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Mali, de mal en pis

Tout part en vrille, commente un internaute choqué par le rapt de Sophie Pétronin, médecin française le samedi dernier à Gao, dans le nord du pays qui est devenu un no man’s land malgré la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali il y a de cela presque 19 mois. Au Mali, c’est presque devenu une routine : une mauvaise nouvelle en chasse une autre. Les travaux du Comité de Suivi de l’Accord (CSA) stagnent. Lors de sa dernière session, la Coordination des Mouvements de l’Azawad a, en effet, suspendu sa participation au comité.

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Les ex mouvements séparatistes de la Coordination des Mouvements de l’Azawad dénoncent « la démarche du gouvernement tendant à vider l’accord de son contenu en ne prenant que des mesures à sa seule convenance ». Les problèmes s’entassent ainsi dans la mise en œuvre de l’accord : conflits entre groupes armés, l’ineffectivité du cantonnement des groupes armés et leurs désarmements, non effectivité des patrouilles mixtes, non mise en place des autorités intérimaires, … La communauté noire Kel Tamasheq aussi grogne et crie à l’exclusion. « Nous pouvons aussi prendre les armes mais nous voulons la paix. Le jour où nous allons prendre les armes, ce sera difficile, car nous avons compris que celui qui ne prend pas les armes, qui ne peut pas voler et faire le bandit ne peut rien obtenir des autorités de ce pays », a indiqué le Professeur Inamoud Ibny Yattara et leader de la communauté noire Kel Tamasheq qui présidait une Conférence internationale sur la sécurité communautaire la semaine passée à Bamako.

L’insécurité a atteint son paroxysme. Les bandits armés et les terroristes se baladent, sans crainte, sur l’ensemble du territoire. Plus d’une cinquantaine de communes n’ont pu voter lors des élections communales de novembre passé. La nouvelle trouvaille des narcoterroristes : vider les prisons de leurs occupants ( Banamba et Niono). Le pays tout entier est tout simplement sous la coupe réglée des terroristes. Et à l’orée de la nouvelle année, les réfugiés maliens vivotent encore dans les camps de réfugiés.

A Bamako, les autorités maliennes apparemment dépassées par la situation chaotique du pays s’évertuent à créer d’autres mecontents. En effet, le gouvernement malien qui a échappé à une motion de censure de l’opposition est toujours au centre d’une polémique débutée à la suite du communiqué conjoint relatif à la coopération sur la migration qu’il a signé le 11 décembre 2016 avec l’Union Européenne. Et les Maliens de l’extérieur et des hommes politiques continuent à réclamer les têtes du ministre des affaires étrangères et celui des maliens de l’extérieur.

Ne serait-il donc pas temps de chercher une solution commune à la crise malienne qui s’enlise ? L’ex Premier ministre Soumana Sako et président de la Cnas Faso Hèrè préconise la convocation, à la place de la conférence d’entente nationale prévue par l’accord, d’un congrès extraordinaire du peuple malien avec toutes les composantes politiques, civiles et sociales pour convenir d’un nouveau contrat social, d’une refondation démocratique de l’Etat malien. Cela est, aussi, depuis fort longtemps, le vœu des partis politiques de l’opposition qui demandent la tenue d’une large concertation nationale.

Peu importe l’appellation, il est temps que les Maliens se mettent ensemble au chevet du Mali pour stopper l’hémorragie au risque que le malade ne perde la vie.

Madiassa Kaba Diakité

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