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Mali: Macron veut remobiliser tout le monde contre le terrorisme au Sahel

En amont du sommet du G5 Sahel de Bamako, Paris a laissé transpirer quelques éléments de sa stratégie pour la paix et la sécurité dans cette région.

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Outre l’annonce de l’accompagnement de la future force africaine par le dispositif français Barkhane pour continuer à faire face à la menace djihadiste, Emmanuel Macron a pris soin au préalable de remobiliser l’Algérie sur l’accord de paix au Mali.

Moins d’une semaine avant de se rendre à Bamako pour le sommet des pays du G5 Sahel, destiné à faire front aux menaces et attaques djihadistes, le président français a fait un geste significatif.

Des propositions concrètes de Macron à Bouteflika
Il a pris contact par téléphone le 28 juin 2017 avec le président algérien Abdelazziz Bouteflika pour lui soumettre des propositions «concrètes» visant à relancer l’accord de paix au Mali.

Destiné à assurer la sécurité au Mali, cet accord, conclu en juin 2015 et qui a du mal à entrer en application, devrait être entre autres au cœur des discussions du sommet des cinq pays du Sahel: Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad.

«Pour remobiliser tout le monde autour de cet accord, le président de la République a commencé en se concertant avec le président algérien qu’il a contacté pour lui soumettre quelques propositions concrètes et échanger sa vision sur la possibilité de relancer cet accord de paix», a fait savoir à l’agence Reuters une source de l’entourage d’Emmanuel Macron.

«L’Algérie est le parrain de cet accord et reste sur place localement le pays qui assure la conduite des réunions du comité de suivi, donc il est logique que l’Algérie soit consultée en amont de toute initiative pour relancer cet accord», a expliqué cette même source.

Emmanuel Macron, qui doit se rendre officiellement à Alger dans les prochaines semaines, a également rappelé l’importance de la relation bilatérale entre les deux pays en matière de coopération dans la lutte contre le terrorisme.

Les relations troubles d’Alger avec Iyad Ag Ghali
Alliée stratégique de la France en la matière, l’Algérie a en effet une longue pratique des réseaux djihadistes armés de la région sahélienne.

Elle entretiendrait même des relations troubles avec Iyad Ag Ghali, le chef du groupe Ansar Eddine et fondateur en mars 2017 du «Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans». L’organisation qui a revendiqué l’attaque visant des étrangers dans le campement touristique de Kangaba, près de Bamako le 18 juin 2017.

Selon Seidik Abba, chroniqueur au Monde Afrique, Alger aurait même en 2014 sauvé la mise au chef djihadiste touareg face aux militaires français en faisant parvenir à Paris le message suivant: «Ne vous occupez pas d’Iyad. Nous en faisons notre affaire.»

Au sommet du G5 de Bamako, Emmanuel Macron pourrait d’ailleurs, selonJeune Afrique, aborder la question d’Iyad Ag Ghali en tête à tête avec le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta.

Les services de renseignements français ont, selon cet hebdomadaire, «la quasi-certitude que les autorités maliennes ont pris langue avec Iyad Ag Ghali, le chef des djihadistes du Nord-Mali»«Si IBK (le président malien)estime qu’Iyad est un élément de la solution, il n’y a plus de raison que nos soldats se fassent tuer dans cette région du Sahel», aurait même commenté un décideur français.

La force Barkhane continuera d’accompagner la force conjointe africaine
Pour le moment, les soldats de la force Barkhane restent sur place. Ils devraient même, pour le chef de la diplomatie française, accompagner la future force conjointe des pays du G5 Sahel jusqu’à ce que «la situation soit pacifiée» dans la région.

«Le G5 Sahel c’est un bataillon par pays avec un niveau d’équipement encore faible. Il faut l’aider à monter en puissance», a indiqué Jean-Yves Le Drian dans un entretien au Monde.

«Cette force est d’abord destinée à sécuriser les frontières, surtout dans les zones où évoluent les groupes terroristes. Elle fait du contre-terrorisme. C’est une priorité pour Barkhane de l’accompagner dans la durée», a-t-il tenu à rappeler avant le lancement de la force conjointe africaine.

Jean-Yves Le Drian précise également que les questions de développement et de droits de l’Homme restent «essentielles», même s’il n’en est pas fait étalage pour raison «d’efficacit黫On ne peut imaginer régler la crise au Sahel uniquement par l’action militaire», a-t-il conclu.

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