Modibo Sidibé président du PRDDM : « La situation que traverse le Mali a été orchestrée par l’ancien président Alpha Oumar Konaré »

Il est le président d’un des plus vieux partis politiques sur l’échiquier politique national. Le Parti Révolutionnaire pour le Développement Démocratique du Mali. Face à la situation de crise que traverse son pays, il a décidé de parler et de situer les responsabilités des uns et des autres.

L’Enquêteur : Modibo Sidibé bonjour, vous êtes le président d’un parti politique le PRDDM, dites- nous un mot sur votre parti et son président que vous êtes ?

Modibo Sidibé : je suis né le 07 février 1964 à Bamako, marié père de 5 enfants. Je fais partie des tous premiers jeunes à rejoindre le CNID Association. Je suis le président de l’un des plus vieux partis créé en 1992 après l’arrestation du général Moussa Traoré. Ancien rapporteur général du CNID et ADEMA Association durant la période de lutte pour le renversement du régime de Moussa Traoré. Mon parti s’appelle le Parti Révolutionnaire pour le Développement Démocratique du Mali. Le PRDDM est implanté partout au Mali.

L’Enquêteur : Et en termes d’élus ?

Modibo Sidibé : nous sommes fortement implantés à Bamako et dans les autres régions. Le parti actuellement traverse des difficultés financières qui font que nous participons aux échéances électorales en liste commune avec d’autres formations.

L’Enquêteur : Vous êtes l’un des plus vieux partis sur l’échiquier politique national. De ce fait pouvez-vous nous faire une analyse de la situation que traverse le Mali ?

Modibo Sidibé : La situation que traverse le Mali a été orchestrée par l’ancien président Alpha Oumar Konaré.

L’Enquêteur : C’est-à-dire ?

Modibo Sidibé : Parce que depuis qu’il était au pouvoir, il ne s’est jamais ouvert aux acteurs de mars 91. Il a mené une politique d’exclusion des vrais acteurs dans un souci de s’éterniser à la présidence. Il voulait faire un troisième mandat et comme le peuple a été vigilant, il a donné le pouvoir à Amadou Toumani Touré ATT. Dans l’espoir qu’il échoue afin d’être sollicité à nouveau par le peuple comme ça été le cas du général  De Gaulle en France.

L’Enquêteur : Donc vous pensez que c’est une situation qui a été planifiée par Alpha Oumar Konaré ?

Modibo Sidibé : Oui par Alpha Oumar Konaré. Parce que ATT est un ‘’ maillon faible’’ au sein des forces armées du Mali. C’est pour cela qu’il l’a choisi. Donc moi j’accuse Alpha d’avoir hourdi un complot contre le Mali qui a abouti au chaos que nous connaissons.

L’Enquêteur : C’est trop fort ce que vous dites. ATT général de son état, a eu les mérites d’officier qui lui ont été reconnus en dehors des frontières du Mali.

Modibo Sidibé : J’insiste. Parce que quand on analyse les gestes politiques que posait l’homme, président de la république, on est écœuré. On ne dirait pas un militaire de métier. L’excès de toute chose est nuisible. Trop de négociations et dans tous les sens, cela donne à réfléchir. Je soutiens qu’un militaire ne fait pas des négociations un slogan. Un militaire, un général, ne cherche pas beaucoup de négociations.

L’Enquêteur : Le Mali traverse la plus grande crise de son histoire moderne. Quelle est la réaction du parti révolutionnaire pour le développement démocratique ?

Modibo Sidibé : Le parti condamne. Mais comme je viens de vous le dire, Iyad Ag Agaly, est un homme préparé par Alpha Oumar Konaré. Et c’est Iyad qui est allé chercher des mercenaires pour venir déstabiliser notre pays. Même le coup d’Etat du 22 mars 2012, seul Alpha est comptable. Parce qu’il a saboté le système éducatif malien, alors qu’il est enseignant lui-même et fils d’enseignant, même sa femme est enseignante. Aujourd’hui les niveaux sont bas, la connaissance, la culture, l’éducation, la famille, ont été toutes détériorées par la politique de Alpha.

L’Enquêteur : Ceci dit comment trouver des solutions définitives et durables à la crise?

Modibo Sidibé : La solution de crise, passe par le pardon des dirigeants de tous les régimes précédents. Ensuite tirer profit des informations dont ils didposent. Mieux, il faut les mettre à la tâche au nom du Mali. Les écarter serait un recul, vue la situation qui exige une mutualisation de toutes les intelligences. Il faudrait que tous ceux qui ont servi à des postes de responsabilité du temps de Moussa, de Alpha et de ATT, viennent apporter leur savoir-faire à la reconquête du nord du pays. Que personne ne choisisse de s’exclure ou qu’on choisisse d’exclure qui que ce soit. Que Alpha, ATT se mettent au service du Mali qui saigne.

