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Le Mali à vau-l’eau : IBK, un homme seul

Après trois ans et demi d’exercice du pouvoir, le président Ibrahim Boubacar Keïta a montré ses limites s’il ne les a pas étalées, au-delà du Mali, à la face du monde entier. L’espoir placé en l’homme considéré, à tort ou à raison, comme étant le sauveur s’est estompé dès les premières  heures du régime, avant de fondre comme neige au bout de quarante mois. La République est devenue une véritable une pétaudière où chacun semble faire ce qu’il veut et où la famille est confondu à l’Etat. Le front social bouillonne. Les fronts politique et social aussi. L’insécurité endémique. L’économie morte. L’administration à l’arrêt. Le Mali se meurt. Pendant ce temps, les hommes de confiance, les camarades et alliés politiques ainsi que les soutiens du président brillent par leur manque d’inspiration et d’initiatives pour redresser la barre. IBK est esseulé !.

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Une indication : L’ancien Premier ministre Moussa Mara a profité de la troisième conférence nationale de son parti, Yelema Le changement pour dire que « le Mali ressemble à un avion où le pilote ignore sa destination ». Il est évident qu’il y a problème sous le régime IBK, ces propos de Mara indiquant que  le pays  va tout droit vers le gouffre.

Sans ambages, nous pouvons dire que le Mali est aujourd’hui une pétaudière. Chacun fait ce qu’il veut. Le  front social  est en ébullition à l’image des magistrats, des médecins et des greffiers qui viennent de boucler une série de grèves.

De son côté, l’opposition ne manque aucune occasion pour étaler son boulevard de critiques. Face aux différentes revendications et critiques, le président Ibrahim Boubacar Keïta ne dit mot, il reste silencieux et muet comme la carpe, parce que dépassé par les événements. Dans la gestion des affaires publiques, c’est l’échec. Parce que le président ne s’assume pas. Combien de ministres ont montré leurs  limites suites à certains dossiers brûlants ?

Des ministres ont été incapables de gérer le dossier du consulat de France où nos compatriotes se sont révoltés pour dénoncer les tracasseries et la lourdeur administrative. IBK s’est-il assumé ? Non !

Autre bourde, celle du ministre de la justice Mamadou Ismaël Konaté face à la grogne des magistrats. Il a manqué de pédagogie pour calmer les ardeurs. En déclarant ouvertement devant des syndicalistes que l’Etat n’a pas les moyens, ou bien qu’il recrutera d’autres magistrats , c’est verser de l’huile sur le feu. Parce que les magistrats ont conclu à un dédain ou à une mauvaise foi de la part du gouvernement. Durant des semaines, la justice malienne a été paralysée. IBK s’est-il assumé ? Non !

Pendant plus d’un an, le football malien a vécu une crise sans précédent qui n’a connu son épilogue ( ?) qu’avec l’implication du secrétaire général de la présidence, Soumeylou Boubèye Maïga. Le président s’est-il assumé ? Non !

Pourtant, nous avons vu tout près en Côte d’Ivoire que le président Alassane Dramane Ouattara ne badine pas avec les erreurs. Il a sanctionné partout où il y a eu des défaillances.

Par sa propre faute, le président IBK est abandonné, seul face au danger. Pourtant d’autres devront être là pour le soutenir et anticiper sur des sujets brûlants qui font lui l’accusé principal.

D’abord, il y a une  majorité présidentielle, qui ne fait rien concrètement pour accompagner IBK, si ce n’est les déclarations incendiaires du genre, « nous n’accepterons pas que IBK soit insulté », « il se présentera  pour un second mandat même s’il ne le veut pas ». Ces sorties folkloriques ne suffisent pas. Il faut des actes concrets.  Nous ne sommes pas encore en 2018, et pour y être faudrait-il qu’IBK ait un bon bilan..

L’analyse de tous ces paramètres conclut que les ministres, la majorité présidentielle et tous ces politiciens qui ont juré pour justifier leur loyauté envers IBK, ne sont là que pour leurs intérêts personnels. Ils doivent faire bloc derrière le président de la République et partager sa réussite ou son échec.

Voilà ce qu’a fait l’UMP en France où l’ensemble des candidats à la primaire, de Nicolas Sarkozy à Alain Juppé en passant par Bruno Lemaire et Nathalie Kosciusko, ont compris. Ils se sont mobilisés pour convaincre de la pertinence du projet de leur candidat à l’élection présidentielle François Fillon. Parce que celui-ci a été persécuté dans une affaire d’emplois fictifs dont il se serait rendu coupable.

Cet élan de solidarité devrait prévaloir autour d’IBK durant son premier quinquennat, un IBK laissé à son seul sort. Et il lui faudra des argumentations solides pour convaincre tous ces maliens déçus.

O. Roger Sissoko

Source: L’Aube

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