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Le grand paradoxe de la police malienne

Ailleurs, l’on vénère ses héros… On en fait des références et des icones pour les générations contemporaines et futures. A la police malienne, on les tue ! On les humilie… C’est certainement là l’origine de la décadence de ce corps.

Jadis, le Mali était le « Bolibana » de tous les bandits de grands chemins. C’est en effet là qu’ils terminaient tous leur course. Le phénomène était devenu légendaire au point que tous préféraient éviter ce territoire. Des noms les faisaient fuir : Commissaire Sylla, Commissaire Diouf (Paix à son âme) ; Inspecteur Baradji… Nous en oublions certainement ! La seule évocation de ces policiers de renommée éloignait la pègre.

 

Le phénomène n’est pas propre au Mali. Il est d’ailleurs si ancré dans les mœurs que les grands romanciers et cinéastes ont crée leurs propres héros en vue d’entretenir la perspicacité et la vertu dans leurs sociétés ; des personnages à l’image de «l’Inspecteur Derrick » ; « Lieutenant Colombo » ; « le détective Sherlock Holmes » ; «Hercule Poirot », etc. En somme, tous les pays ont leur héros dans leur domaine de compétence.

 

Au Mali, c’est avec fierté que l’on évoque le nom de certains généraux défunts ou encore en ce bas monde. Bref, le héros reste le dernier rempart de la société face à la décadence et à la perdition. Et ceux qui n’en possèdent pas les inventent.

 

Mais la police malienne n’a visiblement que faire des siens. Elle s’applique d’ailleurs, à l’image de Madame Amy Kane, à les détruire. C’est bien ce qu’elle tente de réussir en ce moment avec l’Inspecteur Divisionnaire, Papa Mamby Keïta. Nous n’avons pas la prétention de soutenir que cet homme est irréprochable ; mais force est d’admettre qu’il est parti pour être un héros national. Ce qui n’est pas le cas de Madame.

 

Le phénomène est propre à la police malienne. Ici, l’on déteste les bons ou ceux qui aspirent à le devenir. On adore par contre les cancres et les médiocres. Alors, seul moyen de survivre : faire le médiocre ou le cancre ; C’est bien ce qui paie.

 

Conséquences fâcheuses de cette posture désormais érigées en système au sein de la police malienne : les malfrats qui tremblaient à la seule évocation des redoutables enquêteurs ont désormais compris que le tout risque était d’ores et dé jà écarté. La police a cessé de faire peur. Pis, le flic est désormais devenu une cible pour la pègre autant que le citoyen lambda. Loin de nous un décompte macabre. Rappelons tout simplement que de nombreux policiers ont été agressés chez eux à domicile par des malfrats.  Un proverbe du terroir confirme bien un tel phénomène : « si tu abats ton méchant chien, il faudra craindre  que celui bon d’un autre te morde.

 

B. Diarrassouba 

SourceLa Sentinelle

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