Suivez-nous sur Facebook pour ne rien rater de l'actualité malienne

Message de SEM Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République du Mali, Président en exercice du G5 Sahel aux communautés des pays du G5 Sahel à l’occasion de la commémoration de la création du G5 Sahel

Populations du Sahel,

Partenaires et amis du Sahel,

Le 16 février 2014, à Nouakchott, en République Islamique sœur de Mauritanie, mes pairs du Burkina Faso, de Mauritanie, du Niger, du Tchad et moi-même, mûs par une très grande volonté politique et sur la base d’une ambition forte pour le Sahel, avons  décidé de porter sur les fonts baptismaux le G5 Sahel, en vue de coordonner les politiques et stratégies de développement et de sécurité de nos États respectifs.

La Convention établissant notre jeune organisation ayant été signée le 19 décembre 2014, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement a décidé, à l’issue de notre sommet tenu le 6 juin 2017 à Bamako, d’institutionnaliser le 19 décembre comme « Journée du G5 Sahel » dans tous les États membres.

Le troisième anniversaire de la création du G5 Sahel nous donne  donc l’occasion de célébrer la toute première édition de la « Journée du Sahel » pour réaffirmer le refus de la fatalité des Sahéliens et des Sahéliennes, et magnifier notre dédicace profonde pour un Sahel en paix avec lui-même et facteur de paix et de stabilité pour son voisinage et pour le monde.

Cette journée de célébration et de communion entre sahéliens me donne également l’occasion, au nom de mes pairs du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, et en ma qualité de Président en exercice du G5 Sahel, de  m’adresser aux braves communautés de nos pays respectifs dont le bien-être, la  quiétude et la sécurité sont notre raison d’être. L’occasion est enfin opportune pour jeter un regard rétrospectif sur le chemin parcouru et pour se focaliser sur  les perspectives d’avenir.

La création du G5 Sahel est intervenue dans un contexte particulier, à un moment où les défis étaient pour le moins nombreux, le péril installé à demeure. De graves hypothèques pesaient sur la stabilité de nos États respectifs et sur la cohésion sociale des communautés sahéliennes. Les menaces contre la paix et la sécurité, les phénomènes émergents tels que le terrorisme sont venus s’agréger aux vulnérabilités climatiques et environnementales qui, avec la désertification, les sècheresses cycliques et la famine, ont accru et renforcé la fragilité du Sahel.

Cette sinistre réalité a fait de notre espace sahélo-saharien, un terreau fertile du terrorisme, du crime transfrontalier organisé, des trafics de tous ordres, y compris le trafic de migrants, de la radicalisation et de l’extrémisme.

Convaincus que le Sahel n’est pas condamné à être un espace de fatalité, une  zone de déshérence, mais qu’il est bien possible de le propulser sur une dynamique vertueuse en y favorisant un développement régional inclusif et durable, nous avions convenu, ensemble, avec mes Pairs des autres pays du G5 Sahel, de prendre en charge notre destin commun en mutualisant nos moyens et nos capacités militaires, de sécurité et de renseignement, et en nous attaquant fermement aux causes profondes du sous-développement.

Dans cet ordre d’idées, le G5 Sahel a formulé une Stratégie pour le Développement et la Sécurité déclinée en plans d’actions pluriannuelles et s’est également doté d’un Programme d’Investissements Prioritaires (PIP) avec des projets intégrés et structurants dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance, des infrastructures et de la résilience.

Ce faisant, nous offrions à nos partenaires stratégiques internationaux, un cadre de coordination et de mise en cohérence de toutes les stratégies Sahel existantes, en même temps que nous réaffirmions notre propre vision de l’avenir de notre région et notre volonté indéfectible de peser dorénavant sur  son avenir.

Conformément à cette stratégie, et persuadés que la Sécurité et la Paix au Sahel sont d’abord l’affaire des Sahéliennes et des Sahéliens, nous avons décidé, en février de cette année, du déploiement d’une Force conjointe. En accord et avec le soutien politique de l’Union africaine, de l’Union européenne et des Nations unies, il sera organisé, dans les semaines à venir à Bruxelles, une conférence internationale pour la Sécurité et le Développent au Sahel, en vue de mobiliser et d’accroitre le soutien international nécessaire à la montée en puissance de la Force conjointe et à sa pleine capacité opérationnelle d’ici au premier semestre 2018.

Populations du Sahel,

Partenaires et amis du Sahel,

C’est une lapalissade que d’affirmer qu’il n’y pas de paix sans développement, ni de développement sans paix. C’est pourquoi, notre organisation accorde un ordre de priorité élevé à la tenue et au succès de la table ronde des bailleurs des fonds destinée au financement de la première phase du Programme d’investissements prioritaires. D’ores et déjà, nous nous réjouissons du lancement de l’Alliance avec le Sahel, une initiative pertinente bénéficiant du soutien de plusieurs pays européens et destinée à améliorer la mobilisation et la coordination de l’aide internationale en faveur des pays du Sahel.

Dans le même ordre d’idées, comment ne pas saluer et se féliciter de l’appui politique constant et du soutien précieux de l’Union Européenne, des Nations unies, de l’Union Africaine, de la France, des Etats-Unis d’Amérique et de tous les pays membres permanents du Conseil de sécurité, de l’Allemagne et, plus récemment, de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis ?  Nous invitons les autres pays et institutions partenaires à se joindre à la dynamique ainsi enclenché pour former, in fine,  une véritable coalition en faveur du Sahel.

Cette priorité à accorder aux questions de développement et de résilience est, en effet, la meilleure réponse que nous devons apporter, ici et maintenant, aux défis qui assaillent les pays du G5 Sahel.

Par-delà les défis d’ordre sécuritaire et climatiques sus-énumérés, le Sahel est confronté à d’importants problèmes d’infrastructures qu’il convient de résorber dans le court terme. En effet, l’enclavement a des effets très négatifs sur la mobilité et réduit significativement les échanges humains et économiques intra et interrégionaux. Pour y remédier, le G5 SAHEL a initié un projet de création d’une compagnie aérienne. Il a également décidé de faire de la libre circulation des personnes, des biens et des services une réalité à travers la suppression avec effet immédiat des visas pour tous types de passeports entre ses Etats membres.

Populations du Sahel,

Partenaires et amis du Sahel,

Comme vous le constatez, en ce troisième anniversaire de la signature de la Convention portant création du G5 Sahel, il est permis de mesurer à la fois l’immensité de la tâche et la ferme volonté des Dirigeants de notre espace à réussir sa transformation structurelle, de manière à faire du Sahel un espace partagé de paix, de prospérité et de sécurité. Soyez assurés que mes pairs du G5 Sahel et moi-même sommes totalement engagés pour atteindre cet objectif.

SEM Ibrahim Boubacar KEITA,

Président de la République du Mali,

Président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement du G5 Sahel.

 

La rédaction 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Suivez-nous sur Facebook pour ne rien rater de l'actualité malienne
Ecoutez les radios du Mali sur vos mobiles et tablettes
ORTM en direct Finance