L’Enquêteur : Donc vous appelez toutes les intelligences qui ont servi sous ATT et Alpha à collaborer avec la nouvelle administration ?

Modibo Sidibé : Exactement, c’est ce que je veux. Parce qu’ils en savent des choses.

L’Enquêteur : les concertations nationales sont prévues pour les11, 12 et 13 décembre 2012. Quelle est votre réaction la dessus ?

Modibo Sidibé : Je ne vois pas l’importance de la tenue des concertations nationales. Le plus important aujourd’hui c’est la sauvegarde de l’intégrité territoriale du Mali. Il faut chasser d’abord les bandits armés. C’est seulement après qu’on aura fini, organisé des élections et choisi un président démocratiquement élu, alors il sera approprié de parler de concertations.

L’Enquêteur : Pourquoi pensez-vous qu’il faille adopter cette démarche ?

Modibo Sidibé : Pour éviter de tomber dans les mêmes erreurs qu’en 1960. En cette date, le Mali a eu son indépendance territoriale et le régime de Modibo Keïta a commis une grave erreur en allant déclarer aux tribunes de l’ONU que l’ethnie minoritaire au Mali, ce sont les tamasheks alors que, c’est archi faux, ce sont les Bobo. Ils ont tronqué la sociologie malienne. C’est le nom des Bobo qu’il fallait donner. La conférence nationale de 1992 a été les mêmes causes pour les mêmes effets. Aussi voudrais-je demander au peuple de faire beaucoup attention, car un troisième échec sera nocif à l’unité du pays.

L’Enquêteur : Pourquoi êtes vous si pessimiste ?

Modibo Sidibé : Parce que, quand il y a des problèmes aussi graves que ce que nous traversons aujourd’hui, il faut donner du temps au temps. Eviter toute précipitation.

L’Enquêteur : Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon a déclaré souhaiter favoriser la négociation et le dialogue avant toute intervention armée au Nord du Mali, afin d’aider le gouvernement malien à réunifier le pays coupé en deux. Votre réaction ?

Modibo Sidibé : Je suis pleinement d’accord avec le secrétaire général de l’ONU. Sa réaction ne m’étonne pas. Elle s’inscrit dans la logique de ce qu’on a dit et écrit à l’Onu, que les tamasheks sont les minorités ethniques. Parce qu’au plan international les minorités ethniques ou raciales sont protégées.

L’Enquêteur : Donc vous n’êtes pas en colère contre Ban Ki MOON ?

Modibo Sidibé : Non ! Car il est dans son rôle de protection des minorités. Nous ne devons nous en prendre qu’à nos premiers dirigeants.

L’Enquêteur : Le ministre des affaires étrangères était au Burkina Faso pour des négociations avec le MNLA et Amçar Dine. Comment avez-vous accueilli l’initiative du gouvernement ?

Modibo Sidibé : Monsieur Coulibaly est dans son rôle de responsable de la diplomatie malienne. Par contre je récuse la sortie du premier ministre Cheick Modibo Diarra à Ouagadougou. Faire une déclaration de dialogue avec les indépendantistes et les islamistes chez Blaise Compaoré, quelqu’un qui n’a jamais aimé le Mali, quelqu’un qui n’a jamais aimé l’Afrique m’a choqué. Blaise a détruit le Liberia, la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire et veut détruire aussi le Mali. Blaise a divisé le Soudan en deux. Mais il faut qu’il sache qu’en 1948 tout près  le Burkina était la 4e région du Mali.

L’Enquêteur : Comment voyez-vous l’avenir immédiat du Mali avec tout ce qui se passe ?

Modibo Sidibé : Dans peu de temps on va récupérer notre terre avec ou sans l’accord des nations unies. Le Mali est un grand pays avec une armée et une population motivées, courageuses et déterminées à sauver  leur honneur. Nous allons récupérer nos terres des mains de ces bandits armés.

L’Enquêteur : C’est ambitieux. Mais comment ? Quand on sait que la communauté internationale pourrait décréter un embargo sur les armes pour tuer l’élan du pays en cas d’offensive militaire sans l’aval de l’ONU.

Modibo Sidibé : Avec le soutien du président français François Hollande, qui est un socialiste et français autochtone. Je suis sûr que l’ONU ne se permettra pas une telle forfaiture.

L’Enquêteur : Votre mot de la fin ?

Modibo Sidibé : Moi, je remercie mon armée. Quant un malien sabote son armée, cette personne ne croit pas à sa citoyenneté. Moi je suis un vrai citoyen. J’ai une confiance à mon armée et à sa capacité de réaction.

 

Ange De VILLIER