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Intox et désintox: la surenchère

Jouant à l’arlésienne, la Plateforme ‘’An tè a bana’’, elle-même prise en otage par des politiciens aux motivations inavouées, excelle dans la récupération. Battue sur le terrain de l’argumentaire, elle joue à présent la carte de la surenchère et de la victimisation.
À l’INTOX de destruction massive, nous opposons la DÉSINTOX de construction massive.
Lisez les croustillantes PÉPITES de la semaine.

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L’arrogance
INTOX
Dans le Communiqué de la plateforme AN TE, A BANNA sur la tentative d’assassinat de Mamadou Kanté Dit “Madou Ka Journal” on peut lire : ‘’le chroniqueur Madou-ka-Journal est un des principaux animateurs du nouveau mouvement démocratique (…).

DÉSINTOX
Ainsi la Plateforme ‘’An tè a bana’’, dans sa toute-puissante arrogance, a décrété un nouveau mouvement démocratique ; le sien bien sûr. Qu’est-il advenu de l’ancien mouvement démocratique connu de tous les Maliens ? On ne le sait pas.
En tout cas, le jeu des mots est bluffant entre ‘’acteurs du mouvement démocratique’’ et ‘’animateurs du mouvement démocratique’’. Et c’est un jeune chroniqueur agressé qui sert de matière à cette prestidigitation qui amuse ou agace, selon que…
Ce qui est aussi évident, c’est que certains Maliens sont laissés sur la touche de la démocratie, parce qu’ils n’appartiennent pas à ce fameux nouveau mouvement démocratique sorti comme le lapin d’un chapeau. Ces gens sont alors des adeptes de la dictature, de l’autocratie… Parce qu’ils ont des avis divergents. Pour n’avoir pas cru un seul instant à la cause de la Plateforme ‘’An tè a banna’’, ils sont voués aux gémonies. Ils deviennent des pestiférés. Voici le comportement des animateurs du nouveau mouvement démocratique qui ont un besoin urgent de retourner sur les bancs de l’école de la démocratie. Car, une citation apocryphe de Voltaire dit : ‘’je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire’’.
‘’(…) qui s’oppose au projet de révision de la constitution initiée par le Président de la République’’. Ce n’est pas parce qu’on a pris une part active à la manifestation du 17 juin qu’on restera toujours opposé au projet de révision constitutionnelle initié par le Président de la République. Certains manifestants aujourd’hui, pour avoir été sommés de s’expliquer sur leur gestion des fonds du Sommet Afrique-France que notre pays a abrité pour la première fois le 3 décembre 2005, ont mis un coup d’arrêt brutal à leur idylle avec le généralissime Président de l’époque. Les mêmes ont renoué sans gêne, avec la coterie de l’époque et d’être balayés tous ensemble par des ‘’soudards’’ de Kati. Ces mêmes qui bêlent aujourd’hui, dans leur traversée du désert, s’affichaient aux côtés de l’actuel Président de la République. Comme avec ATT, qu’est-ce qui dit qu’ils ne retourneront pas leur veste et laisser les pauvres hères à leur triste sort ?

La légèreté
INTOX
‘’L’agression contre Madou-Ka-Journal survient dans un climat de haine et de surenchères verbales déclenché par le pouvoir et ses partisans contre les opposants à la révision constitutionnelle’’.

DÉSINTOX
Accusation trop facile ! S’il y a haine, surenchères verbales, il n’y en a que du côté de ceux qui croient en être victimes, de ceux qui invectivent dans la rue, de ceux qui créent de toute pièce un nouveau mouvement démocratique et ont peur d’aller au vote. Ce doit être d’ailleurs cela le label de ce mouvement démocratique d’éviter vaille que vaille les urnes. Climat de haine ? Non, il y a juste des gens étouffés par leur instinct grégaire et qui meurent d’envie d’invitation au banquet du consensus national, des gens qui ont un agenda politique inavoué, des gens qui veulent faire des manifestations d’organisations de la société civile la courte échelle pour accéder au pouvoir.
Climat de haine et de surenchères verbales ? Non, personne n’a jamais été empêché d’exprimer son opinion par le pouvoir comme l’attestent les marches et les conférences de presse en passe de devenir le sport favori des opposants à la révision constitutionnelle.

L’affabulation
INTOX
‘’Elle invite le président de la République à mettre fin à l’atmosphère de haine et de violence dont l’entière responsabilité incombe à ses partisans et à lui-même’’.

