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Mali : le nouveau danger, c’est la « question peulh »

S’il y a un danger qui guette aujourd’hui le Mali en particulier et le Sahel en général, c’est l’émergence de ce qu’on appelle désormais la « question peulh », venue se greffer à la « question touareg » née en 1963 à cause de l’amalgame entre la communauté touareg et l’irrédentisme embrassé par certains touaregs.

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Dans son étude intitulée « Centre du Mali : Enjeux et Dangers d’une crise négligée », l’éditorialiste et chroniqueur, Adam Thiam, explique que tout porte à croire que cette question est en train de naître, en ce sens que le fait que certains peulhs versent dans la lutte armée conduit à mettre à l’index toute la communauté. Outre le fait que les accointances entre Ansardine et la Katibat Macina insinuent l’existence d’un djihadisme à visage peulh. En conséquence, les relations entre la communauté peulh et ses voisins sédentaires s’en trouvent distendues (Kareri, Nampala, Bankass).

Des peulh crient à une stigmatisation de leur communauté et disent que les terroristes puisent des combattants dans toutes les ethnies, donnant ainsi naissance à un basculement dans la violence armée comme on l’a vu avec l’annonce pour le moins surprenante, le samedi 18 juin 2016, de la création du mouvement politico-armé Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ), dirigée par Oumar Aldjana.

Le danger, estime Adam Thiam, est que cette stigmatisation pourrait amener les Peulh à voir dans les terroristes, en plus des « groupes identitaires », des alliés qui donnent la protection, la justice. Mais, face au risque d’une radicalisation ethnique, il y a une mobilisation de la société civile peulh sur laquelle l’Etat pourrait s’appuyer pour ne pas avoir à gérer à la longue une rupture violente. Ces acteurs non violents, qui mettent en avant la nécessité de défendre les Peulh autrement, sont pour Adam Thiam une sorte de manne que l’Etat doit exploiter.

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