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Modibo Sidibé sur les réformes en cours : «Le gâchis et la désillusion, voire l’impasse, peuvent-ils être encore évités à notre peuple à quelques encablures de la fin du mandat ?»

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Depuis décembre 2015, date de leur première convention nationale, les FARE ont attiré l’attention des autorités sur l’organisation des réformes. Chaque sortie, dans leurs interventions, les responsables reviennent sur le manque de cap. Aujourd’hui, le contexte est difficile, et s’est même dégradé. Laissant peu de chances à la conduite des réformes majeures. De 2014 à 2016, les alertes des FARE n’ont pas eu d’échos favorables auprès du gouvernement encore moins du président IBK. Et pourtant, même lors de la convention nationale des FARE, 2ème session du samedi, 17 décembre 2016 – maison des aînés à Bamako, dans son discours le Président des FARE Modibo SIDIBE avait émis encore des inquiétudes. Nous vous proposons un extrait de ce discours.
«Nous indiquions en décembre 2015, que l’année 2016 qui nous porte au-delà de la mi-mandat est cruciale pour notre pays et que nous l’entamions sans cap, sans clarification sur la refondation et les réformes à entreprendre. Nous ne pensions pas si bien dire ! Tant l’année 2016 qui était stratégique pour redonner du sens à l’action gouvernementale, dévoiler les réformes majeures à conduire, a été dilapidée par des actions erratiques, sans aucune vision ni volonté réformatrice».
«Soyons net, sans projet, ni lisibilité de l’action politique, encore moins un agenda politique clair et réalisable autour de l’accord et de ses délais, du dialogue national, de la révision de la constitution, des élections régionales et de cercle… c’est le chemin vers l’inconnue, que Dieu nous en garde !
Le gâchis et la désillusion, voire l’impasse, peuvent-ils être encore évités à notre peuple à quelques encablures de la fin du mandat ?
Pour cela, la puissance publique doit gagner en crédibilité, dessiner le cap et retrouver l’autorité morale et la force politique nécessaires.
Le peut-elle encore, quand elle n’a pas une lecture intelligente de la démocratie représentative, pour accéder au sentiment de ce prix Nobel qui «soutient que l’essentiel de la démocratie réside non pas dans le vote, mais dans le débat public pour l’action commune».
Les FARE, ont compris dès le départ, la nécessité face à la grave crise vécue, d’une refondation par le dialogue national. Inventer un nouveau fonctionnement institutionnel, une nouvelle alliance entre les citoyens et leurs gouvernants est une exigence de la reconstruction du Mali.
Pour l’histoire, la majorité gouvernante aura-t-elle la lucidité de poser les jalons d’une telle démarche refondatrice ? D’engager ce débat public pour un projet commun pour le Mali et dont les Maliens ont tant besoin ?
Pour notre part, ce qui serait grave, c’est qu’il n’y ait pas d’alternative, que les Maliens n’aient pas à se projeter, à dessiner un avenir et à y croire. Notre rôle, à leur écoute, c’est de construire une alternative politique crédible qui leur redonne espoir et la volonté de s’engager».
Modibo SIDIBE
Ancien

 

Source:  Le Reporter

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