DÉSINTOX
Le rubicond est franchi. Le Président de la République et ses partisans sont ainsi les responsables d’un prétendu climat de haine. Mais n’ayons pas la mémoire courte : 5 directeurs de publication, parmi les journaux les plus influents de la place, ont été interpellés à Bamako, en plein jour, pour outrage au chef de l’État dans l’affaire dite de la ‘’maîtresse du Président’’. Ils ont été condamnés avec sursis, après avoir passé quelques jours au Lycée technique de Bamako-Coura. Pas une poule n’en a été incommodée.
Le lion sans queue de Dragon a été copieusement rossé sur les hauteurs de la colline Kati, sans que personne ne trouve à redire.
Le pouvoir d’alors l’avait voulu ainsi.
Pourquoi un autre pouvoir instruirait-il alors d’aller tirer nuitamment sur un chroniqueur que beaucoup de Maliens viennent d’ailleurs découvrir ? C’est du non-sens.
Quid des partisans du Président de la République ? Ils peuvent bel et bien animer un blog, sinon des blogs, pour véhiculer leurs messages, porter la contradiction. Ce n’est pas sorcier de le faire. Parce que nous sommes dans une situation d’opposition d’arguments. C’est la force de l’argument et non l’argument de la force, dit-on.
En définitive, même si la Plateforme n’accuse pas ouvertement le Président de la République et ses partisans de l’agression du chroniqueur et de toutes les supposées autres agressions, le rapprochement entre eux laisse fortement le croire. Or, elle avait promis de porter plainte contre X. Pourquoi ne pas laisser la justice faire son travail, elle seule qui est habilitée à situer les responsabilités ? Mais cela est au-dessus des forces des démocrates et républicains sélectifs qui s’arrogent le droit de juger et de condamner quiconque contrarie leurs desseins.

La victimisation
INTOX
‘’Ils s’évertuent depuis des semaines à diaboliser les opposants à la révision constitutionnelle en les présentant comme des apatrides et ennemis de la paix’’.

DÉSINTOX
Tout le monde n’est pas apatride et ennemi de la paix dans cette Plateforme ‘’An tè a banna’’. Loin s’en faut, mais certains le sont bel et bien. Certains sont bel et bien des diables à longue queue et à deux cornes, au regard du cynisme avec lequel ils appréhendent certaines questions d’intérêt national. Belzébul ne sera jamais l’ange Gabriel. Ce n’est ni le Président IBK ni ses partisans qui ont le don de transformer le cuivre en or. Chacun n’est que ce qu’il est et chacun doit s’assumer tel qu’il est. Il ne saurait être question de jouer la victime.

L’inculture
INTOX
Le confrère ‘’Le Pays’’ rapporte les propos de l’ancien Premier ministre Soumana SAKO, tenus lors de la Conférence de presse de la Plateforme ‘’An tè a bana’’ du mercredi dernier : ‘’c’est la toute première fois qu’on agresse quelqu’un pour des raisons politiques’’.

DÉSINTOX
Ça, c’est la totale. Personne n’a jamais été agressé au Mali pour des raisons politiques ! Allah Akbar !
Pour confondre le grincheux d’ex-PM définissons le terme agression, selon WikipediA : ‘’le terme agression dérive du latin adgredi signifiant « aller vers », « attaquer », « marcher de l’avant ». Le mot désigne d’une manière générale tout comportement, d’attaque ou d’opposition, non provoqué qui s’exprime avec violence et brutalité. L’agression peut être éventuellement précédée de manifestations de provocation, ainsi que résulter d’une action préméditée. En sciences sociales et comportementales, l’agression définit une atteinte à l’intégrité physique (agression physique) ou psychologique des personnes (agression verbale).
L’agression vise à causer des dommages ou instaurer une domination dans un contexte relationnel, social ou international. Le comportement défensif ou prédateur chez différentes espèces ne peut être considéré comme une agression dans un sens similaire du terme’’.
Zoro a-t-il une compréhension aussi large du terme ‘’agression’’ ? Assurément non, sinon il ne s’autoriserait pas à tenir de tels propos. Parce que si tant est qu’il désigne un éventail aussi large, il y a eu forcément agression pour des raisons politiques au Mali. Nulle mystification, les exemples pullulent. La plus parfaite illustration est l’exercice auquel se livre la Plateforme ‘’an tè a bana’’. À son accusation de ‘’surenchères verbales’’, il peut facilement lui être opposé une agression verbale du régime, de sa part, lors de ses marches et des conférences de presse qui sont de véritables tribunes d’invectives. Pas besoin d’aller chercher loin.
Et l’ancien Premier ministre Cheick Modibo DIARRA, est-ce de gaité de cœur qu’il a dû nuitamment rendre le tablier ?
Les exemples d’agressions physiques ne manquent pas non plus. L’un des plus célèbres est l’agression du Président de la Transition, Dioncounda TRAORE, dans son Palais à Koulouba, le 21 mai 2012, par une foule surexcitée qui s’opposait à son maintien au pouvoir. Ce n’est pas une agression pour raisons politiques ça ?
Pour ne rappeler que les cas les plus récents sur lesquels Zorro devient amnésique par la haine enfouie en lui contre le régime en place.

 

Source: info-matin

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