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Modibo Kéita 1964 : la rébellion, le socialisme

Le 21 Août 1964, à l’issue de son triomphal séjour en République Algérienne Démocratique et Populaire, et peu avant la signature du communiqué Algéro-Malien, le Président Modibo Keita a donné dans le grand salon du Peuple à Alger, une importante conférence de presse à laquelle ont pris part les représentants de la presse algérienne et internationale.
Plusieurs questions se rapportant à la politique de l’US RDA et de son Gouvernement, tant sur le plan national, Africain qu’International, ont été posées au Chef de l’Etat Malien.
Le Président Modibo Kéita avec sa verve habituelle, a longuement développé et expliqué les aspects, tous les aspects de la politique malienne d’alors.
Le texte intégral très instructif est encore de nos jours sur :
– le mouvement de rébellion au Nord Mali
– l’option socialiste du 22 septembre 1960
– les rapports avec la Mauritanie
– le problème Congolais
– les rapports avec la France Gaulliste.

«Je répondrai tout d’abord à la première question ayant trait a la situation du Mali au sujet de mouvement de rébellion dans l’extrême Nord de notre pays, ou plus singulièrement dans le cercle de Kidal.
«Vous savez que de tout temps cette région a été le théâtre d’opérations militaires des troupes françaises, en raison des difficultés que la France avait rencontrées — alors que la République du Mali était le Soudan Français – pour intégrer ses populations accrochées a leurs montagnes dans le cycle normal de la vie du territoire. Et les derniers événements entre ces rebelles et les troupes françaises datent de 1958. C’est vous dire donc que pendant les 78 ans de domination coloniale, cette région n’a jamais été totalement pacifiée.

«Le deuxième élément, c’est que pendant longtemps, ce secteur a été sous une administration militaire, et que certains officiers français, devant la poussée du nationalisme en Afrique et la perspective du rêve de constituer un Etat Saharien autonome comprenant le Sud Algérien et le nord des pays situés au sud de l’Algérie, avaient tente de créer un sentiment anti-Noir dans cette région. En effet on faisait croire à ces Touareg qu’ils étaient des ”Blancs » et qu’il était impensable qu’ils puissent accepter une domination noire.
«Le troisième facteur qui a surgi après notre indépendance, c’est qu’en raison de notre option, nous avons tenu à éliminer tous les vestiges de la féodalité dont l’aspect le plus inacceptable comme système était une forme déguisée de l’esclavage et de l’exploitation des populations par les féodaux.
«Enfin le quatrième point, c’est que ces populations nomades, précisément celles de I’Adar des Iforas, vivaient en marge de la Société Malienne et n’étaient pas accessibles a notre option d’une Nation Malienne s’étendant du Sud Algérien aux limites avec la Haute-Volta, la Côte d’Ivoire et la Guinée au Sud.
«D’autre part, l’exercice et I’édification économique d’un jeune pays devenu indépendant imposent à chaque citoyen des charges qui sont en proportion avec ses moyens. Or, les nomades de cette région avaient été habitues a vivre en dehors de toute réglementation ; c’est vous dire en d’autres termes qu’ils ne payaient pas d’impôts. Donc, lorsque la République du Mali a été proclamée et que notre Parti l’Union Soudanaise- R.D,A, au cours de son Congres du 22 Septembre 1960 a opté pour l’édification socialiste de notre économie, nous avons en priorité mis un terme au système du servage, liquidé la féodalité dons les régions du Sud où les populations sont concentrées, et soumises à un contrôle du Conseil de Fraction et de Tribu les Chefs de Fraction et de la Tribu. Les membres des conseils de la Fraction et ce la Tribu, étant élus par l’ensemble de la population de la Fraction ou de la Tribu, le Chef de la Fraction ou de la Tribu ne peut rien décider sans qu’a préalable il y ait l’accord d’une majorité du Conseil de la Fraction ou du Conseil de la Tribu.
«Par ailleurs, nous avons estimé qu’il était tout a fait normal de connaître les biens que possèdent chaque Malien, qu’il soit commerçant, fonctionnaire ou éleveur, d’où un recensement rigoureux du cheptel concernant les milieux nomades. Nous avons également exige que chaque citoyen, contribue à l’édification Économique du pays selon ses ressources; et partant pour les populations de I’Adar des Iforas qui avaient vécu en marge de toute société, une telle discipline leur était difficilement supportable. En outre, comme a I’extérieur il y a des éléments français qui vivaient eux aussi en marge de la Société Française parce qu’ils ne sont pas d’accord avec l’indépendance algérienne comme ils ne sont pas d’accord avec la politique du Général de Gaulle, éléments qui, par conséquent, sont restes fixes sur leurs anciennes positions. Pour eux, il fallait désormais et nécessairement créer dons les parties du Nord de notre pays et du Sud de l’Algérie, et plus tard des autres Etats riverains du Sahara une instabilité permanente, en suscitant des mouvements de rébellion, et parfois même en apportant a ces mouvements un appui en équipements et matériels militaires. C’est ainsi donc dis-je que vers la fin de l’année 1963 a été déclenché un mouvement de rébellion dont le principal instigateur était le fils de celui qui, en 1958, déclenché la même sorte de mouvement de rébellion contre l’administration coloniale française. Ayant pu rassembler autour de lui des repris de justice qui étaient poursuivis pour meurtres, brigandages etc, etc, Ils se sont réfugiés dons les montagnes de I’Adar des Iforas.
