Troisième jour de détention arbitraire de Boukary Daou. Alors que le ministre français de la défense fini sa mission au Mali pour s’envoler vers le Burkina Faso, ce vendredi sonne comme le troisième jour de détention arbitraire de notre confrère Boukary Daou, arrêté par des éléments en arme du capitaine Sanogo dans les locaux de son journal mercredi pour ensuite être amené dans les locaux de la sécurité d’Etat (SE). A cette heure impossible d’affirmer si le journaliste s’y trouve encore, les inquiétudes sont nombreuses.
Selon nos informations de source de l’Etat major malien, l’ordre de l’arrestation de Boukary Daou aurait été donné mercredi midi par le capitaine Sanogo en personne.
Le fondateur du quotidien “Le Republicain”, dans lequel Bouakry Daou est directeur de publication, Tiebilé Dramé, le Président du Parti pour la Renaissance Nationale a été également interpellé par la Sécurité d’Etat ce vendredi aux environ de 12H10. Il a depuis été quant à lui relâché dans l’après midi.
Notre dernier contact avec Boukary Daou date de mercredi après midi, par téléphone, ce dernier semblait serein, depuis plus aucune nouvelle du journaliste accusé par les putchistes d’avoir publié une lettre de protestation d’un Capitaine nommé Touré lequel s’indignait des avantages reçus par le capitaine Sanogo qui règne toujours en maitre à Bamako. BAMADA.NET vous propose en fin d’article l’intégralité de cette lettre.
A cette heure, aucune réaction de Bamako, silence total sur ce “rapt sauvage” de journaliste du président par intérim Dioncounda Traoré tout comme du premier ministe Diango Cissoko sans nul doute apeuré par le Capitaine Sanogo et sa bande d’hommes en armes qui sévit à Bamako depuis le coup d’Etat de mars 2012, plus apte à semer la terreur qu’à se battre au front.
Toute l’équipe de BAMADA.NET se joint à la famille du journaliste emprisonné et en appelle à la mobilisation générale pour la libération de notre émérite confrère qui jouit par ailleurs d’une image d’homme aussi intègre que professionnel.
La lettre ouverte au Président de la République :
Monsieur le Président,
Nous avons appris, pendant que nous mourons, nous, dans le grand désert, que le Capitaine Sanogo, pour avoir fait un coup d’Etat, et mis le pays dans la situation que nous connaissons, doit bénéficier d’un salaire de quatre millions. Et les autres de son groupe, c’est-à-dire son clan, qui refusent de venir combattre, bénéficient également des mêmes traitements. Nous ne comprenons pas cela et nous exigeons de vous, nous autres soldats de l’armée malienne des explications claires et nettes. Nous voulons savoir s’il faire un coup d’Etat pour être récompensé et reconnu comme bon soldat ? Nous n’accepterons jamais cela. Si cette décisions n’était pas annulée avant dans les deux semaines suivantes, nous cesserons, nous, c’est-à-dire moi et mes éléments, de combattre et nous sommes prêts à en subir toutes les conséquences.
Fait à Gao, le 1er mars 2013
Le Capitaine TOURE
Ib
Le capitaine Sanogo a donné l’ordre d’arrêter le journaliste Boukary Daou


