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Intox et désintox: in complot familier

En manchette des canards cette semaine, la conférence d’entente nationale précédée d’une surenchère, aux allures de complot contre la paix et la réconciliation, des mouvements armés et de l’Opposition politique aux abois et qui se cherche une issue de secours en déplaçant le débat sur le terrain d’un ‘’débat contradictoire’’ découlant d’une vision étroite avec la Majorité. Une opposition qui tente de se donner bonne conscience en pointant un doigt accusateur sur le régime et même la Communauté internationale.
Face à l’INTOX, nous vous proposons la DÉSINTOX.
Lisez les suaves PÉPITES de la semaine.

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La montre
INTOX
Chez le confrère RFI l’un des porte-parole de la CMA, Mohamed El-Maouloud Ramadane explique : « il y a eu des entretiens avec la médiation internationale, avec un rôle déterminant de la mission de l’ONU au Mali, la Minusma. Résultats : plusieurs compromis ont été obtenus ».

DÉSINTOX
C’est donc en fins manœuvriers que les responsables de la Coordination des mouvements armés (CMA) ont réussi à décrocher ce fameux compromis qui fout à la porte tous principes et au nom duquel tout est envisageable et faisable en République du Mali. Les pourparlers d’Alger avaient annoncé les couleurs, lorsque la CMA rejetait la forme laïque de la République pour finir par l’admettre, en sachant pourtant que cela faisait partie des points non négociables par le Gouvernement soutenu en cela, pour une des rares fois, par l’ensemble de la Communauté internationale. Le dilatoire ne s’est pas arrêté là, puisqu’après la signature de l’accord préliminaire du 25 mars, la CMA est revenue avec sous les bras, un mémorandum en 10 points rejetés autant par le Gouvernement que par la Plateforme. La Médiation internationale a abondé dans le même sens argumentant que lesdits points seront discutés au cours d’un dialogue inclusif inter malien devant aboutir à l’élaboration d’une Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation nationale. La politique de la montre a fonctionné à merveille hier. Il n’y a donc aucune raison qu’elle ne soit remise au goût du jour, au nom de l’inclusivité.

Le remake
INTOX
« Par exemple, explique toujours le porte-parole de l’ex-rébellion, la Conférence d’entente nationale qui a commencé le 27 mars n’est que le début du processus. Elle ne s’achèvera pas définitivement le 2 avril, il y a aura une autre respiration, un autre round de discussions ».

DÉSINTOX
C’est le remake d’Alger. D’Alger I jusqu’à Alger X qui a commencé à exaspérer autant les autres Parties (Gouvernement et Plateforme) que la Médiation internationale dont l’Algérie est le chef de file. Ainsi, après cette phase inaugurale, il va falloir s’installer dans une logique de rounds dont on ignore la fin parce que personne n’a pris la précaution élémentaire de mettre un garde-fou. À cause d’une fixation sur la participation des mouvements armés à la Conférence d’entente nationale, en parant au plus pressé, cet aspect est devenu secondaire. Pourtant, nul ne s’y méprend, la période intérimaire s’étale entre 18 et 24 mois. Le Mali ne peut plus s’offrir le luxe de palabres à n’en pas finir au regard du temps déjà consommé.
D’un autre point de vue technique, il est clair qu’en l’absence d’agenda, l’on s’engage dans un pilotage à vue, un laisse-guidon qui n’a jamais été une stratégie payante.
« Les ex-rebelles se disent satisfaits de ce qu’ils appellent le « nouveau format ».
Franchement ! Ce format est nouveau par rapport à quoi ? La fuite en avant a toujours été la pratique en vigueur au niveau de la Coordination des mouvements armés. Et c’est le cas avec la Conférence d’entente nationale qui se déroule en ce moment au Palais de la culture Amadou Hampâthé BA. Il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil ardent de Kidal. Il est tout à fait normal que les ex-rebelles se disent satisfaits des compromis trouvés qui sont en réalité leur arme fatale.

La redondance
INTOX
Un autre porte-parole a confié au Studio Tamani « Aujourd’hui un démarrage d’un train aussi important comme l’organisation de la conférence d’entente ne doit pas avoir lieu sans la CMA ».