D’autre part, pour avoir un certain appui logistique tant ou point de vue population qu’au point de vue approvisionnement, par la menace et par la terreur, ils ont rançonné certaines populations et obligé certaines fractions à les suivre dans leur repli en Algérie devant la poussée de nos forces de sécurité. Fort heureusement, grâce à la compréhension du Peuple et du Gouvernement algériens, ces rebelles, traqués par nos forces de sécurité qui les poursuivaient jusque dans les grottes, n’ont pas pu trouver sur le territoire Algérien l’appui et la complicité sur lesquels ils comptaient pour maintenir le foyer de leur rébellion. Cela n’a pas été possible grâce à la bonne compréhension Peuple algérien dont le Gouvernement a été informé par moi-même par diverses missions de ce que nous attendions de lui.
« Nous pouvons donc dire maintenant, puisque le dernier chef rebelle a été abattu en juillet dernier, que pratiquement le mouvement a été liquidé, et les autres comparses se sont rendus soit aux unités de sécurité algériennes, soit aux unités de sécurité maliennes.
« Nous devons dire également que notre action a été appuyée par les populations qui ont refusé de céder au chantage de ces rebelles. Certains jeunes et certains vieux de ces populations ont même aide nos unités de sécurité à poursuivre les rebelles et n’ont pas hésite à voisiner avec ces mêmes unités contre des rebelles.
« II est évident que si ces résultats ont été obtenus, alors que comme je vous le disais tout à I’heure, un état permanent de troubles et d’insécurité régnait dons cette région, ce fut certes grâce à la qualité de nos troupes, mais aussi à notre organisation politique, parce que pendant que les forces de sécurité œuvraient contre les rebelles, le Parti, par les tournées des responsables politiques et administratifs, poussait les contacts jusque dans les moindres centres où il éclairait les populations sur la réalité de notre conception socialiste, et c’est ainsi que, très rapidement, le mouvement a été liquide.
Par conséquent, si nous parlons d’interventions étrangères, il s’agit bien d’éléments français agissant selon leurs instructions personnelles, en dehors de toutes directives de leur chef hiérarchique ou du Gouvernement Français. D’ailleurs, lorsque j’ai eu à discuter de cette question avec la Représentation Française à Paris, la réplique a été : «Ce sont des aventuriers qui n’ont rien de commun avec le Gouvernement Français».
Vous avez maintenant la réponse à la question posée ou sujet de mouvements de dissidence fomentes par une minorité de nomades dons l’extrême Nord de la République du Mali.
La deuxième question sur le Mali, c’est : comment nous construisions le socialisme ou Mali ?
II est bon tout d’abord de préciser pourquoi nous avons choisi la voie du développement socialiste de notre pays. II y a des raisons d’ordre économique et d’ordre politique.
Raisons économiques :
Notre pays est un territoire intérieur, éloigné des ports maritimes africains, au climat rude. Or, vous savez que la domination coloniale avait d’une part un aspect économique puisque (‘administration était bien souvent appuyée dons son action par les colons, les commerçants et les industriels dans les territoires ou il y avait des possibilités d’exploitation des ressources du sol et du sous sol et comme d’autre part ces entreprises avaient pour objectif essentiel la réalisation de bénéfices substantiels, il reste évident que Ies territoires intérieurs au climat rude étaient plus handicapés que les territoires côtiers, puisqu’on sait que les transports maritimes sont de loin moins coûteux que les transports par voies routière et ferroviaire, surtout qu’il s’agissait, non pas de la transformation sur place des matières premières, mais plutôt de l’exportation de celles-ci vers des métropoles ou elles devaient faire fonctionner des usines.
« Donc, les territoires intérieurs ne pressentaient pas d’intérêt parce que, quelle que soit la qualité de leurs matières premières, celles-ci ne pouvaient supporter les prix de transport des lieux de leur extraction aux ports d’embarquement et de ces ports d’embarquement jusqu’à I’usine. Par conséquent, en République du Mali ou le commerce était un commerce de traite, c’est-à-dire qu’après les récoltes il s’agissait tout simplement d’acheter les produits, d’en exporter les quantités exportables, et de conserver les quantités prévues pour la consommation locale dons les magasins, jusqu’aux moments les plus difficiles pour les populations rurales, (moments appelés périodes de soudure) Ensuite ces quantités stockées étaient reversées dans la consommation à des prix doublant ou, quelquefois selon les difficultés des années, triplant les prix d’achat aux producteurs. Ces activités commerciales, si on peut les appeler ainsi, étaient tenues par des sociétés a majorité françaises qui, seules avaient vocation à l’importation et à I’exportation. Aussi, autour de ces grosses sociétés étrangères vivaient plus ou mains en parasites des petits commerçants, des traitants autochtones ou non français qui étaient donc les intermédiaires entre les grosses sociétés et les producteurs. II est évident que cette catégorie de traitants de second ordre vivaient davantage de I’exploitation de l’ignorance des paysans que des bénéfices qu’ils pouvaient retirer de leur rôle d’intermédiaires. Je viens donc de vous donner ce qu’était I’économie de la République du Mali. Vous vous rendez compte facilement qu’il n’y avait pas de capitalistes maliens, pas d’industries, pas de sociétés commerciales maliennes.
