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Me Kassoum Tapo à la Plateforme «An tè, A Bana» : «Cette révision constitutionnelle est une priorité…»

Le Ministre des Droits de l’Homme et de la Réforme de l’Etat, Me Kassoum Tapo, a pris part, jeudi dernier, à une conférence débat, consacrée au projet de révision constitutionnelle. C’était au Grand Hôtel de Bamako, devant un parterre d’invités ayant effectué massivement le déplacement. Le Ministre a annoncé la publication prochaine d’un document élaboré par son département, document qui va, selon lui, démonter tout ce qui a été soulevé comme griefs par la tendance opposée.

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A la faveur d’une conférence débat organisée par la Plateforme «An tè, A Bana», le Ministre des Droits de l’Homme et de la Réforme de l’Etat, Me Kassoum Tapo, a eu à réagir face à certains propos frisant de manque de maitrise profonde de la teneur du texte du projet de la révision constitutionnelle tenus par des partisans de la Plateforme «An tè, A banna » (qui dénonce l’initiative). C’est à l’aide d’un certain nombre de points d’éclairage sur le document devant être soumis à un vote référendaire initialement prévu pour le 9 juillet prochain mais reporté à une date ultérieure. Pour Kassoum Tapo, on gagnerait mieux à dépassionner ce débat en le ramenant à l’essentiel, à sa stricte dimension. Pour le Ministre Tapo, ce n’est pas la première tentative de révision du genre dans notre pays. En 2000, a-t-il rappelé, il y a eu la première tentative envisagée par le Président Alpha Oumar Konaré. «Ça n’a pas suscité autant de passion de l’opposition. Je me souviens que le Barreau avait égratigné le Président Konaré en lui disant qu’il a des intentions cachées ». Le Président Konaré, selon Me Tapo, s’était fâché et avait dit que si on le soupçonne de chercher un 3e mandat, qu’il retire son projet et qu’on n’en parle plus. Ensuite, le Président ATT a fait la même tentative. «En son temps, la loi de révision avait été adoptée en 2011 par l’AN et je n’ai pas entendu toutes ces frustrations. En réalité, la plupart de ceux qui protestent aujourd’hui contre ce projet avaient voté celui de 2011. S’il y a eu ces deux tentatives c’est qu’il y a pleines de raisons de modifier la Constitution ; des raisons que j’ai appelé des motivations de confort de notre démocratie, pour corriger ses insuffisances», a explicité Me Tapo.

Une révision imposée par la mise en œuvre de l’Accord de paix
Pour le Ministre des Droits de l’Homme et de la Réforme de l’Etat, outre la nécessité de soumettre la Constitution du 25 février 1992 à un toilettage, pour corriger ses incohérences, pour cette fois-ci, il y a une autre exigence qui résulte, selon ses propres termes, de l’Accord d’Alger, de la situation politico-sécuritaire à laquelle le pays est confrontée depuis 2012. «L’Accord d’Alger nous impose de revoir la Constitution pour permettre sa mise en œuvre. Il y a eu beaucoup de discussions au sujet de cet Accord. Aujourd’hui, quel Malien peut dire qu’il est contre ? Personne. A partir du moment où on l’accepte, il faut le mettre en œuvre et pour le mettre en œuvre il faut une révision de la Constitution », a affirmé le Ministre Tapo. Pour étayer les fondements de l’idée de la révision de la loi fondamentale, il a pris certains exemples. «Rien que pour créer le Sénat pour permettre la représentation des collectivités territoriales, cette révision s’impose. Aujourd’hui, la vraie question c’est cela : permettre la mise en œuvre de l’Accord ». Et de poursuivre : «En plus des insuffisances à corriger, une constitution c’est aussi un texte qui s’adapte aux réalités politiques et sociales. Généralement, en Afrique, lorsqu’une réforme constitutionnelle est initiée tout de suite la contestation porte soit sur la durée, soit sur le nombre du mandat présidentiel; on soupçonne (à tort ou à raison) le Président en Exercice de chercher à changer son mandat. Or, dans le cas d’espèce, le Président de la République l’a dit d’emblée qu’on ne touchera ni à la durée du mandat, ni au nombre du mandat. Le jeu est clair dès le départ. Mais, dès que la loi a été adoptée, la première chose qu’on a entendu sur les réseaux sociaux c’est que le Président IBK veut donner le pouvoir à son fils ; qu’il veut instaurer une monarchie. On a dit qu’on a voulu créer un monarque, un potentat. Qu’on me dise dans quel article du projet tout cela apparait et je leur répondrais», fustige le Ministre Tapo qui balaie d’un revers de la main toutes les accusations et/ou reproches formulées par la tendance opposée au référendum. Toujours, selon le Ministre Tapo, il est étonnant de voir certains acteurs politiques dénoncer dans le projet des aspects qu’ils avaient pourtant acceptés, dans les précédents projets, en 2000 et 2011. «Les vraies raisons de toute cette agitation sont ailleurs», a-t-il ajouté. Et, pour conclure, notre célèbre Avocat persiste et signe: «Si on veut la paix, si on veut la réconciliation nationale dans ce pays, on est obligé de considérer cette révision constitutionnelle comme une priorité».
Moussa Koné

 

Source: L’Officiel

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