DÉSINTOX
Bien dit, d’autant plus que la CMA est à l’origine de tout le bazar foutu dans la partie septentrionale du pays. Quand on a cassé, brûlé, pillé, poussé d’innocentes populations sur les routes, la logique voudrait qu’elle soit aussi présente au moment de la reconstruction et à toutes les étapes de cette reconstruction. Les propos tenus par cet autre porte-parole n’avaient donc pas de raison d’être.
Sournoiserie ou prise de conscience tardive ? En tout cas, tout le monde était convié au quai d’embarquement du train et la CMA a brillé par son absence, après avoir officiellement annoncé qu’elle ne prendrait pas part aux travaux, tout comme la Plateforme d’ailleurs qui est devenue son allié de circonstance.
« (…) Surtout que les préoccupations qu’on avait annoncées dès le départ, aucune d’elles n’a été prise en compte. L’élément essentiel, c’est le retour des réfugiés ».
Voici qu’on retombe dans la désinformation, l’intoxication de l’opinion. Excepté Tombouctou et Taoudénit, les autorités intérimaires ont été installées partout où cela était prévu. Et le blocage de leur installation dans ces deux localités est le fait de groupes armés satellites de ceux qui dénoncent cet état de fait. C’est la première contre-vérité.
La deuxième contre-vérité est que si les patrouilles mixtes du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) ne sont pas encore effectives à Tombouctou, elles le sont déjà à Gao. Il faut aussi rappeler que le retard pris dans le démarrage de ces patrouilles à Gao est imputable en grande partie à la CMA qui n’a pas fourni à temps la liste de ses 200 combattants lesquels n’ont pas non plus fait preuve de diligence pour rejoindre les éléments des FAMa et de la Plateforme.
Quant à opérationnalisation du MOC à Kidal, l’entrave est connue : ce ne sont que les Forces armées reconstituées qui y sont attendues aux termes de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger.
Relativement aux réfugiés qui sont devenus un véritable fonds de commerce, qui les a fait partir ? Ce sont les groupes armés qui s’affrontaient à tout bout de champ qui ont exacerbé leur pauvreté. Leur retour tient certes de la détermination des autorités, mais en priorité de l’installation d’un climat de sécurité.
« Alors comment est-ce que de dizaines de milliers de personnes qui vivent à l’extérieur, pouvons-nous avoir une conférence d’entente sans eux ? »
Il y a un véritable amalgame qui est sciemment entretenu par les mouvements armés autour de cette question des réfugiés qui fait l’objet d’une exploitation abusive. En fait, la manipulation a la vie dure chez les responsables de la CMA. Ce ne sont certainement pas ces réfugiés qui sont les mieux autorisés pour parler des problèmes de Kidal. D’autres sont allés se promener à Bruxelles au nom des populations de Kidal et surtout sans prendre leur avis. Ils se font recevoir à Bamako et s’entretenir aux frais de la princesse et ils trouvent cela normal, pendant que ceux qu’ils représentent (si c’est vraiment le cas), à force de tirer la queue du diable, ont fini par l’arracher. Ils n’ont plus de queue à tirer, probablement même le diable a détalé sans demander ses restes. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres et pas ceux qu’on soupçonne et qui font l’objet de dénonciations calomnieuses de la part des vrais rançonneurs.

La surenchère
INTOX
Sur MIKADO FM Mahamat Saleh Annadif, Chef de la Mission des Nations unies au Mali se dit « surpris par l’absence de la Coordination des Mouvements de l’Azawad à l’ouverture lundi à Bamako de la conférence d’Entente nationale ».

DÉSINTOX
Le Chef de la Mission onusienne est surpris par l’absence de la Coordination des mouvements armés de l’Azawad. Mais après quelques mois de présence dans notre pays, il aurait dû plutôt inscrire cela dans l’ordre normal des choses. Parce que s’il y a un domaine dans lequel excelle la CMA, c’est bien celui de la surenchère. Le boycott de la cérémonie d’ouverture de la Conférence d’entente nationale participait bien de cette stratégie : se faire désirer et monnayer sa participation aux travaux. Ce qu’elle a réussi de main de maître, puisqu’elle a décroché un compromis significatif qui lui permet de rester en droite ligne de sa vieille histoire d’amour qui conjugue les fuites en avant, les coups d’éclat et le chantage.

