Madar : les opérateurs économiques dénoncent une concurrence sauvage: On le voit partout. Sous forme de savon liquide ou en poudre. Même sous forme d’eau de javel. Partout, et moins cher que ceux produits au Mali.

Madar, puisque c’est de lui qu’il suscite la colère des opérateurs économiques maliens ; lesquels ont, déjà, saisi le ministère de l’Economie et des Finances. Mais aussi, les services de douane où, les produits « Madar » semblent passer. Comme lettre à la poste. Sans payer ni les droits et taxes requis, ni la TVA.

« Nous sommes presque en cessation d’activités Nos stocks s’accumulent à cause de « Madar », vendu deux ou trois fois moins chère que nos produits. Car, son importateur ne paie ni la TVA et presque rien à la douane », nous confie un opérateur économique, en montrant ses magasins, à la zone industrielle.

A l’en croire, sur chaque Kilos de savon en sachet, vendu à 250 CFA sur le marché, Madar ne paie que 30 CFA comme droits de douane.

Autrement dit, indique t –il, sur ses récentes importations d’une valeur de 441 millions CFA, le représentant de Madar, au Mali, n’a payé que 31 millions CFA au cordon douanier.

Plus grave, ajoute a t –il, il ne paie pasla TVAqui devrait lui coûter, au moins, près de 200 CFA par bouteille vendue.

« Comment pouvons –nous nous en sortir avec une telle concurrence déloyale, entretenue par nos autorités », s’indigne un autre opérateur économique, rencontré à Djélibougou.

Fabriqué au Sénégal par H2 D industrie SA, les produits « Madar » cristallisent la colère des opérateurs économiques. Mais surtout, celle des travailleurs de certaines unités industrielles de la place.

Il y a deux semaines, ils envisageaient de marcher sur le département de l’Economie et des Finances. Objectif attirer l’attention des autorités sur la concurrence déloyale que ce « produit sénégalaise livre à ceux du Mali.

Avec la complicité tacite, disent –ils, des services de douane. Pour recouper nos informations, nous avons tenté de rencontrer l’importateur de Madar Au Mali.

En vain. Ni lui, ni ses collaborateurs n’ont souhaité s’exprimer.

Pour les opérateurs économiques maliens, cette situation ne peut continuer. Les producteurs maliens de savon et autres détergents sont sur le point de mettre la clé sous la porte.

« Si le gouvernement ne prend pas les mesures idoines pour mettre fin à cette concurrence déloyale, nous allons prendre des actions énergiques contre Madar. Car, nous n’accepterons pas de voir nos industries mourir, sans réagir », avertit un opérateur économique malien, les yeux rouges de colère.

Nous y reviendrons !