Raisons Politiques :
«Des 1945, à la création de notre Parti, nous avons eu a nous battre au premier plan contre les féodalités et certaines catégories de fonctionnaires qui étaient les agents directs de répression de l’administration coloniale; et en second plan contre cette même administration coloniale qui employait arbitrairement toutes sortes de moyens (truquage des élections, arrestations, déportations, révocations, emprisonnements des responsables et des militants du Parti, etc.
«De 1945-46 jusqu’à l’indépendance, nous nous sommes battus contre les forces de la féodalité, de l’exploitation et de (‘administration coloniale. Nous avons été aides dons le développement du Parti, en particulier par les masses rurales qui constituent plus de 90% de la population du Mali et en général par les cadres conscients de I’administration, qu’ils soient de I’Enseignement, de la Santé ou de l’Administration générale tout court.
«Après la victoire de notre Parti nous devions tirer les leçons de l’héritage que nous a légué l’administration coloniale sur le plan économique et des conditions dons lesquelles nous avons accédé à l’indépendance, c’est-à-dire grâce à la lutte des populations rurales qui constituaient l’énorme majorité de la population et qui constituaient également les catégories les plus défavorisées.
«Il nous fallait donc tirer des leçons de toutes ces expériences et c’est pour cela que nous avons opte pour l’édification socialiste de notre pays, parce que nous avons estime qu’ayant eu des devoirs égaux face a la lutte de domination, il était normal que les droits fussent de même égaux après la victoire, normal aussi que les catégories relativement privilégiées qui avaient plus profité, par le fait qu’elles ont pu fréquenter I’école ou qu’elles ont été plus ou mains associées aux activités commerce Tales puissent à leur tour renoncer à certains privilèges, pour diminuer dune part les charges de I’Etat et permettre d’autre part d’investir dons le secteur le plus défavorisé : le secteur rural.
«Nous devons reconnaître que ces catégories nous ont compris, parce que nos fonctionnaires ont subi deux ou trois fois des retenues très importantes et que de I’indépendance à maintenant, il n’y a pas de fonctionnaire qui puisse toucher le tiers de ce qu’il gagnait avant I’indépendance. Le Mali et les responsables maliens tirent leur inspiration de l’édification socialiste de la théorie du Marxisme¬ Léninisme. Mais nous n’adaptons pas sa philosophie matérialiste, nous n’adaptons pas son athéisme parce que nous sommes croyants.
«D’autre part, nous estimons qu’il ne peut pas y avoir de contradictions entre la pratique d’une religion et l’adhésion a une définition socialiste des rapports sociaux entre les diverses couches d’une population. Etant donne que nous pouvons titre croyants, que nous pouvons titre musulmans, que nous sommes convaincus d’une part que nous appartenons à une société, que nous sommes des chaînons de cette société et que, d’autre part, appartenant tous a une même nation, a une même société, nous devons nous considérer comme frères, des lors il est impensable que nous puissions, nous, par le fait que nous avons etc plus ou moins dotes par notre naissance ou par la chance d’avoir fréquents l’école, il est impensable que nous construisons Ie pays a notre profit exclusif, au détriment des couches les plus défavorisées parce que celles-la n’ont pas été dotées comme nous par la naissance ou par la fréquentation de l’école, et aussi parce qu’elles n’ont pas, pour Ie moment, le moyen de s’exprimer. Nous estimons donc, quant a nous, qu’on peut tirer profondément socialiste tout en restant croyant. Du fait même que toutes les couches de la population ont été mobilisées pour la conquête de I’indépendance, il était normal que les ressources du pays appartiennent à toutes ces couches et qu’elles soient équitablement reparties entre ces couches, entre tous les éléments productifs du pays.
«Pour nous, c’est une question de justice sociale, et nous pensons en croyants qu’il n’y a pas de religion qui ne repose pas sur la justice sociale, qu’il n’y a pas de religion qui ne mette en avant le respect des principes de justice sociale, qu’il n’y a pas de religion qui ne mette pas en avant les sentiments de fraternité et de solidarité à l’égard de ses frères. C’est pour ces raisons donc que nous disons que, croyants musulmans, nous édifierons le socialisme. Nous nous sommes aussitôt attaques en premier lieu à l’organisation par le développement; puisque n’ayant du capitalisme, n’ayant pas de commerçants maliens prives, n’ayant pas d’industries, nous n’avions donc pas de nationalisation à opérer. II nous fallait donc partir de l’organisation de notre société qui déjà avait des habitudes de vie communautaire, il fallait partir des réalités de notre société pour (‘organiser rationnellement dons la voie du socialisme, afin de tuer dons l’œuf, si elles pouvaient exister, toutes tendances vers la thésaurisation, vers I’accaparement pour une minorité des ressources du pays.
