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Lettre ouverte au Capitaine Sanogo

L’évidence  nous révèle  que depuis des années la gouvernance au Mali est  calquée sur un modèle de jeu de Ping- Pong entre nos leaders politiques. La concentration du pouvoir et la gestion des organes de l’État par des individus  soucieux de  leurs intérêts communs,  est la triste réalité. Le pays fut la non seulement proie d’une gestion calamiteuse, le  manque d’éthique, mais aussi bien l’épicentre de la corruption.

Mr Sidy Danioko

Au regard de tous ces maux, votre sursaut dans la gestion du pays fut salutaire et bien reçu par la majorité de la population. Suite à   vos discours  époustouflants sur la   bonne gouvernance, la justice sociale  beaucoup se dressèrent au gardez-vous pendant que  d’autres  demeurèrent méfiants pour la lutte d’une ère nouvelle.

Cependant, le Mali reste malade et les maux tant décriés par vos soins existent, nonobstant votre prise du pouvoir par la force. Au fil des jours, nous constatons toujours la corruption à  tous les  niveaux de l’État, aussi bien que l’incurie et l’incompétence des dirigeants militaro-politiciens. Les convulsions sociales et militaires continuent de persister. Le pays en un temps record est mis sens dessus dessous. Les droits fondamentaux, humains et démocratiques sont toujours violés et foulés à terre. Clanisme, népotisme et nominations gratuites dénoncés par la junte au lendemain du coup, font toujours le trait de l’armée malienne. Manifestement, les différents comportements de l’armée fendent le crane du peuple malien. En effet, au lieu de se lancer dignement dans la reconquête  du Septentrion  malien, le citoyen lambda se questionne sur le  rôle  réel de notre  armée.

Cette armée s’octroie illégitimement  aujourd’hui des missions qui ne lui ont jamais été assignées par la Constitution : arrestations arbitraires, menaces à la quiétude du peuple, humiliation de toute personne qui critique ou s’oppose aux idées de l’armée, nominations gratuites des officiers supérieurs… De surcroît, l’armée chamboule tout sur son passage. Elle fait les choses suivant ses intérêts, son  gré ou son bon plaisir. Elle se croit au-dessus de la loi. Un tel acte n’est qu’un appel au prétorianisme et donne raison aux partenaires internationaux que l’armée doit impérativement regagner les casernes.

Mr Sanogo,  bien vrai que depuis un bout de temps,  vous vous présentez en chantre de l’anti-corruption, de la justice sociale et le redressement de la démocratie et celui de l’État, la majorité de vos décisions et actes nous prouve le contraire aujourd’hui. Ce qui se passe actuellement au Mali est inacceptable et écœurant. Rien ne va ! La situation est chaotique et déconcertante.  Malgré tout, l’armée est toujours en fuite.

Dans ces conditions, est-ce que le peuple malien doit réellement compter sur son armée ? Surtout dans un monde imprévisible où des menaces asymétriques prennent naissance ou se développent de façon continue et imprévue ?

Mon Capitaine, vous ne serez jamais en mesure de redresser la démocratie si vous ne respectez les principes de la démocratie. Reconnaissez  qu’une démocratie ne peut se maintenir ou se redresser que si  ses piliers fondamentaux, comme la liberté d’expression, de mouvement et le respect des droits fondamentaux de la personne humaine sont respectés  aussi par les gouvernants et les gouvernés  et cela y compris l’armée. Surtout comprenez qu’une démocratie ne peut réussir que  si l’institution militaire se mette  à la disposition et au service   des autorités légitimes et de son peuple.

Indiscutablement, le peuple malien se réveille. Même si c’est à pas de caméléon. La chanson deRoberto Magic System et la résistance à la  tentative d’arrestation (sur des bases non fondées) deMadame Maiga Sina Demba témoignent que le réveil du peuple est en gestation. Car, il a assez attendu. Il a assez avalé  les  discours creux et démunis d’engagements. Le peuple malien est las de se voir comme la victime de la musculature de son armée. Honte à l’armée !  Et le peuple se rend compte chaque jour du caractère ni révolutionnaire, ni réformateur du coup d’État du 22 mars. Tout n’est que faux-semblant. Mais tout ressemble à une pièce de théâtre entre les militaires et les partis politiques. En plus, le peuple malien est fatigué des tiraillements entre les militaires. Au lieu d’une guerre entre bérets verts et rouges, le peuple attend une lutte contre les bérets  du désert.

