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L’Etat-HCI : Qui détient le pouvoir ?

Deux positions divergent quant à la résolution de la crise. Si l’Etat prône la guerre, le Haut Conseil Islamique s’agrippe à la négociation. Un mouvement religieux qui pèse lourd dans un Etat laïc.

Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali.

La crise actuelle que vit le Mali l’a transformée en une nation de bazar. Un trouble par le biais duquel les rôles des composantes de la nation ont été mélangés.  Par la faiblesse des institutions de la République, le politique, le syndicat, les associations, les religieux ont oublié leur zone d’intervention. Chacun veut  peser lourd dans la gestion des affaires de l’Etat.

A la recherche de la résolution  de cette crise, le premier ministre Cheick Modibo Diarra, avec la bénédiction du président Dioncounda Traoré, a pris son bâton de pèlerin au nom du Mali, pour la recherche de l’aide étrangère. De la CEDEAO, l’Union Africaine à l’Organisation des Nations Unies en passant par la France, Cheick Modibo Diarra a sollicité l’intervention des troupes étrangères sur le sol malien en vue de recouvrer l’intégrité territoriale du pays. Cette nouvelle position de dernière minute, résulte de la limite de la négociation qui était la solution proposée par les organes de transition.

Dioncounda Traoré l’avait toujours prôné depuis son retour de Paris. Lors de sa première adresse à la nation, il l’a dit. Lors de son discours à l’occasion de la célébration du 52e anniversaire du Mali, il l’a répété. Les trois positions alternatives du Mali, c’est la négociation avec les occupants des 13 cercles qui composent les 2/3 du Mali. Et la guerre n’est envisageable qu’au cas où la négociation et le dialogue n’aboutissent pour la  résolution de la crise.

Pourquoi a-t-il quelques semaines plus tard renoncé à la négociation au profit de la guerre ? Diverses thèses ont été avancées : La peur de la Cédéao, les risques d’un embargo etc.

Mais cela s’est avéré nécessaire, vu la situation délétère que nous vivons aujourd’hui.

Ça ne va pas réellement dans les territoires occupés mais aussi au sud, à cause du retrait des ONG, projets et la suspension des aides des partenaires techniques et financiers. Dans les 13 cercles occupés, de nombreux déplacements de populations sont enregistrés. Ceux qui sont restés sur place sont sous le poids des terreurs inhumaines.

Cette position de l’Etat n’est pas restée sans soutiens, parmi lesquels celui de la Coalition pour le Mali. Elle s’est penchée pendant deux jours, le 3 et 4 octobre, sur la résolution de la crise à l’Hôtel de l’Amitié. Les témoignages des ressortissants du nord prônent majoritairement pour une intervention militaire. Ne connaissent-ils  pas mieux la situation que ceux qui se sont approprié la scène depuis le 22 mars?

L’adversaire de l’intervention militaire persiste.

Le Haut Conseil Islamique, de par sa position, s’oppose à toute intervention militaire des troupes étrangères sur le sol malien. Au moment même où le premier ministre Cheick Modibo Diarra était devant l’assemblée générale de l’ONU à New York, le président du Haut Conseil Islamique, Mahmoud Dicko et sa suite étaient en conclave pour dégager leurs appréciations quant aux modalités de l’application de la Charia au Mali. A leur sortie, la négociation était toujours leur alternative pour la résolution de la crise. Dicko a promis d’aller une fois de plus (n’ayant pas pu le rencontrer à la 1èretentative) à la rencontre du chef d’An Sardine, IYAD Ag Ghali, dans l’unique but de le convaincre par le dialogue. Or, ce qu’il oublie,  c’est qu’An Sardine n’est pas le seul maître des territoires occupés. Le MUJAO quant à lui reste toujours agripper à l’application de la Charia sur l’ensemble du territoire. Va-t-il  aussi aller convaincre ce mouvement ? Qui vient d’appliquer un des pires actes de cruauté, la semaine passée, en exécutant publiquement un citoyen à Gao et d’autres qui ont subi encore des coups de fouet, cette fois  à Douentza.

L’impossibilité de recouvrer l’intégrité du territoire malien par le dialogue est notoire. Mais le Haut Conseil Islamique insiste. Pour quelle raison ?  Par les privilèges que l’Etat et les rebelles lui accordent ?

Ce mouvement religieux semble être l’adversaire de l’Etat dans cet imbroglio. Dans un pays laïc et démocratique, la dernière décision revient à l’Etat et doit s’imposer à tous.  Chacun doit s’investir pour le Mali et rien que pour le Mali, en laissant de côté les petits intérêts égoïstes.

Mais les institutions de l’Etat sont toujours contestées. Et elles sont prêtes à renoncer à tout bout de champ quand une petite menace plane contre elles. Pour preuve, l’affaire du code de la famille et des personnes en dit long.

Boubacar Yalkoué

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