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Le MNLA: Quoi en échange de discussion?

Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), vous connaissez, hein ? C’est ce fameux groupuscule de rebelles, pardon !, de bandits armés qui rêve d’arracher l’indépendance de l’Azawad.Le MNLA est le digne héritier de ses défunts ancêtres sécessionnistes de 1963, de 1990 et de 2006 dont les soldats maliens n’ont eu aucun mal à botter copieusement le train. Il caresse le noble projet de venger ces gens passés entre les vigoureuses mains du capitaine Diby Syllas Diarra et compagnie.

Voyons, dès l’abord, ce que représente le territoire revendiqué par les bandits.

De mémoire d’historien, l’Azawad n’a jamais dépassé la dimension d’un terrain de football.Il s’agit, en réalité, d’une zone de pâturage au large de Kidal, où paissent les troupeaux des bergers nomades. Prend-on les armes et massacre-t-on à tour de bras pour conquérir une zone de cet acabit ? A supposer que l’Azawad puisse constituer le territoire d’un Etat, il vit, depuis 1960, dans le giron malien; pour devenir indépendant, une règle démocratique élémentaire exige que ses populations soient consultées. Or en cas de référendum, ce bout de  terre n’a aucune chance de suivre les bandits dans leurs lubies sécessionnistes: il est peuplé à 90% de populations noires très attachées, comme vous et moi, à leur identité malienne. C’est d’ailleurs pourquoi le MNLA, quoique fort bavard, ne parle jamais de référendum mais plutôt de « négociations » (nuance !)…

Si l’Azawad devait un jour obtenir l’indépendance, il va falloir vite apprendre à son peuple à survivre sans eau potable et, surtout, à transformer le sable du désert en couscous !

Soit dit en passant, les crottes de chameau permettent de faire bouillir le thé de contrebande, mais ne procurent pas un carburant suffisant pour extraire le pétrole que l’on croit tapi dans le sous-sol local. Mais peut-être que le fantomatique « gouvernement transitoire » du MNLA a la solution du problème, lui qui manie si bien l’épée.

En fait d’épée, il y a lieu de souligner la récente déculottée subie par les troupes du MNLA.

Les braves compères avaient cru, en janvier 2012, embobiner les islamistes d’Ansar Dine et les narco-trafiquants  d’AQMI dans une histoire d’indépendance. C’est le contraire qui s’est produit: une fois conquises ensemble les régions du nord-Mali,les barbus d’Ansar Dine et d’AQMI n’ont rien eu de plus pressé que d’inviter, à coups de gourdins, les indépendantistes à aller développer leurs fumeuses théories ailleurs. Depuis cette sanglante mésaventure, les chefs du MNLA ont trouvé refuge tantôt dans des hôpitaux burkinabè, tantôt dans des hôtels mauritaniens. Quant aux combattants du mouvement, ils sont désormais réduits à vivre de petits vols à main armée près des villages de leur belle république azawadienne. On peut souhaiter meilleure fin, n’est-ce pas ?

Maintenant que le MNLA se trouve en déroute militaire sur le terrain, il veut se reconstituer en force politique.Et « négocier » avec le gouvernement du Mali. Mais « négocier »quoi, au juste ? Là est le débat. Tout négociant ou marchand doit avoir quelque chose à proposer à la clientèle. Or le MNLA n’a strictement rien à vendre; c’est un  marchand sans  la moindre marchandise. Pas de territoire, pas d’otages, pas même de tapis ! Des marchands comme ceux-là on les chasse du marché en période normale mais comme les temps ont cessé d’être normaux depuis la fuite nocturne du « Vieux Commando » de son palais, il faut envisager tous les scénarios, y compris les plus inimaginables. Alors oyons un peu ce que le MNLA, à défaut de marchandise, veut« négocier » avec nous.

Ses responsables, sur les ondes des radios internationales où ils semblent avoir élu domicile, laissent entendre que désormais, ils ne cherchent plus l’indépendance de l’Azawad mais plutôt « l’autodétermination ». Comme je ne comprends pas bien français, j’ai jeté un coup d’oeil au « Petit Larousse ». Surprise: ce dictionnaire définit l’autodétermination comme le « libre choix du statut d’un pays par ses habitants ». Quelle différence donc entre« indépendance » et « autodétermination » s’il demeure toujours question de « pays » (autre que le Mali, bien sûr), de « libre choix » et d’« habitants » (autres que les les Maliens)? Les gens sensés sont bien obligés de déduire de la définition ci-dessus que le MNLA, en jouant sur les mots, veut nous vendre du vent. Eh oui! Le vent qu’Allah donne gratuitement à toutes les enfants d’Adam !

Comme ils savent qu’il reste chez nous quelques esprits qui refléchissent et que cette affaire d’autodétermination ne prospérera pas, les leaders du MNLA gardent une carte de « négociation » sous le coude:  ils proposent de joindre leurs combattants aux nôtres pour libérer le nord de l’emprise des barbus islamistes. Ils enveloppent cette gentille proposition de toute la mayonnaise voulue en rappelant qu’ils connaissent le désert mieux que nos soldats, qu’ils parlent les langues locales, sont mieux aguerris, et patati et patati ! Là aussi, ils tentent assurément de nous faire prendre leurs verruespour des grains de beauté. En effet, s’ils avaient l’art et les moyens militaires qu’ils prétendent, pourquoi ont-ils réussi l’exploit de se faire botter par les barbus armés? Pourquoi ne sont-ils pas arrivés, seuls, à se maintenir dans la « République de l’Azawad » qu’ils avaient proclamée ? Nous ont-ils consultés au moment de former leur« gouvernement transitoire » ? On voit, même sans lunettes, que le MNLA joue avec nous à l’attrape-nigauds. Oubliant que de père en fils, depuis Soundjata, les Maliens sont malins !

On m’écoutera si on veut: le MNLA ne vaut plus rien et n’a rien à négocier.

A défaut de marchandise à vendre, il joue simplement au magicien et veut nous éblouir par des tours de prestidigitation. Il n’a surtout pas de combattants plus terribles que les nôtres : comme les nôtres, les siens ne sont toujours pas revenus de leur « repli stratégique » devant l’ennemi! Ce que cherche vraiment le MNLA, c’est de profiter d’une éventuelle table de discussions pour réintégrer, avec des grades de colonels, nos armées et nos administrations, de refaire la pluie et le beau temps avant de reprendre les armes dans 2 ou 3 ans. Le Premier ministre Cheick Modibo Diarra a tort de penser qu’il faut négocier avec le MNLA et non avec les islamistes. Peut-être que cet éminent astrophysicien garde, malgré les apparences, encore un pied sur la planète Mars mais nous autres, Terriens du Mali, savons qu’on négocie avec quelqu’un qui détient quelque chose et non avec un marchand d’illusions.Si négociation il y a, c’est avec les islamistes qu’il faut la mener car c’est eux qui occupent nos territoires. Ces barbus parlent, certes, de charia mais si tant est que nous partageons le même Dieu, le même Prophète (psl) et la même Qibla, nous pourrons toujours nous entendre. Quitte à pardonner quelques mains coupées et quelques têtes lapidées…

 

Tiékorobani

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