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Médiation burkinabè au Mali: séparer le bon grain de l’ivraie ?

Pendant qu’à Bamako des experts africains et étrangers étaient réunis pour se pencher sur un concept stratégique d’intervention dans le Nord-Mali, à Ouagadougou, une délégation du groupe islamiste Ansar Dine, conduite par l’élu Alghabass Ag Intalla, elle, y était vendredi dernier pour rencontrer le chef de la diplomatie, Djibril Bassolé.

La médiation burkinabè attend du mouvement salafiste qu’il prenne clairement ses distances avec les groupes terroristes dans le septentrion malien. Il est question d’éloigner comme de la peste Ansar Dine des islamistes d’AQMI, Al-Qaïda au Maghreb islamique. Des entretiens formels ont déjà eu lieu le 4 novembre 2012 dans la capitale burkinabè entre les deux parties.

A cette occasion, selon une source proche de la médiation, les barbus du Nord-Mali ont renouvelé leur serment d’aller vers une solution négociée de la crise malienne. S’agissant de leurs relations avec les alliances terroristes, ceux-ci ont soutenu qu’ils sont un groupe indépendant et autonome qui ne se reproche nullement rien. Le souhait des disciples d’Ansar Dine reste alors la mise en place par Bamako d’une structure de négociation pour examiner les questions fondamentales.

Avec des représentants du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui sont également présents à Ouagadougou, les envoyés du chef Iyad Ag Ghali ont eu une entrevue. Mais qu’on ne s’y méprenne pas : une fusion entre les deux entités n’est pas envisageable ; chacune d’elle entend garder jalousement son autonomie, l’essentiel étant d’avoir la même vision des choses.

Visiblement, Ouagadougou veut séparer le bon grain de l’ivraie. Y parviendra-t-il jamais ? Rien n’est moins sûr. Ce qui préoccupe les observateurs de la scène politique malienne est de savoir si le médiateur Blaise Compaoré réussira à convaincre Ansar Dine d’abandonner la philosophie qui a prévalu à sa création, notamment l’application de la charia. Sera-t-il en mesure de couper les ponts avec AQMI ? Bien malin qui saura répondre à cette interrogation ; ce, d’autant plus que pour beaucoup la parole donnée des islamistes ne pèse pas lourd.

Leur conviction est même faite qu’il ne faut pas négocier avec eux, au regard parfois de l’ambivalence de leur argumentaire, qui vacille naturellement selon leurs intérêts du moment. Quoi qu’il en soit, la démarche de Ouagadougou n’est aucunement superflue. Le Burkina a, jusqu’à preuve du contraire, fait ses preuves dans la résolution des crises sociopolitiques dans la sous-région.

Briser toute relation des irrédentistes du Nord-Mali avec leurs parrains d’AQMI est peut-être une stratégie bien pensée qui peut se révéler après tout payante dans la quête de la paix au pays de Modibo Keïta. Tout ce qui peut en tous les cas y concourir est par conséquent à saluer. Inutile donc de tirer des conclusions hâtives. Seul le temps reste déterminant ; la patience et le tact aussi.

D. Evariste Ouédraogo

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