il doit sensibiliser les populations concernées en leurs demandant de faire voter désormais les cartes NINA dans l’intérêt des nouvelles régions. Tout candidat qui leur donnera des garantis sûres doit avoir leur soutien. C’est la seule manière pour les populations de ces nouvelles régions de se faire entendre. Mais d’ici là, le collectif peut voir du côté de l’actuel Premier Ministre qui a l’air pragmatique plus que l’ancien Premier Ministre en la personne de Modibo KEITA. Ce dernier parle un français limpide, mais non fécond pour résoudre un problème.

A la veille des élections de 2018, c’est le même dirigeant qui viendra avec des promesses pompeuses, creuses et vides pour offrir ciel et terre aux populations. Comme le disait le Professeur Joseph KI ZERBO : ‘’Si nous nous couchons, nous sommes morts’’. Ce fut le cas de l’Accord d’Alger. Il en sera de même pour l’opérationnalisation des nouvelles régions, si nous ne prenons pas garde. Ces hauts responsables maliens n’hésiteront pas à mentir au peuple pour  sauver leur peau.

Le CRNOP peut aussi compter sur le Ministre de l’administration territoriale qui en son temps à fait ratifier la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance adoptée à Addis-Abeba le 30 janvier 2007.

En effet depuis l’année 2008, l’Assemblée Nationale du Mali n’a cessé d’attirer l’attention des différents Ministres des Affaires Etrangères y compris  Soumeylou Boubèye Maïga qui a été l’un des premiers acteurs du mouvement démocratique sur la question de ratification de la dite charte mais en vain. Tous lesresponsables ont tourné le dos à la dite charte.

La commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale s’est impliquée pour la ratification de la dite charte, sans succès. Le 22 mars 2012, la non ratification de la charte a rattrapé le Mali, parce que le Président Amadou Toumani Touré avait un agenda caché car sa position était floue. Il disait d’un côté tout haut qu’il ne fera pas une minute de plus le 8 juin 2012 et de l’autre côté, il disait tout bas que c’était au peuple de décider.

Ce double langage a fini de désorienter plus d’un responsable politique. C’est donc pendant la transition  que le Ministre Tièman Hubert Coulibaly alors  aux Affaires Etrangères qui  a procédé à la ratification en tirant le dossier des tiroirs du Ministères des Affaires Etrangères.

Il faut lui reconnaitre cela, même s’il a déçu  en tant que  Ministre de la défense en août dernier en mentant au président IBK et au peuple malien. Pour nous avoir fait rentrer dans la transparence de la gouvernance démocratique en ratifiant cette importante loi de l’Union Africaine, rendons à lui cette gloire !

Le CRNOP, doit le rapprocher immédiatement, ainsi que  le Premier Ministre qui a le sens du pragmatisme depuis qu’il est à la primature.

Seydou DIARRA

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