L’avenir du football malien : Entre inquiétude et consternation

L’immixtion de certains responsables fédéraux dans le choix des onze de départ, le manque de dialogue entre la Fémafoot et les joueurs par rapport aux primes de qualification, et l’incapacité notoire de tirer les enseignements des CAN Orange 2010 et 2012 sont les maux qui minent notre football. Cette situation provoque un énorme débat sur la capacité réelle de l’équipe de Hammadoun Kolado Cissé à diriger notre football.siege femafoot football

 Malgré la troisième place remportée par les Aigles face au Ghana,  nous ne devons plus enfouir la tête dans le sable. Nous devons regarder la réalité en face et se rendre à l’évidence que le Mali a échoué dans cette CAN Orange 2013. Cela nécessite une remise en cause de toutes les parties prenantes dans la gestion du football malien et à tous les niveaux.

L’histoire donnerait-elle raison à Alain Giresse? En son temps, l’ancien sélectionneur des Aigles  était libre de ses choix. Son refus catégorique de soumettre, au préalable, à la Fédération malienne de football sa liste des 23 Aigles avant toute publication lui a coûté son poste de sélectionneur des Aigles du Mali.

En quatre ans, le Mali, sous l’ère Hammandoun Kolado Cissé a limogé deux entraîneurs.

D’abord Stephen Keshi (actuel sélectionneur du Nigeria vainqueur de la Can 2013), celui-là même qui a infligé une correction aux Aigles en demi-finale de la CAN Orange Afrique du Sud 2013, a été viré après la CAN Angola 2010. Pour autant, Stephen Keshi a réussi partout où il est passé. Avec le Togo, il s’est qualifié en phase finale de la Coupe du Monde, Allemagne 2006. Et avec le Nigeria, son pays natal, il a réécrit de nouvelles pages de l’histoire du football nigérian en remportant le trophée continental. Ensuite, ce fut au tour d’Alain Giresse de faire les frais des autorités du football malien. Ce dernier avait déjà réussi à mettre en place une équipe des Aigles homogène et compétitive pour les joutes continentales. Il a été viré contre son gré pour sa « trop »grande personnalité dans le choix des hommes.

Avec Giresse, les Aigles n’avaient-ils pas les moyens de jouer la finale de la CAN Orange 2013 ou même de remporter leur premier sacre continental, si et seulement si la Fémafoot avait misé sur la continuité au-delà des considérations personnelles ?

Le débat est hélas inutile dans la mesure où les premiers responsables de la Fédération malienne de football n’ont cessé d’imposer leurs joueurs préférés à l’entraîneur Patrice Carteron. El Hadj Mahamane, Modibo Maïga et Mohamed Lamine Sissoko, j’en passe avaient-ils vraiment leur place dans cette équipe du Mali ? C’est cette question que bon nombre de Maliens se posent aujourd’hui.

C’est sans doute là qu’est la vraie faillite des Aigles du Mali à la CAN Orange 2013. Dans ce refus obstiné de ceux qui on en charge notre football d’admettre la gravité de la situation, les clignotants passent au rouge d’une Can après une autre. Au Gabon et en Guinée Equatoriale, les Aigles, sous la houlette du technicien français Alain Giresse, avaient laissé une très bonne impression. Il a été chassé sans raison valable.

N’est-il pas temps qu’on se donne la main pour le développement durable de notre football en mettant de côté la haine ? Et aux actuels dirigeants de la Fémafoot de se mettre en tête que l’équipe nationale reste et demeure ce qui unit tous les Maliens. Sa gestion ne doit donc pas faire l’objet de règlement de compte ni de favoritisme.

Mamadou DIALLO «Mass»,

Envoyé spécial en Afrique du Sud