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Le tort et/ou le talon d’Achille du pouvoir d’IBK

Achille était une Excellence de son ère, un seigneur confirmé et surtout un chef de guerre qui perdait rarement. Hélas ce grand guerrier sera vaincu curieusement et définitivement. Dès le berceau, sa mère l’avait trempé dans un liquide pour le rendre invulnérable oubliant toutefois et malheureusement le talon, partie par laquelle elle tenait son fils. C’est par cette partie qu’est arrivée la défaite mettant tristement fin à une série de triomphes.

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En effet, une balle, disons une flèche larguée par son propre camp l’atteint au talon. Depuis l’affaire est entrée dans la légende. C’est ainsi qu’on a oui dire : le talon d’Achille, le talon d’Achille… même quand il s’agit d’une toute autre raison de disgrâce.

Quel est alors le talon d’Achille du pouvoir d’IBK ?

Son Excellence IBK le sait lui-même. Ce Chef sait bien que ses vrais combattants, ses fantassins d’antan sont loin de lui aujourd’hui et ce, par sa propre faute. Les vrais animateurs de ses campagnes pour les présidentielles de 2013, ceux-là qui se sont battus avec leurs propres moyens et qui ont mobilisé les masses des villes et des campagnes sont oubliés sinon simplement écartés. Impossible pour eux d’approcher leur idole d’hier à laquelle ils ont tout donné. Eux pensaient le connaitre nonobstant qu’un homme est et restera toujours ‘’un inconnu connu et un connu inconnu’’. C’est lorsqu’un homme a le pouvoir, et l’argent que les gens le connaissent réellement. Est-on dans cette hypothèse ? Dans tous les cas, IBK a carrément oublié ceux qui le soutenaient depuis 1998. Qui l’eut cru ?

Trois ceintures l’entourent aujourd’hui :

Sa famille, curieusement certains de ceux-là mêmes qui l’ont chassé de l’ADEMA et quelques rares camarades qui lui ont servi de fusible à un moment donné. Ce n’est pas étonnant. Car des hommes sont comme le feu qui brûle ceux qui l’approchent. Jugez-en vous-même par ces démissions en cascades sur la colline du pouvoir, nid du pouvoir malien.

Dans ces conditions, les élections de 2018 pointent à l’horizon. Les thuriféraires et les griots circonstanciels parlent déjà de victoire sûre pour X ou Y comme s’ils étaient dans les secrets de Dieu.  Ces hâbleurs savent pourtant que les voies de Dieu sont impénétrables.

Dormir sur ces lauriers de petites routes goudronnées à l’intérieur du pays et ces saupoudrages à Bamako est l’erreur fatale. Laissez-les, ces gens qui rappellent l’histoire des deux compagnons et l’ours. En effet, « deux compagnons pressés d’argent », voulurent vendre la peau d’un ours encore vivant mais qu’ils tueraient du moins à ce qu’ils dirent… On connait la suite de cette histoire. On le leur concède car le rêve fait partie de la vie.

Ceci dit, tout pouvoir fabrique ses mécontents dont certains, bousculés par le poids des frustrations, se complaisent dans une situation dirimant d’ordre établi qui à son tour, lui succède par la force des choses. Cette situation appelée désordre par certains est considérée comme quelque chose de normal par des sociologues dont le Français Georges Balandier qui dira en substance dans son célèbre ouvrage ‘’Pouvoir sur scène’’ : « Les gens pensent à tort que le désordre est le contraire de l’ordre. Effectivement, les deux sont comme l’avers et l’envers d’une pièce de monnaie, deux faces opposées dont l’une au regard du sens commun, apparait comme le contraire de l’autre. Mais le désordre n’est pas le contraire de l’ordre. Au contraire, il contribue à l’améliorer ».

La nature veut toujours d’un pouvoir parce qu’une société sans pouvoir est inconcevable. Mais, faut-il le rappeler, tout pouvoir par ses erreurs et excès prépare sa chute. C’est en cela que les Marxistes disent en substance : « Tout système de production produit une classe dominante et en même temps crée les conditions de l’émergence des forces opposées qui prennent le pouvoir dans la phase suivante ». L’on n’est peut-être pas pour le moment dans cette hypothèse mais n’oublions jamais : « Les exactions, les condescendances insolentes, le népotisme, le copinage, le fait de prendre les biens de l’Etat pour les siens… obligent les frustrés à s’unir afin de multiplier leur chance de succès face aux défis à eux imposés ».

On ne saurait terminer sans rappeler ceci aux déçus du régime : «  Nul ne saurait rire s’il est incapable de verser une larme ».

Naré Makan Keïta

Le Pays

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