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Nord du Mali: une intervention étrangère embraserait la région, selon Ansar Dine

 

Une intervention militaire étrangère dans le nord du Mali embraserait l’Afrique de l’Ouest, a affirmé mercredi à Ouagadougou un représentant d’Ansar Dine, l’un des groupes islamistes armés occupant la région, mettant en garde contre une guerre « contre le peuple touareg ».

« Une intervention étrangère, ce n’est pas seulement le Mali qui va en pâtir, c’est toute la sous-région qui va s’embraser. Tout le monde doit s’y mettre pour qu’il y ait la paix », a dit à l’AFP Mohamed Ag Aharid, porte-parole de la délégation de ce groupe présente au Burkina Faso.

Mouvement surtout composé de Touareg maliens comme son chef Iyad Ag Ghaly, Ansar Dine a appelé mardi les autorités maliennes et les autres groupes armés du nord du Mali au « dialogue politique » pour résoudre la crise. Ansar Dine a lancé cet appel après une rencontre avec le président burkinabè et médiateur Blaise Compaoré, au moment où se prépare une intervention pour chasser les islamistes armés de la région.

« Nous condamnons le règlement du problème par la force », « mais si on est obligés d’aller à la guerre, on fera la guerre, (…) on se battra jusqu’au dernier sacrifice », a assuré M. Ag Aharid.

Selon lui, en cas de recours à la force, « l’histoire retiendra que c’est une coalition internationale contre le peuple touareg ».

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) « est partout. Sa force c’est la mobilité, on ne peut pas dire qu’on va s’attaquer à lui dans telle ou telle zone, il est dans tout le territoire malien, voire saharien », a-t-il encore fait valoir.

Ansar Dine et les jihadistes d’Aqmi et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) occupent le nord du Mali depuis sept mois.

Ansar Dine a toutefois affiché une prise de distance envers ses alliés jihadistes en proclamant mardi son rejet du « terrorisme », mais sans évoquer nommément ces groupes ni préciser les conséquences de cette position de principe.

Si l’évolution du groupe d’Iyad Ag Ghaly se confirmait, cela le mettrait a priori à l’abri d’une intervention armée africaine, qui ne devrait cibler que les « terroristes » islamistes.

Les trois groupes islamistes imposent actuellement dans le Nord malien la charia (loi islamique) de manière très rigoriste (destructions de mausolées, lapidations de couples non mariés, amputations de présumés voleurs…) et y commettent de nombreuses exactions.

Mohamed Ag Aharid a renvoyé la question de la charia, qu’il a qualifiée de « détail », à de futures discussions intermaliennes.

« Nous n’avons pas évoqué (dans la déclaration publiée mardi, ndlr) le problème de la charia parce que ce sont des détails qui ne doivent pas nous bloquer », a-t-il déclaré.

« Ce n’est pas ici qu’il faut évoquer la charia, c’est peut-être plus tard quand on aura trouvé des compromis pour nous permettre de travailler ensemble, de ramener la paix dans le pays », a-t-il expliqué.

Ansar Dine, qui n’a pas de revendication indépendantiste, a jusqu’à présent réclamé l’application de la charia dans tout le Mali, une option formellement exclue par les autorités maliennes de transition.

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