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Les fameuses familles fondatrices de Bamako : quelle utilité ?

Les fameuses familles fondatrices de Bamako : quelle utilité ?

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La légende veut qu’aucun malien ne soit exclusivement originaire de Bamako la capitale malienne. L’histoire acceptée par tous fait des familles Touré, Dravé et Niaré les fondatrices de la ville de Bamako.

Les différents pouvoirs maliens ont chacun accordé un poids et une place aux trois familles fondatrices. Elles sont consultées, entretenues et invitées souvent au palais de Koulouba. A quoi servent-elles dans le débat public ? Sont-elles légitimes ? Ces questions relevant de l’intérêt général ne doivent pas être enfuies dans le brouhaha des salamalecs ambiants nourris par la gourmandise et la cupidité.

Les plus grandes théories comme les meilleures stratégies ne sont jugées que sur leurs champs d’application. Le résultat   vécu est le seul critère de choix capable de les juger.

l’impact des familles fondatrices de Bamako est-elle nulle, néfaste ou positive?

Penchons-nous sur la représentativité  des familles fondatrices de Bamako.  Les Touré, Dravé et Niaré sont très loin d’être majoritaires à Bamako. Si aucune statistique ethnique n’existe pour trancher sur la question, Bamako accueil aujourd’hui tout le Mali.  Les Guindo, Maiga,  Coulibaly, Keita etc… se retrouvent dans toutes les sphères la société bamakoise. Dans une parfaite symbiose, les bamakois font l’histoire de la capitale sans considération d’une quelconque chefferie traditionnelle des familles fondatrices de Bamako.

En dehors de l’exposition cathodique dont elles bénéficient, on voit très peu le rôle de ces familles dans la vie de Bamako. Elles n’ont aucun poids sur le quotidien des maliens en général et des bamakois en particulier. Peu de malien pourront vous citer un seul prénom de ces familles. Les maliens les découvrent à la télé et plus précisément à Koulouba lors des fêtes. Elles se rangent systématiquement derrière le prince du jour.  Pour quel but et pour quel profit?

De la même manière qu’il devient urgent de faire un audit du rôle des leaders religieux, il faut auditer les familles fondatrices de Bamako auxquelles on attribue une influence. Cette influence est-elle assise sur un socle social pertinent ou tout simplement sur la paresse intellectuelle et l’ignorance collective ?

Si dans les faits les familles fondatrices sont un lobby à la solde de ceux qui les entretiennent, il faut opérer une scission entre leurs rôles coutumiers stricte et la gestion des affaires du pays.

Ils ne doivent pas influer sur des décisions de portée nationale sous prétexte qu’ils sont descendants de trois familles immigrées ayant précédées les autres sur les bords du Djoliba. La descendance ne peut plus être un critère de qualité pour dominer les autres. L’un des problèmes majeurs des maliens provient des privilèges donnés par la descendance. Karim KEITA le député et fils du président en est la parfaite illustration. Il faut pouvoir en tirer toutes les leçons.

Selon nos informations, les familles fondatrices auraient le pouvoir de recommander des personnes à des fonctions financièrement juteuses.

Elles constitueraient également une barrière entre certaines personnes et la justice. Il est temps d’en finir avec nos traditions qui cultivent la fainéantise et qui constituent des facteurs de régression sociale. Nombreux politiques se soumettent à ces familles. Elles échangent leur influence contre des consignes de vote. Si on regarde de près, les familles fondatrices de Bamako ressemblent au lobby religieux gangreneux.

Si nous faisons un constat  de notre histoire post indépendance, nous nous rendons compte que les pouvoirs successifs ont tissé des liens obscurs avec les chefferies traditionnels. En tant que nation, sommes-nous représentés ? Avons-nous une visibilité sur les allers et venus à Koulouba ?

Le Mali souhaité par cette génération de progressistes ne peut se payer le luxe d’entretenir les fastes d’un groupuscule au nom d’un équilibre sociale qui n’existe que dans nos pensées d’idéalistes.

La réalité est que nous reconnaissons des pouvoirs à ceux qui n’ont aucun mandat, nous oublions de monter la garde pour surveiller ceux qui ont nos mandats et nous sanctionnons les pauvres victimes collatérales des décisions de nos détenteurs de pouvoir.

Pour rêver et vivre d’illusions, il faut  pouvoir s’endormir or le sommeil est or de prix dans l’espace malien. Il semblerait que les aient pris la décision de ne plus être de simples consommateurs. Si les familles fondatrices de Bamako souhaitent avoir de l’influence sur les décisions de la nation, qu’elles postulent aux mandats de député ou de maire.

 

Elijah De BLA

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