«L’organisation socialiste du Mali touche donc les paysans, touche en particulier le domaine économique.
«Au niveau des villages nous avons créé ce que nous appelons les Groupements Ruraux. Ces Groupements Ruraux, dans leur développement doivent être de véritables coopératives villageoises, de véritables communes villageoises ayant une vie autonome, c’est-à-dire possédant leur budget de fonctionnement et d’investissement, et possédant aussi leurs sources de revenus. Les Groupements Ruraux reposent sur les champs collectifs, parce que chez nous le problème de la reforme agraire ne se pose pas : ce qui se pose surtout, c’est le manque de bras pour cultiver les terres. II y a en effet plus de terres que de bras pour les cultiver. Nous ne nous sommes jamais battus entre nous pour avoir des terres cultivables. D’autre part nos paysans sont tous propriétaires de leurs terres qu’ils travaillent, propriétaires de la terre qu’ils cultivent aujourd’hui parce que si le paysan cultive une terre pendant deux, trois ou quatre ans et que cette terre s’appauvrit, il I’abandonne pour aller s’installer plus loin. La première parcelle devient jachère. Après quelques années d’exploitation, il va s’installer ailleurs. Pour nous, en plus du problème des bras, il y a comme vous le voyez, celui de la fixation du paysan.
«Donc comme je I’ai déjà dit, le problème de terre ne se pose pas; mais ce qui se pose ou contraire, c’est le problème de la fixation du paysan et l’exploitation rationnelle de la parcelle sur laquelle il est installe, et cela pour éviter cette nomadisation traditionnelle préjudiciable d’une part à une action sociale, et d’autre part à la conservation de la végétation du pays.
«Nous avons pour cela créé des champs collectifs qui sont travailles en commun par les populations. L’attention, I’aide et (‘assistance du Parti et du Gouvernement sont portées dons les villages sur les champs collectifs en priorité, et cette assistance multiforme répond toujours aux normes d’étendue et d’entretien exigées par le Parti, alors qu’autrefois les paysans étaient aides soit individuellement, soit collectivement (rarement d’ailleurs d’une manière collective, c’était plutôt individuellement par I’ancien système). Les ressources des champs collectifs sont versées à la caisse du Groupement Rural.
«Deuxième point : je vous ai indique au début de mon expose que la commercialisation des produits agricoles était effectuée par les grosses sociétés étrangères avec des Maliens comme intermédiaires.
« Aujourd’hui avec le système du Groupement Rural, les paysans sont invités à commercialiser directement eux¬-mêmes leurs produits avec les sociétés nationales maliennes chargées de cette commercialisation en l’occurrence la SOMIEX, et l’Office des Céréales. La ristourne qui était naguère consentie aux intermédiaires, est ainsi versée directement a La caisse du Groupement Rural. Cela constitue donc une deuxième source de revenus pour les paysans.
« Troisième source de revenu : Au niveau de chaque Groupement Rural, il a été recommande de construire un magasin de stockage des articles de première nécessité.
«Et justement pour favoriser les populations rurales handicapées par les distances des grands centres d’approvisionnement nous avons fixe des prix nationaux : c’est dire que les marchandises vendues dons les grandes villes subissent une partie des frais de transport c’est-à-dire supportent une partie des frais de transports des marchandises vendues aux populations rurales, pour que celles-ci puissent les acheter a un prix relativement normal, à la portée de leurs moyens au même prix d’ailleurs pratique dons les grands centres. Ces articles de première nécessité sont dons les grands magasins des Groupements Ruraux, et les bénéfices réalisés par leur vente sont versés également a La caisse des Groupements Ruraux.
«Selon le niveau politique et les ressources des populations dont certaines régions et sur recommandation du Parti, les populations de certains villages versent une cotisation qui constitue la quatrième source de revenus pour les Groupements Ruraux.
«Au fur et a mesure que les champs se développent et que se créent les fermes du Groupement Rural ainsi que d’autres activités plus ou moins rémunératrices, le Groupement Rural se développe donc parallèlement ses ressources s’accroissent. Notre action tend a ce que, petit a petit, ces «Groupements Ruraux prennent a leur charge une partie des dépenses des institutions sociales ainsi qu’une partie des dépenses d’urbanisme des villages. A cet égard, notre Parti a lance la politique des chantiers d’honneur, c’est-à-dire que les organismes du Parti : les comités au niveau du village ou de la fraction, les bureaux politiques d’arrondissement ou de section, mobilisent les populations vers des objectifs bien définis en dehors des champs collectifs qui constituent une institution permanente.
