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Litige foncier à Djicoroni-Para : Une famille installée depuis 39 ans sans toit désormais

Le litige foncier opposant les héritiers de feu Soma Samaké à ceux de feu Yacouba Bengaly depuis plusieurs années a atteint une nouvelle phase ce jeudi 16 février.

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Très tôt, dans la matinée, sous la direction de l’Huissier Me Sékou Amadou Touré, il a été procédé à la démolition d’un pan de la concession qu’occupent les héritiers de feu Yacouba Bengaly. Toutes les deux parties se défendent d’avoir raison.

L’émotion était grande en cette journée de jeudi 16 février dans la famille Bengaly à Djicoroni Para. Très tôt le matin, un pan important de leur concession a été détruit par des bulldozers. Sur les lieux, les images des mûrs effondrés s’offrent aux regards des piétons, motocyclistes et usagers de la voie. Des boutiques pleines de marchandises de quincaillerie, de pièces détachées, il ne reste plus rien. Il n’y reste que de ruines. Assis devant leurs boutiques, les commerçants, yeux hagards, cherchent des réponses en vain. Sous le coup de l’émotion, ils parviennent à peine à expliquer ce qui leur arrive. Dans un effort surhumain, Makan Samaké, propriétaire d’une quincaillerie qui a été détruite lâche quelques mots. «J’ai été surpris ce matin en arrivant de voir que ma boutique a été démolie et aucune marchandise n’étaient là. On m’a dit que, lors de l’opération de démolition, on a fait sortir ma marchandise pour la déposer dans la rue. Des personnes en auraient profité pour se servir. Une perte que j’estime à quelques 9 millions de francs CFA….» (chut ! impossible pour lui de continuer). Il a les yeux pleins de chaudes larmes. Autour de lui, d’autres propriétaires de boutiques qui vivent le même chagrin. Et, pourtant, ils ne sont pour rien dans ce malheur qui leur arrive. Ils sont des victimes collatérales d’un conflit foncier qui oppose leur bailleur à d’autres personnes qui réclament la propriété du terrain sur lequel ils sont installés. En entrant dans la concession pour aller chercher les réponses de cette démolition, il faut d’abord franchir un tas de gravas. L’émotion dans la cour est insoutenable. Les femmes qui y sont écrasent des larmes. La vue de l’état de la maison qui appartenait à leur défunt père et qui les a vu naître ne les laisse pas de marbre. Elles se soutiennent entre elles.

Selon Youba Bengaly, jeune frère du défunt Yacouba Bengaly, son frère a acquis ce lot avec le défunt Soma Samaké dans les années 78. A l’époque, c’était un bas-fond, il a nous fallu faire des travaux avec le Génie militaire pour pouvoir y construire». Mais, depuis cinq ans, les héritiers de feu Soma Samaké revendiquent la propriété de ce terrain dit-il. Un tiraillement qui a conduit les deux parties devant les tribunaux et, ce, depuis 5 ans. Selon Youba Bengaly, les différentes grosses fournies jusque là étaient en leur faveur à l’exception de celle qui a été fournie dans la matinée du jeudi pour procéder à la démolition. «Nous ne savons pas dans quelles conditions cette grosse a été obtenue; car, en ces derniers temps, nous n’avons pas participé à des jugements nous donnant tort», affirme-t-il. Si la rue adjacente doit être démolie ; car, faisant partie de la voie publique, leur lot qui est, selon notre interlocuteur, le A1 sur les différents documents de lotissement de la Mairie de Commune IV, bel et bien valable et appartient à son frère, dit-il catégoriquement. Joint par nos soins, l’Huissier, Me Sékou Amadou Touré, avoue détenir plusieurs grosses dont une provenant de la Cour Suprême l’instruisant de procéder à la démolition. Selon lui, la famille Bengaly ne détient aucun acte de propriété sur le terrain en question. Chose que nous n’avons pas pu vérifier sur le terrain, puisque le Représentant de la famille Bengaly, qui vit à Kalaban, ne l’avait pas sur lui au moment de notre passage. Selon l’Huissier, cet espace est géré par la Mairie centrale et non la Mairie de la Commune IV.

En attendant qu’ils se retrouvent certainement devant les Tribunaux à nouveau, les propriétaires des boutiques ne savent plus à quel saint se vouer. Affaire à suivre !

Mohamed Dagnoko

Source: LE COMBAT

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