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Kabako: Engrossée par son père

J’ai passé quinze années de vie commune avec mon premier mari. Nous avons eu deux filles de 19 et 14 ans. Après, nous nous sommes séparés. Je suis remariée quelque temps plus tard. L’homme que j’ai épousé en secondes noces a un garçon et une fille, âgés respectivement de 17 et 15 ans. Nous avons donc formé une famille recomposée. Naturellement, les débuts n’ont pas été faciles.

La séparation d’avec leur père a été un coup dur pour mes filles. Elles avaient du mal à accepter la situation. Si bien que la cohabitation avec les autres membres de la famille était un peu difficile. Tous les jours, c’étaient des disputes, des engueulades entre eux. Surtout, c’était difficile pour moi d’intervenir, puisque je ne savais pas ce que dirait l’autre s’il a l’impression que je privilégie mes enfants par rapport aux siens.

Je préférais donc lui laisser cette tâche, quelque fois avec beaucoup de peine. Mais c’était aussi le prix à payer. Dans une famille recomposée, il faut beaucoup d’amour et de patience. On se découvre en partageant le quotidien. Et parfois les manies des uns sont insupportables pour les autres, car ce sont des caractères différents, des besoins différents et pas toujours en adéquation. Il faut gérer tout ça.

Pourtant la maison était assez grande. Chaque enfant avait sa chambre. Croyant bien faire, mon mari a offert un ordinateur à chacun d’eux. De sorte que chacun avait sa chambre, son ordi, sa télé, avec plein d’endroits dans la maison pour être tranquille. Chacun était donc dans son coin. Ce n’était pas à mes yeux la meilleure façon de cultiver l’union au sein d’une maison en isolant les enfants.

Je l’ai fait savoir gentillement à mon mari en lui suggérant de créer des occasions de causer ou de sortir en famille. C’était difficile pour tout le monde, mais il le fallait. Je connaissais bien mes filles. C’était leur façon à elles d’exprimer leur mal être. Elles avaient du mal à trouver leur place, mais elles ne savaient pas le dire. Cependant, à force de courage et de patience, les choses ont fini, petit à petit, par rentrer dans l’ordre. L’ambiance s’est détendue quand les enfants ont appris à mieux se connaître.

Mes filles s’entendaient bien avec les enfants de mon mari. Au point où des fois, ils complotaient pour nous faire des farces. Nous vivions désormais une vie de quasi bonheur. Mon mari et moi avions des emplois qui nous épanouissaient. Bref, c’était une famille recomposée qui, aux yeux de nos familles et connaissances respectives, représentait le couple idéal. Avec ses hauts et ses bas, bien sûr. Mais nous étions heureux. Et c’était le plus important.

Seulement au bout d’un moment, j’ai constaté que mon mari avait commencé à avoir une attitude bizarre. Il y a des signes qui ne trompent pas. Je le soupçonnais de fréquenter une autre femme. Chose normale, diraient certains, vu qu’il existe très peu d’hommes qui n’ont pas de maîtresses. Je savais dans mon for intérieur que ça arriverait un jour.

Mais dans le cas de mon mari, je pensais plutôt que ça serait une aventure sans lendemain, une chose que je n’aurais jamais voulu découvrir d’ailleurs.

Au début, il me disait qu’il était heureux avec moi, qu’il n’imaginait pas me tromper, etc. Bref, j’étais plutôt occupée par l’éducation des enfants. Surtout que depuis un temps, l’aînée m’inquiétait par ses nombreuses sorties, malgré mes mises en garde. J’en ai parlé avec mon mari qui a trouvé que c’était normal pour son âge.

En fait, il était généreux et attentionné avec tout le monde. Il leur passait beaucoup de caprices et trouvait donc normal de laisser un peu de liberté aux enfants. Je n’ai rien vu venir.

Je n’aurais d’ailleurs rien vu de tout cela, si les choses étaient restées là. Mais voilà, ma fille est tombée enceinte ! Et ça a été la catastrophe. Car en plus de ça, elle ne voulait pas me dire qui était l’auteur de la grossesse. J’ai dû la menacer pour qu’elle m’avoue tout. Et là, c’était le scandale. Une énorme déchirure intérieure lorsque j’ai appris que c’était son beau-père ! C’est-à-dire, mon mari.

Je m’attendais à tout, sauf à ça. Elle m’expliquera que ses absences se justifiaient par le fait que c’était mon mari qui l’invitait discrètement. Ils se voyaient dans un hôtel, et ensuite ils rentraient séparément à la maison comme si de rien n’était…

Pendant trois jours, je n’ai pas cessé de pleurer. Et à force, les autres enfants ont compris ce qui se passait. Comme excuse, mon mari a dit qu’il regrettait ce qui s’était passé. Ses excuses ne faisaient qu’ajouter à ma colère.

Aujourd’hui, c’est vrai que j’écris avec un peu de recul. Car je suis passée par tous les mauvais sentiments : la colère, l’envie de divorcer, la haine, le mépris et j’en passe. En plus d’avoir été meurtrie par cette nouvelle, il fallait que je comprenne que ce n’était pas sa faute et que c’est parce qu’il aimait ma fille. Je devais comprendre par là qu’il n’avait pas l’intention de faire avorter la petite, comme je l’avais souhaité pour mettre fin à tout cela. Donc, je ne me voyais pas vivre sous le même toit avec les deux.

Nos parents, nos connaissances allaient penser quoi de tout ça, en plus de la différence d’âge entre les deux ? J’avais honte. Visiblement, ce n’était pas le problème des deux amoureux qui avaient choisi de ne pas voir la réalité en face. Et ça, je ne pouvais le leur pardonner. J’ai emménagé dans un appartement, avec ma deuxième fille. Toutes les nuits, je pleurais.

Jamais, je n’aurais pensé pouvoir pardonner un jour. J’avais le sentiment d’avoir été abusée. Après avoir longtemps hésité, j’ai rencontré mon ex-mari pour lui dire ce qui s’était passé. Ça a été un gros scandale et il a récupéré sa fille. Mais étant donné que la grossesse était assez avancée, on ne pouvait plus la faire avorter au risque de mettre sa vie en péril. Elle a accouché d’un petit garçon. Je me suis longtemps demandé si je pouvais aimer cet enfant et le considérer comme mon petit-fils.

Finalement, j’ai dû divorcer à nouveau après cet épisode douloureux. J’étais malheureuse. Je ne comprenais pas pourquoi le destin s’acharnait ainsi contre moi. Heureusement, dans cette épreuve terrible, j’ai eu le soutien du père de mes enfants. Il venait régulièrement me voir et prendre des nouvelles des enfants. Contre toute attente, ces événements ont fini par nous rapprocher.

Certes, il ne vivait pas seul. Mais déjà le fait de le voir ainsi me réconfortait. Et petit à petit, les choses ont été plus loin et nous avons repris. Tout est parti tout seul, quoiqu’après tant de souffrances, je n’envisageais plus de me remettre en couple. Mais aujourd’hui, les faits sont là. Et je ne peux pas les effacer d’un revers de la main.

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Gamil
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Mme votre histoire est très choquante socialement , mais que devenue le bébé et son père légal qu’à t’il fait et dit entre temps quand t’a repris avec ton EX après ton 2èm divorce !? Et ta fille qu’est-ce qu’elle devenue avec son bébé ?

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