C’est ainsi qu’entre autres elles entreprennent la construction d’écoles, de dispensaires, valorisant ainsi toutes les ressources. De la sorte, cette organisation de plus en plus appréciée par les populations rurales, a eu une telle répercussion dons certaines circonscriptions qui étaient en retard, qu’en mains de deux mois certaines circonscriptions, certaines sections sont arrivées avec la conjonction des champs collectifs et des magasins de stockage, à créer partout les Groupements Ruraux.
«Je disais que ces villages doivent arriver a s’administrer eux-mêmes, parce qu’au niveau de chaque village nous avons mis en place ce que nous appelons le Conseil d Village qui est élu par l’ensemble des électeurs (hommes et femmes) du village. Le Président du Conseil de Village est nomme chef du village. C’est La même organisation qu’au niveau de la Fraction ou de la Tribu. Donc, de la base au sommet, l’organisation démocratique de l’administration se trouve ainsi sauvegardée. Cela a permis aux ruraux qui étaient opprimes par des chefs de canton et des féodaux sous l’administration coloniale d’affirmer leur personnalité et de s’élever a la notion de responsabilité, non seulement dons l’administration du village, mais aussi dons le développement économique de celui-ci. Voila comment nous organisons les paysans.
Toutefois nous n’avons pas supprime les champs familiaux parce que nous estimons que le champ familial est un facteur de stimulation, et surtout parce que nous savons que la collectivisation intégrale avant d’être obtenue, doit nécessairement tenir compte des étapes à franchir. Nous aurons beaucoup fait déjà en suscitant l’intérêt des paysans en faveur des champs collectifs tout en ménageant l’existence des parcelles familiales.
«Dans le secteur économique notre tâche a été facile au niveau du gros commerce par la création de la Société Malienne d’Importation et d’Exportation que nous appelons la SOMIEX. Elle a le monopole de toutes les exportations et celui d’importations des articles les plus essentiels, c’est-à¬-dire des articles qui sont de large consommation. En outre la SOMIEX importe, en concurrence avec les sociétés privées les autres articles. II est évident que cet organisme commercial a considérablement réduit l’intervention des secteurs commerciaux étrangers dons la vie économique du pays.
Les derniers documents de la Chambre de Commerce précisaient qu’en République du Mali, l’Etat contrôle 80 % des activités économiques.
«Nous avons créé dons tous les secteurs économiques des sociétés maliennes qui n’ont pas de monopoles : Air-Mali, Régie des Transports Routiers, Société Nationale des Travaux Publics, la Pharmacie Populaire, a Librairie Populaire, etc. Mais nous avons cependant un problème, c’est l’existence de cette catégorie plus ou moins parasitaire qui s’est formée autour du gros commerce étranger, je veux parler des petits commerçants et des Dioulas. Ils sont nombreux et nous estimons que c’est une faiblesse de notre système. Cependant toutes les dispositions sont prises pour éliminer corriger cette faiblesse. C’est ainsi qu’au niveau des grands centres, puisque déjà les villages ont leurs Groupements Ruraux et leurs magasins de stockage, (donc la il n’y a pas de traitants, pas de petits commerçants qui interviennent), nous avons créé des coopératives de consommation que nos sociétés d’Etat approvisionnent en priorité. S’il reste encore des stocks de marchandises après cette première opération, ces sociétés d’Etat peuvent les livrer aux petits commerçants que nous avons organisé au niveau de chaque grand centre en « Société de Caution Mutuelle ».
«Toutefois il reste évident qu’au fur et a mesure que les coopératives de consommation se développeront parce qu’elles ne seront pas chargées exclusivement de prendre les marchandises pour les céder a leurs membres, elles doivent aussi prospérer pour avoir ou niveau des quartiers une vie autonome comme au niveau des villages. Le problème des petits commerçants se résorbera progressivement. Déjà certaines coopératives de consommation sont assez avancées puisque sur leurs ressources elles ont un plan de développement sur trois ans ou quatre ans au tours desquels elles construiront des écoles, des maternités, maisons de jeunesse etc, etc.
«Voila donc, dons le secteur économique, comment nous construisons le socialisme.
«Donc à échéance, plus ou moins brève, les intermédiaires seront supprimés entre nos sociétés commerciales et les villages et les activités commerciales mercantiles réduites et éliminées grâce au développement des Coopératives de consommation.
«Alors nos camarades Maliens qui se livraient a ces activités commerciales mercantiles seront obligatoirement orientes vers d’autres secteurs de la production, au besoin vers le secteur de la production agricole. A cet égard, notre budget prévoit un fonds de reconversion pour les Maliens qui désirent se livrer a ces activités agricoles. Ils seront organises et groupes en coopératives villageoises lesquelles seront fédérées en coopératives villageoises qui seront aidées a leur tour par le Gouvernement jusqu’à ce que leur organisation puisse subvenir a leurs propres besoins.
«Dans ce domaine nous avons déjà réalisé plusieurs reconversions.
