Mamady Kaba: « J’invite les patrons de presse à professionnaliser davantage le métier de journalisme »

Dans la vie, le courage doit être la première arme pour réussir. En effet, Mamady Kaba, est un  journaliste qui a su faire parler de lui partout où, il est passé, en laissant bien-sûr des souvenirs inoubliables. De L’Indépendant en passant par l’Essor, jusqu’à l’Etat du Michigan où il a étudié et vit depuis plus d’une dizaine d’années, il est resté égal à lui même avec un courage fou mais toujours attaché à ses valeurs culturelles. Reconnaissant envers la presse, l’homme de passage à Bamako, a bien voulu nous rendre visite au groupe Somapresse. L’occasion, pour nous, de le rappeler à ceux qui furent ses lecteurs de quant il était au Mali et aussi permettre à d’autres de le connaitre afin qu’ils s’inspirent de lui comme  modèle. La quarantaine bien sonnée, il est soucieux de l’épanouissement de la presse  malienne.          

Bilingue Mamady Kaba est natif de Kéniéba, dans la région de Kayes, où il a fait ses premiers pas à l’école de l’homme blanc jusqu’en classe de 9e année. De là, il est venu à Bamako, pour poursuivre ses études, à l’institut national des arts (INA) où il a fait animation socio- culturelle. Au bout d’un an de stage en 1997, il part au quotidien national l’Essor où il a exercé  le métier pendant 6 ans. C’est là qu’il a eu l’opportunité de faire le journalisme au Cesti de Dakar en 2000. A  son retour, il a exercé la profession pendant deux ans jusqu’à ce qu’il décide en 2002 de découvrir d’autres horizons en  allant aux Etats- Unis. Sa destination finale a été l’Etat du Michigan. Là, il s’est inscrit au  » Western Michigan University  » où il a étudié la conception graphique, des cours en relation avec la presse où il a appris les logiciels de montage des journaux, couronné par un DEUG. Il a continué pour obtenir un bachelor en communication des entreprises et gestion des affaires. Ces différents diplômes lui ont permis de travailler dans une entreprise américaine dénommée  » Target  » qui fait la distribution des produits alimentaires. Pour sa part, Kaba, s’occupe de la chaîne de distribution dans la boîte.

Puisqu’il reste un passionné de la presse, il continue de produire côté boulot, des articles pour l’Essor et le site maliweb. Parallèlement à son boulot, de temps à autre, il travaille pour les Nations Unies en qualité de journaliste quand il a le temps, pour des reportages. Toute chose qui lui a permis en 2011 de participer au sommet des  Nations Unies sur les pays, les moins avancés à Istanbul.

L’homme estime que c’est la presse qui l’a façonné à être ce qu’il est aujourd’hui. C’est en 2000 qu’il est allé pour la première fois au sommet du Millénaire des Nations Unies. Cela lui a donné l’idée de prendre contact avec les universités pour voir s’il pouvait faire des études plus poussées et comment monter les dossiers. Le journalisme lui a permis d’avoir un  carnet d’adresses bien fourni. L’homme est déçu de ce que certains journalistes continuent d’être des journalistes alimentaires. Toute chose qui le décourage. De ce fait, Kaba, invite les patrons de presse à professionnaliser davantage ce métier noble si nous voulons que ça avance. La formation, les outils de travail, les ressources doivent être disponibles pour permettre de faire de bons reportages. Quant aux autorités, elles doivent aider la presse à se vendre partout sur le territoire.

Par ailleurs, le journaliste malien du Michigan suit de près les activités des maliens des Etats-Unis sans pour autant s’enraciner dans une association. Quand bien même, ces associations selon lui, permettent de faire connaitre le Mali aux Etats- Unis à travers sa culture et ses valeurs.

Ce malinké bon teint raffole de couscous malien à la sauce feuille et de djouka. Ce passionné de lecture est père de jumelles Jewell Aïchata Kaba et Ariana Fatimata âgées d’environ 6 ans qu’il a eues d’un premier mariage avec une américaine blanche qui travaille dans une fabrique de produits pharmaceutiques. En bon Américain pour lui le temps, c’est de l’argent. C’est l’idéologie que l’homme essaye de mettre en pratique en travaillant dix heures par jour en temps normal, dès fois 12 heures avec seulement 4 à 5 heures de sommeil. Ce qui fait qu’il a rarement de temps libre. Le peu qu’il a, il l’accorde à ses deux petits bouts de choux, Aïcha et Fatim.  Il compte monter des affaires au pays, d’où cette visite de terrain pour voir ce qu’il peut concrètement faire et qui profitera au pays et aux habitants et à lui- même.

Fatoumata Thiam KONE