Comprenez que de nos jours, on ne peut plus se faire valoir par la force, ni se faire respecter par le bout de la baïonnette. Comme le dit un adage célèbre, «  le pouvoir se sert de la baïonnette, mais le pouvoir ne s’assoit pas sur la baïonnette ».  L’heure n’est plus à ça. L’homme moderne a besoin d’actions pour se faire respecter. Ainsi les valeureux militaires, comme le General Soumaré, Diby Silas Diarra, Thomas Sankara nous reviennent à l’esprit à cette occasion, afin de vous donner des conseils d’outre-tombe sur  le rôle du militaire envers son peuple. Comprenez que le  moyen le plus fort pour  vous et l’armée de redorer le blason est la reconquête du nord pays. L’heure est grave ! Le peuple malien n’est plus intéressé par des critiques à l’endroit des précédents régimes. Donc, pour éviter d’être sur le banc des accusés de l’histoire, vous devez  vous  souvenir de vos missions régaliennes  et ses multiples percepts :

1- Vocation et vision vont ensemble et de façon très harmonieuse.

2- A chacun sa mission ! Il revient au politicien de faire de la politique, à l’enseignant d’enseigner, à l’étudiant d’étudier, au comédien de faire de la comédie,…. et au soldat d’être au front,…

3- La reconnaissance de notre mission personnelle n’a nullement besoin d’une révélation divine. Bien qu’elle puisse se présenter sous plusieurs formes, notre mission personnelle  doit se caractériser d’un idéal à suivre,  un objectif à atteindre, et un amour fort et solide pour ce que nous aspirons.

4- De la magnitude et la véracité de notre mission peuvent générer un sentiment de peur,  d’espoir et d’enthousiasme. Malgré le profil confus de notre mission, nous ne devons en aucune manière se départir de nos taches patriotiques.

5-Bien vrai que la traversée  puisse souvent apparaitre avec des hauts et des bas, la mission doit être continue, incontournable et intransférable a quelqu’un d’autre.

6- Être fidèle à notre mission n’est qu’un des moyens les plus nobles pour nous faire une sagesse de l’âme qui servira de source pour des décisions dignes de notre image Il n’y est plus de respectable et digne que de suivre notre propre mission. L’accomplissement de notre mission nécessite un engagement total et inconditionnel, qui ne peut s’effectuer que par amour de la dite mission. Ainsi, nous devons garder jalousement notre passion et continuer à la chérir  car elle pourra être source de grandeur.

7-Malgré la nature de notre mission, nous ne devons ni nous en démarquer, ni chercher du secours. Nous devons toujours suivre notre vocation, c’est la voie de l’honneur.

Manifestement, l’inventaire des différentes éventualités dans le cadre de la libération du nord nous rassure que le sort du Mali est dans ses propres mains. Du moins, Je dirais dans les mains de l’armée malienne après une déception infligée par L’ONU au peuple Malien, qu’allez-vous faire maintenant ?  Surtout que vous aviez tant crié  sur tous les toits afin d’avoir des soutiens ?

Au-delà de tout cela, il est important que vous vous rappeliez de ce que vous aviez promis au peuple. Ne soyez pas un habitué du pouvoir,  car il est faux et dissuasif. Et vos frères d’armes qui ont mal compris cette notion et tenu mordicus aux attributs du pouvoir,  ont soit terminé minables ou y ont péri. Les exemples les plus récents sont ceux du General ATT, Lieutenant-colonel Mamadou Tanja, Capitaine Moussa Dadis Camara, General Robert Gue, et le General Moussa Traore. Surtout, évitez de passer du soldat glorieux au soldat déchu ! Évitez de passer du soldat quasi-unanimement célèbre au soldat polémique ! Élevez-vous sans vous évader. Restez le soldat victorieux en vous illustrant dans la défense nationale, le bonheur du peuple et le salut de la république.

Mr Sanogo, l’armée doit  libérer nos terres car le peuple malien l’entretient et la  paye pour la défense nationale, non pas pour renforcer la complaisance de l’uniforme.Sachez que cette guerre n’est nullement  une simple guerre mais une guerre qui doit être vue à sa qualité intrinsèque. Une guerre qui servira à renforcer sinon ré-établir la grandeur du Mali, aussi bien une guerre qui sera vue comme une base pour la restitution des droits de l’individu et la remise au respect des valeurs et de la dignité de notre très cher pays. Non loin aussi, une guerre de domination ou un coup d’arrêt a aucune ethnie vers son épanouissement et ses moyens de progrès. Mais, cette guerre doit surtout être une guerre contre la demande d’Independence d’une minorité face à une majorité sédentaire non avisée et  ni consultée.

 Sidy Danioko

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