«Il y a un secteur qui n’est pas très étendu, c’est celui de l’exploitation agricole de I’Etat. Nous n’avons qu’une exploitation agricole : l’Office du Niger, qui, malheureusement, est déficitaire, mais c’est un déficit qui nous honore, parce que quand nous prenions la gestion il plafonnait à I milliard et demi, alors qu’actuellement, depuis deux ans, avec les efforts de la direction ainsi que les mesures économiques que nous avons prises, I’exercice 1963 n’a accusé qu’un déficit de 120 millions. Cette année, la Direction pense même parvenir à une gestion équilibrée. C’est donc dire que nous nous acheminons vers une gestion bénéficiaire de cette grande entreprise qu’est (‘Office du Niger).
«A côté, nous avons des fermes d’Etat qui ont plus d’expérimentation que d’exploitation. «Mais toutes nos sociétés, qu’elles soient commerciales ou agricoles doivent intervenir sur leurs bénéfices dons le budget d’équipement de notre plan de développement. Et ces sociétés et entreprises, ces industries que nous avons créées ou qui sont en tours de création sont gérées par les employés eux-mêmes d’ou leur autogestion.
«Leurs Directeurs sont nommes par le Gouvernement. De plus en plus, nous nous acheminons vers la formule selon laquelle les travailleurs seront payés en fonction des ressources des Sociétés et Entreprises qui les utilisent. Mais pour éviter une certaine anarchie, surtout la tendance au repliement des Sociétés et Entreprises sur elles-mêmes et toute velléité de ne pas insérer ainsi leurs actions dons le cadre national du plan de développement, les ressources, les bénéfices des Sociétés et Entreprises d’Etat sont ainsi repartis : un certain pourcentage pour les salaires, un certain pourcentage pour les œuvres sociales au sein de la société de I’entreprise, et un certain pourcentage pour I’approvisionnement du budget d’équipement.
«Voila donc un autre aspect de la construction du socialisme au Mali.
«Nous devons vous dire que malgré que nous n’ayons pas eu au départ un capitalisme malien à affronter, nous avons rencontré des difficultés, puisque vous vous souvenez qu’en 1962 il y a eu un mouvement de subversion qui est parti justement du milieu des petits commerçants et appuyé par certains éléments de I’ancienne option en politique. Mais très rapidement, ce mouvement de subversion a été éliminé.
«Nous devons reconnaître aussi qu’il n’est pas facile de modifier fondamentalement les habitudes de vie, de pensée de ceux qui, sous le système colonial, avaient une situation relativement plus aisée, plus confortable que celle de la majorité des populations. II s’agit des fonctionnaires, des petits commerçants, etc. II est évident que les mesures que nous prenons pour adapter progressivement leurs revenus aux récoltes économiques du pays et qui réduisent ces mêmes revenus, suscitent certes en eux des crises de mécontentement, mais qui, loin de s’étendre a une large échelle, se limitent a des individus et, très rapidement, avec l’organisation politique, nous arrivons a dissiper ces mécontentements.
«Je crois avoir ainsi répondu aux questions qui ont été posées sur La construction du socialisme au Mali.
«J’aborde maintenant les questions ayant trait aux problèmes africains.
« Je commencerai par ceux qui touchent aux relations entre la Mauritanie et le Mali.
«Dès son indépendance en 1960, et d’ailleurs avant la conférence qui a donne naissance a la Charte de Casablanca, la République du Mali avait reconnu la République de Mauritanie. Nos relations sont excellentes, puisque nous avons pu, grâce à la rencontre que j’ai eue à Kayes avec le Président en 1963, liquider le contentieux qui existait entre nos deux pays, contentieux dont nous avons eu à supporter hélas tous les aspects négatifs, puisque ce sont nos populations qui avaient été tuées, qu’on avoir razziées, des villages incendies, les troupeaux razzies, et ramenés en Mauritanie et un soldat et deux agents des forces de sécurité tués, etc.
«Nous pensons que nous avons donné là quand même une leçon parce qu’il est évident que si nous avions été un pays à réaction rapide, nous aurions tenu à réparer par les armes les attaques dont nos populations avaient souffert. Nous avons heureusement pu ramener très rapidement à la raison nos unités militaires stationnées dans le secteur intéressé et qui voulaient donner la réplique.
«Mais au cours de la réunion de Kayes, nous sommes arrivés a une délimitation sur carte de nos frontières. Nos chefs de circonscriptions sont à I’oeuvre pour matérialiser ces frontières. Les populations sont a reconnaître, et depuis sur le plan extérieur, nous n’avons pas eu un seul instant à nous plaindre des représentants de la République Islamique de Mauritanie. Donc en résumé, nos relations sont excellentes.
« Une autre question qui touche le Mali et un autre pays africain, la teneur de l’accord économique algéro¬malien. «Cet accord est un accord de coopération économique du genre de celui que nous avons signe avec bon nombre de pays : échanges commerciaux, accord de paiement, etc. Dans l’application, le Gouvernement Algérien et le Gouvernement Malien s’emploieront à ce que ces accords, ne soient pas des accords symboliques sans lendemain. Et nos délégations au cours de notre séjour se sont rencontrées, pour préciser les produits, les marchandises que nos deux pays doivent échanger. Du côté algérien, les produits industrialisés, les fruits.
