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Mahmoud Dicko, Président du HCI : Seigneur d’un pays, saigneur d’un peuple

Le président du Haut conseil islamique (HCI), l’imam Mahmoud Dicko, a bel et bien prononcé une fatwa contre le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme. Me Mamadou Ismaël Konaté est présumé emprunter la prochaine charrette gouvernementale.

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Le ministre de la République pris à partie au dernier meeting du président du Haut conseil islamique n’est autre que Me Mamadou Ismaël Konaté en charge de la Justice et des Droits de l’Homme. L’imam Mahmoud Dicko lui reproche d’avoir voulu diviser les religieux et qualifie son attitude de “malhonnête” (sic). Un crime de lèse-majesté en République du Mali.
De toute façon, Me Mamadou Ismaël Konaté ne serait pas la première victime du président du Haut conseil islamique du Mali. Il vous souviendra cette dispute médiatique entre Daniel Tessougué, un honnête magistrat, alors procureur général près la Cour d’appel de Bamako, et l’imam Dicko à la suite de laquelle le premier a perdu son poste.
Après l’attaque terroriste contre l’hôtel Radisson en décembre 2015, l’imam Dicko avait en effet qualifié les terroristes d’envoyés de Dieu pour laver les péchés humains. Une déclaration perçue comme une insulte à l’intelligence humaine par l’opinion publique et en premier lieu par Daniel Tessougué, reprochant à Mahmoud Dicko de faire en l’occurrence l’”apologie du terrorisme”.

Première baguette de fer de l’orchestre IBK
Cette réflexion a coûté son poste à M. Tessougué. Il a été relevé quelques jours après. Tout comme Daniel Tessougué, les observateurs sont unanimes là-dessus : Me Mamadou Ismaël Konaté ne devrait pas voir son nom sur la prochaine liste des membres du gouvernement. C’est l’imam Dicko qui semble avoir encore le dernier mot.
C’est sous le régime actuel que les autorités publiques sont laissées à la merci des autorités religieuses. Sous le régime ATT qui l’a mis en place, l’unique bataille gagnée par le Haut conseil islamique était celle menée contre le code des personnes et de la famille.
Ce combat, malgré les écarts de langage de certains prêcheurs, a été gagné par Mahmoud Dicko et ses compagnons dans le plus grand respect. Et le Haut conseil islamique ne s’était pas encore immiscé ouvertement dans la gestion des affaires publiques.
L’immixtion prononcée des religieux dans les affaires politiques du pays trouve son origine la déclaration du président de la République qui venait d’arriver au pouvoir. Le chef de l’Etat nouvellement IBK demandait aux leaders religieux de le rappeler à l’ordre à chaque fois qu’ils le voyaient se tromper de combat. Le Haut conseil islamique ne se fait pas prier pour appliquer à la lettre ce blanc-seing pour ne pas dire décret présidentiel.

Dily Kane

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