Nord Mali : Quand l’Algérie nourrit ses bourreaux

New York : Le quotidien américain à large diffusion, New York Times, est revenu sur les troubles relations qu’entretient le pouvoir algérien, avec des factions islamistes au nord Mali, notamment le groupe Ansare Dine, allié d’AQMI.iyad ag ghaly 1

Iyad Ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine,

Dans un article publié courant février, de ses auteurs Adam Nossiter et Neil MacFarquhar, le New York Times a mis en lumière, la politique opaque du pouvoir algérien, au Nord Mali, laquelle politique a eu pour conséquence, dit le journal, l’attaque du site gazier d’In Amenas, et qui explique également, la réaction de, violence du désespéré, qu’a eu le pouvoir, durant sa gestion de cette crise.

L’Algérie s’est tirée une balle dans le pied, en croyant maintenir loin d’elle, le danger terroriste, en négociant avec lui, ont considéré les auteurs de l’article.

LE POUVOIR ALGÉRIEN A PEUR DU MNLA

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Moussa Ag Assarid, porte-parole du MNLA

Malgré ses propagandes, racontant que l’Algérie ne négocie jamais avec les islamistes, le régime en instrumentalisera plus d’un, au Nord Mali.

Pour cause une hantise : Le pouvoir algérien a peur du MNLA.

Il s’est fait ennemi du mouvement séparatiste touareg, craignant que la contagion séparatiste ne l’atteigne dans son sud et son ouest, il lui fallait alors, un pivot dans la région, une marionnette qui puisse avorter, l’entreprise indépendantiste touareg.

Pour cela, le pouvoir algérien trouve, sa perle rare, Iyad Ag Ghali, un aristocrate touareg charismatique, qui pendant des années, avait été agent de liaison pour les gouvernements européens, cherchant à payer des rançons, aux groupes terroristes algériens, pour libérer leurs otages.

Pragmatique, louvoyant et n’est islamiste que quand il le veut, Ag Ghali avait même été commis de l’Etat malien en servant, consul général du Mali à Djeddah, en Arabie Saoudite, de 2007 à 2009.

IYAD AG GHALI : L’HOMME PROVIDENCE

L’homme est décrit comme opportuniste et fort ambitieux, les algériens trouveront en lui leur meilleur agent, capable de faire taire les indépendantistes touaregs, tous laïques, donc passables à l’occident, et menaçant de répéter le modèle kurde au sahel et dans le sud algérien.

Après la déclaration par le MNLA, de l’Azawad libre, les services algériens font naître aussitôt le groupe Ansare Dine.

Le régime lui facilitait ses ravitaillements en Algérie, carburant, véhicules et pièces détachées, étaient à disposition, les hommes d’Ansare Dine entraient sans difficulté en Algérie.

Fait  révélateur, cette dernière n’était point dérangée de l’étroite liaison qui se créa entre les Ansare Dine et ceux qui étaient supposés être les ennemis jurés de l’Algérie, à savoir le groupe terroriste algérien AQMI.

Les Ansare Dine, alliés du pouvoir algérien, se partageaient alors le nord Mali avec AQMI et le MUJAO, au même moment où un représentant d’Iyad Ag Ghali, était en luxueuse résidence à Alger, en permanant contact avec le pouvoir et ses services, souligne le New York Times.

Les officiels du régime ne tarissaient pas d’éloges à l’égard du seigneur de la guerre touareg : «Ag Ghali est un homme de parole, un homme de confiance», déclarait au New York Times, un ancien haut diplomate algérien, alors qu’un haut gradé de l’ANP disait de lui, qu’il est «calme, poli, et sait ce qu’il veut».

Sauf que la lune de miel se rompit, à cause de François Hollande. 

Il s’est rendu en visite d’Etat à Alger, une visite dont le pouvoir avait tant besoin pour se légitimer auprès du peuple algérien et se faire du crédit à l’international, ses raison de politique interne, Hollande en profitera, en faisant chanter le président Bouteflika.

En effet, ce dernier en quête d’un quatrième mandat présidentiel, avait besoin pour, de la bénédiction française, en échange, il autorisera la France, à utiliser le ciel algérien, en cas d’éclatement d’opérations armées au nord Mali.

L’autorisation du pouvoir algérien à la France eut amers échos, auprès du peuple algérien, relève le New York Times, cela eut le même effet sur les islamistes algériens sévissant au nord Mali et au Sahel.

Du coup, la position de l’homme du pouvoir algérien, Iyad Ag Ghali, devenait intenable, face à ses alliés islamistes AQMI et MUJAO, il prit alors une autre orientation pour sauver son groupe.

Ag Ghali et ses alliés islamistes, attaqueront en janvier la ville de Kona et marcheront vers Bamako, précipitant ainsi par leur acte, l’intervention militaire française au nord Mali.

Iyad Ag Ghali, souligne le New York Times, a commis par son offensive vers le sud malien, l’acte qui justifiera à la France son attaque à travers le ciel algérien, et aux groupes terroristes, notamment les signataires par le sang, leur sanglante prise d’otages d’In Amenas, qui fit voler en éclat, la fausse impression de puissance régionale, que le pouvoir algérien, a chèrement crée et payé, à coups de contrats d’armement.

L’Algérie, conclut le New York Times, a été mordue par ses obligés, qu’elle a nourrit, soutenu et armé, au nord Mali.

De longtemps, les États-Unis et les autorités françaises flattaient l’Algérie, sur son supposé savoir faire en lutte contre le terrorisme et sa prétendue puissance militaires, mais le fiasco d’In Amenas, provoqué indirectement par Iyad Ag Gahli, l’homme du pouvoir algérien, a sonné le glas, d’une légende appelée, Algérie, puissance régionale.