« Du côté malien, des produits agricoles et éventuellement de la viande. Telle est la teneur de l’accord algéro¬malien.
«Une autre question, c’est notre point de vue sur le Transsaharien.
«Je dois vous dire que s’il ne dépendait que de la République du Mali, le Transsaharien entrerait dons le domaine des réalisations, parce que vous savez, le Sahara était présenté autrefois comme une barrière d’où l’expression Afrique du Nord, Afrique Blanche et Afrique Noire ! Le Sahara était considéré comme infranchissable.
«Mais au contraire, maintenant le Sahara est devenu un élément de liaison. Pour nos deux pays, il I’a d’ailleurs toujours été. En effet jadis des échanges traditionnels s’effectuaient. Ils s’effectuent aujourd’hui avec un volume de plus en plus croissant entre le Mali et I’Algérie. Donc I’application de nos accords serait facilitée si le Transsaharien existait, et leur volume s’accroîtrait également si cette vole devenait une réalité. C’est pour vous dire combien la République du Mali souhaite que le Transsaharien puisse être réalisé dons le meilleur délai.
«J’aborde maintenant les questions posées sur le Congo.
«Vous savez qu’après I’assassinat du Premier Ministre Patrice Lumumba, le Congo a connu une période d’instabilité permanente malgré la présence des troupes de l’O. N. U. II appartiendra à l’histoire de préciser si la présence et l’intervention des troupes de I’O. N. U. ont été bénéfiques ou non pour la République du Congo.
«Je dois vous dire que la République du Mali n’a jamais accepté de verser sa contribution au Fonds d’Intervention du Conseil de Sécurité de I’O.N.U. Par ailleurs jusqu’ici n’ont pas été définies les circonstances de la mort du Premier Ministre Patrice Lumumba, ni situées les responsabilités autour de son assassinat; cependant I’O. N. U. avait bien envoyé au Congo une mission qui avait pour objet essentiel de situer les responsabilités et les circonstances de I’assassinat du Premier Ministre Patrice Lumumba. Je pense également qu’il est bon de rappeler les circonstances qui ont facilite au Congo I’assassinat du Premier Ministre Lumumba. II a été démissionné par un Chef d’Etat, d’où violation de la Constitution malgré qu’il était fort de I’appui du Parlement Congolais. Cela a pu passer inaperçu. II s’était ensuite placé sous la protection de I’O. N. U. «Et vous qui suivez de très près la vie internationale, je voudrais vous poser une question dont je ne vous demande pas aujourd’hui la réponse, mais a laquelle je vous demande de réfléchir :  » Qui a mis fin a cette protection de l’O. N. U. dont bénéficiait Patrice Lumumba ? et comment a-t-on mis fin à cette protection ?  » Un autre point sur lequel je voudrais vous demander de faire la lumière :  » Par qui Lumumba et ses amis ont-ils été arrêtés ?  » A cet égard je vous signale un film qui, je crois, a été réalisé par les Soviétiques, film dons lequel on voit Lumumba et ses amis les mains liées au dos, jetés comme des paquets dans un véhicule avant d’être embarques à bord d’un avion qui devait tous les conduire au Katanga. Et dans le film on voit des gardes frapper à coups de crosse et de pieds Lumumba et ses amis, et même arrachent la barbe à Patrice Lumumba. Ces événements se produisaient à Léopoldville !
«D’autre part, lorsqu’il y a eu le Gouvernement d’Adoula qui a fait dissoudre le Parlement parce que ce parlement a demandé la libération d’Antoine Gizenga«Auparavant qui avait arrêté Gizenga et les centaines de nationalistes congolais ? Qui a demandé l’intervention Américaine au Congo ? En vérité nous pensons que dans le problème congolais il y a encore beaucoup de responsabilités qui n’ont pas été situées. Mais est-ce qu’il faudrait pour autant ne pas rechercher dont ce chaos ou Congo une solution qui puisse permettre a son peuple de pouvoir enfin s’exprimer librement ? Non ! Nous avions espéré que, quels que soient les hommes, il arrive un moment où ils peuvent connaître une crise de conscience par la confrontation de leur passé avec ce qu’ils souhaiteraient titre devenir. Aussi nous avions pense que Tschombe avait traversé cette crise de conscience et qu’il se donnait comme objectif la reparution du mal dont il a été un des instruments contre les nationalistes congolais. Je ne dis pas (‘instrument, mais un des instruments parce que les autres sont là-bas, occupant même des postes de responsabilité, de sorte qu’il ne faut pas dissocier le problème Tschombe des problèmes Kasavubu et Adoula.
