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Liberté d’expression au Mali: le dérapage de trop !

La liberté d’expression au Mali est un droit consacré par la loi fondamentale du Mali, mais dans le strict respect de la loi : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion, d’expression et de création dans le respect de la loi », article 4 de la Constitution du 25 février 1992. Cependant, au mépris de cette loi, la liste des victimes de cette liberté d’expression s’allonge au point que bon nombre de Maliens se demandent aujourd’hui où mettre de la tête. La liberté d’expression consacrée par la Constitution est-elle absolue ?

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Actuellement, au Mali, les débats autour de la révision constitutionnelle, qui divisent les Maliens entre le OUI et le NON, débordent dans tous les sens. Il est finalement donné à n’importe qui le droit de manquer du respect à n’importe quel Malien sans qu’aucune poule n’en soit incommodée, débordant toutes les limites d’un Etat de droit. Et pourtant cet État de Droit que tous revendiquent est un État fondé sur une Constitution garantissant à chacun la liberté par le libre jeu de l’équilibre des pouvoirs et du respect des lois.
« Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres », apprend-on en leçon de morale dès le fondamental.
Certes, la libre de communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme, tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. Mais à la faveur de ce droit, abusivement usé par certains, il est devenu presque quotidien de voir des ‘’atteintes à la vie privée et au droit à l’image d’autrui’’ ; des propos d’incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse’’… des ‘’propos diffamatoires et injurieux’’, etc.
Quand des énergumènes se permettent publiquement de demander à un chef de l’État démocratiquement élu de ‘’quitter le pouvoir’’, avant les termes de son mandat, fixé par la loi, il y a lieu de s’interroger.
Nous savons que la seule voie démocratique pour un chef d’État de quitter le pouvoir est celle définie par la Constitution du 25 février 1992, fondement de l’Etat de droit du Mali. En effet, en cas d’empêchement définitif (lire article 36 de la Constitution de février 1992), que la seule voie pour réélire un nouveau chef d’État est celle des urnes (article 30).
Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, on y trouve toutes sortes de débordements : si ce n’est pas le président de la République, c’est un responsable religieux qui essuie la colère des internautes.
Pour le Président Ibrahim Boubacar Keita, le plus ciblé d’ailleurs, la cause du dérapage est purement une éducation ratée. À ce niveau, la responsabilité des parents est clairement en jeu aujourd’hui.
« Quant à la faveur de la démocratie, on se croit permis de manquer de respect à tous et à toutes ; à toutes et à tous ; de n’avoir d’égard pour rien ni pour personne. C’est d’abord la preuve d’une éducation qui n’a pas été. C’est clair. Donc, nous devons nous interroger en tant que parents, profondément », a souligné le Président IBK, lors de sa réponse aux vœux des forces vives de la Nation à l’occasion de la fête de l’Aïd-El-Fitr, à Koulouba.
Jusqu’où ira cette anarchie ? Les autorités sont aujourd’hui vivement interpelées, car la nation tout entière ne peut continuer à pâtir de l’irresponsabilité de quelques insensés.
Ailleurs, la justice n’hésite pas à faire son travail. On se rappelle, dans ce cadre, que le 18 mars 2015, le Tribunal de grande instance de Paris a condamné l’humoriste Dieudonné à deux mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir fait publiquement l’apologie d’acte de terrorisme, sur sa page Facebook officielle. Ce jugement a été confirmé par la Cour d’appel de Paris dans une décision en date du 21 juin 2016.
Au Sénégal voisin, la chanteuse sénégalaise Amy Collé Dieng a été interpellée, jeudi dernier, à Dakar, suite à la diffusion d’un enregistrement audio, dont l’origine demeure inconnue, où elle critique le président de la République Macky Sall.
La chanteuse de « mbalakh » Amy Collé Dieng, qui était toujours en garde à vue pour « offense au chef de l’État » et « diffusion de fausses nouvelles », devrait, lundi dernier, être déférée, selon des sources concordantes.
En cause, un enregistrement diffusé quelques jours plus tôt sur des sites d’informations sénégalais, dans lequel la chanteuse déclare : « le chef de l’État est un bandit froid, un manipulateur qui emprisonne les innocents et est prêt à tout pour garder le pouvoir ». « J’appelle les Sénégalais à se lever contre la tyrannie du président Macky Sall », poursuit-elle dans le document.
Combien de fois, ces genres de propos ont été tenus, ces derniers mois, contre le régime et la personne du Président IBK ? En tout cas, si l’on ne prend pas garde, ce droit fondamental, qu’est la liberté d’expression, est en train de déraper, et risque de conduire notre pays à une destination incertaine.

Par Sidi Dao

 

Source: info-matin

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