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Lutte contre la corruption des fonctionnaires: l’office central donne le ton

Quelques jours seulement après avoir été renvoyés dans l’exercice de leurs fonctions, les membres de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) semblent décider à remplir leurs missions dans le cadre de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite. Dans ce cadre, à la suite des ministres et des hauts fonctionnaires qui étaient seuls concernés jusque-là par la déclaration de biens, les hauts fonctionnaires sont appelés à leur emboîter le pas. Ils ont jusqu’en fin août pour s’exécuter, sous peine de se faire contraindre par les méthodes les plus énergiques.

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Et ce ne sont pas les moyens de coercition qui manquent, puisque, selon le président de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) « le fonctionnaire assujetti, qui manque à cette obligation, doit être révoqué de ses fonctions et être interdit d’exercer les fonctions d’assujetti pendant cinq ans ». En aval, la loi prévoit des peines d’emprisonnement allant jusqu’à cinq ans, plus la saisie de biens pour les fonctionnaires reconnus corrompus.
De prime abord, l’on ne peut que saluer ces mesures du gouvernement malien que l’on pourrait aisément classer dans le cadre de l’assainissement ou de la moralisation de la vie publique. L’idée, en elle-même, est donc bonne, car cela participe de la bonne gouvernance. Surtout quand on sait les méfaits de la corruption sur les fragiles économies africaines ; toutes choses qui rebutent les bailleurs de fonds à y injecter de l’argent alors qu’elles sont déjà sous perfusion.
Créé en septembre 2015, l’OCLEI est composé de douze personnalités comprenant de magistrats, auditeurs, policiers et gendarmes, inspecteur des impôts et représentants de la société civile. Sa mission est de collecter les informations sur les patrimoines et revenus légitimes des fonctionnaires, détecter un enrichissement illicite au cours de leurs carrières et saisir le cas échéant le procureur.
Invité du journal télévisé de 20 h dans un passé tout récent, le Président de l’OCLEI, M. Moumouni Guindo, s’est voulu rassurant quant au besoin et l’opportunité de la création d’une telle structure pour lutter efficacement contre l’enrichissement illicite au Mali. C’est un magistrat convaincu du bien-fondé de sa mission qui s’est adressé aux téléspectateurs de l’ORTM pour égrener un chapelet de bonnes intentions et de stratégies que sa structure entend mettre en place pour traquer les sangsues de la République.
C’est un secret de polichinelle que la corruption est présente dans notre pays et dans toutes les sphères de l’Administration et dans tous les segments de l’économie nationale. Ce qui fait que l’écrasante majorité des Maliens continue de subir de plein fouet les effets dévastateurs de la corruption, de plus en plus impuissants et de plus en plus sceptiques quant aux capacités actuelles de la société à combattre ce fléau.
Mais lorsque la corruption prend des proportions telles qu’elle risque de freiner la croissance économique et de contrarier les efforts accomplis en vue d’instaurer une bonne gouvernance, elle entraîne la dégénérescence générale du tissu social. Obstacle au développement durable, la corruption peut éventuellement aggraver les disparités économiques et favoriser la criminalité organisée.
Voilà pourquoi le dossier de la corruption fait partie aujourd’hui des principales préoccupations des pouvoirs publics à l’échelle nationale, car ses répercussions dramatiques sur le développement économique et ses effets corrosifs sur la stabilité politique et les institutions démocratiques sont devenus de plus en plus évidents.
L’avènement de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite et l’ultimatum de son président participent certainement de cette volonté politique de lutter contre ce problème. Il s’agit désormais d’amener les fonctionnaires vers une grande transparence, l’obligation de rendre des comptes, l’amélioration de la gestion des ressources humaines dans l’administration publique basée sur un système méritocratique qui sont autant de principes d’action qui, mis en œuvre, permettent en toute évidence de réduire les opportunités de corruption.

Par Mohamed D. DIAWARA

 

Source: info-matin

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