«Pour nous, c’est en effet le même problème. Nous avions donc espéré que si l’intervention étrangère se développait au Congo, étant donné le processus qui se pose dans ce pays et que beaucoup d’entre nous ne connaissent pas (les oppositions tribales) le Congo serait un foyer d’instabilité et de subversion permanentes en direction des pays africains qui auraient opte pour un système d’édification de leurs pays sur le plan politique et sur le plan économique; un centre de conceptions pour les grandes puissances, et de proche en proche, on assisterait à une tuerie, à des révolutions sans contenu révolutionnaire, plutôt avec un contenu rétrograde, et I’Afrique deviendrait une seconde Amérique Latine ou les règnes se succèdent à la cadence que vous connaissez selon le bon vouloir des puissances d’argent. Donc pour éviter cela à I’Afrique, il fallait absolument que puisse prendre fin l’intervention étrangère qui a été sollicitée et créée par le Président Adoula ; il fallait donc que les Congolais, oublient le passé et si tous sont réellement nationalistes et engagés à la sauvegarde de I’indépendance de leur pays, puissent, ne serait-ce que dans un premier temps, se réconcilier afin que puisse prendre fin l’intervention étrangère. Qu’ils puissent eux Congolais, résoudre leurs problèmes, même si plus tard ils devraient, dans le règlement intérieur de ces problèmes en arriver à s’affronter.
«Nous sommes persuadés que ce qui sera mortel pour I’Afrique, donc pour nous tous, ce sera le développement de l’intervention étrangère. Or, nous savons qu’aucun peuple ne peut accepter d’être humilié, de se sentir chaque fois sous la domination d’une puissance étrangère, d’un autre peuple. C’est le cas actuel du Congo. Personnellement je dois vous dire que je suis très inquiet de cette situation, non seulement pour le Congo lui même mais aussi pour les Etats voisins et plus tard pour nous tous. A cet égard, avec mon ami Ben Bella, nous avons procédé à des échanges de points de vue et nous avons estimé que I’O.U.A. devra se saisir du problème congolais. Ce ne sera pas une ingérence dans les affaires intérieures du Congo, parce que le problème congolais n’est plus le problème congolais. S’il était seulement le problème congolais, il n’y aurait pas d’étrangers, II n’y aurait pas eu d’intervention étrangère. Donc si des étrangers au continent africain peuvent intervenir au Congo, nous estimons nous aussi qu’en tant qu’Africains, nous avons plus de droit que ces étrangers pour intervenir dans le problème congolais. Aussi, avons nous estimé que l’O.U.A. devra se saisir de la question pour le Congo lui-même, pour la sécurité des Etats voisins, pour notre propre sécurité et pour la dignité africaine.
«La dernière question, c’est mon opinion, celle du Mali sur la politique de la France envers les pays en voie de développement, en particulier les pays africains.
«Cette politique française, vous la connaissez. Elle a été définie par le Général de Gaulle. La France, dans l’aide aux pays africains, donnait plus qu’elle ne prêtait, c’est¬à-dire donc qu’il y avait plus de subventions que de prêts. Or, malheureusement la plupart du temps, tout au moins clans certains pays, ces subventions n’ont pas été judicieusement utilisées ou profit des populations. Et La France, en raison de sa vocation universelle, pense qu’elle ne devra pas limiter son assistance aux seuls pays africains, mais  l’ensemble des pays sous-développés en dehors même du cadre de l’organisation de la Communauté Économique Européenne.
«Personnellement, j’estime que la position actuelle de la France est La meilleure parce qu’elle oblige les Etats africains en particulier, et les pays sous-développés en général, a avoir un plus grand souci de la gestion des fonds qui ne leur sont plus donnés, mais qui leur sont dons une large proportion prêtés.
«La République du Mali, quant a elle, souscrit entièrement à cette forme, parce que comme vous le savez, nous ne sommes pas pour les solutions de facilité. Je vous ai parle des événements de 1962. Je dois préciser qu’en aucun moment nous n’avons mis en cause le Gouvernement Français, mais nous savions que les Maliens qui avaient été à la base de ce mouvement étaient soutenus par certains éléments français. Nous savons aussi que maintenant, après I’échec du mouvement de rébellion organise dans l’extrême Nord de notre pays, après un premier échec, ces éléments français ne se consolent pas d’avoir été vaincus Ils révisent leur stratégie et pensent pouvoir nous encercler par la création d’un foyer de subversion. Ils se préparent également à introduire des armes au Mali. Evidemment le Gouvernement Français est en dehors du coup. Mais qui peut dire que cette réprobation contre ces Français ne pourrait pas dans une certaine mesure, porter atteinte à I’amitié et à la confiance du Peuple Malien pour le Peuple Français, même si ce peuple, même si le Gouvernement Français n’en assument pas les responsabilités ? Voila pourquoi nous estimons qu’il est essentiel que le Gouvernement Français prenne toutes ses responsabilités et considère que ces éléments qui organisent la subversion dans les Etats africains travaillent contre lui et travaillent contre le Peuple Français.
«Voila, Mesdames, Messieurs, les réponses que j’ai pu apporter à vos questions, et je vous remercie très sincèrement de l’attention avec laquelle vous avez suivi mon expose. Je suis convaincu que vous pourrez les exploiter pour une meilleure compréhension de la politique intérieure de la République du Mali, de sa politique africaine et internationale.
« Je vous remercie ».Modibo KEITA 

Texte initialement publié par Amadou Seydou Traore dit Amadou Djicoroni

Source: Bamada.net

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