Le camouflet
INTOX
« Le chef de MINUSMA explique que le gouvernement malien avait pris en compte toutes les exigences de l’ex-rébellion touarègue avant la tenue des assises ».

DÉSINTOX
C’est un véritable séisme que cette révélation du Chef de la Mission onusienne (MINUSMA) pour les ex-rebelles de la CMA qui soutiennent qu’aucune de leurs préoccupations n’a été prise en compte. Ainsi, jusqu’à la dernière minute, la Coordination a continué à se payer la tête des Maliens, du moins ceux qui, de bonne foi, lui ont accordé le bénéfice du doute. Erreur monumentale, parce que quand on a acquis ses lettres de noblesse dans la propagande, on ne change pas de fusil d’épaule. C’est exactement ce que fait la CMA qui vient d’être rattrapée par ses mensonges éhontés. Au regard de cette révélation fracassante du Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, ce que mériterait la CMA, ce n’est pas un billet de sortie, mais un billet d’écrou. Mais, bon ! Au nom de la réconciliation nationale, elle peut obtenir l’absolution de ses fautes sans même se repentir. Parce que chasser le naturel, il revient au galop : les mêmes fautes seront commises par les mêmes responsables de la CMA.
« La mission onusienne qui a joué les bons offices entre les parties espère cependant que la CMA prendra le train en marche ».
Sans hâter le pas, elle a pris le train en marche. Mais sa participation n’est pas à hauteur des attentes. La CMA est la seule à ne s’être pas exprimé le mardi dernier sur les préoccupations des populations. Le seul prétexte ne pouvant être que la Commission préparatoire de la Conférence d’entente nationale ne s’est pas rendue à Kidal pour les recenser comme cela a été le cas dans les autres régions. Ce ne serait donc pas lui faire un procès en sorcellerie que de soutenir qu’elle ne participe que du bout des lèvres. Cela, quand bien même, le Gouvernement a pris en compte toutes ses exigences.

La crédulité
INTOX
Selon Rfi, « c’est d’abord un communiqué du haut représentant du président malien qui a annoncé la nouvelle : la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), l’ex-rébellion, s’engage à prendre part aux travaux de la Conférence d’entente nationale à compter de ce mardi ».

DÉSINTOX
Au regard de la participation mi-figue, mi-raisin de la Coordination des mouvements armés, aux travaux de la Conférence d’entente nationale, il est permis de se demander ce que vaut réellement son engagement. Elle n’a jamais brillé par son sens de la parole d’honneur. Néanmoins en annonçant qu’elle prenait part aux travaux, elle sera prise au mot par le Gouvernement, la Communauté internationale et même par l’ensemble de la population malienne exaspérée par une inconstance à n’en pas finir. Mais cela n’est certainement pas suffisant pour changer les vieilles habitudes de la CMA qui ont la vie dure.

Le discrédit
INTOX
Le Bélier en chef Tiébilé DRAME a twitté : « notre décision n’est pas liée aux positions des groupes armés. Relisez notre mémo pour améliorer les TDR de la CEN ».

DÉSINTOX
En choisissant la politique de la chaise vide, à un moment aussi crucial de l’histoire de notre pays, l’Opposition dite démocratique et républicaine se couvre de discrédit. Parce que la démocratie, c’est une diversité d’opinions. L’Opposition a les siennes et c’est à la Conférence d’entente nationale qu’il fallait aller les exposer devant l’ensemble des Maliens. Au lieu de cela, elle déplace le vrai débat qui concerne l’avenir de la nation en ‘’débat contradictoire’’ avec la Majorité, comme si la Conférence était une question de bord politique. Cette vision étroite découlant d’une haine viscérale envers un régime est pathétique.
Que la décision de l’Opposition de boycotter la Conférence d’entente nationale soit liée aux positions des groupes armés ou pas, cela n’engage qu’elle désormais. Les Maliens retiendront qu’elle a été incapable de tenir son rang devant l’histoire et devant la postérité. Voilà une autre tare dont elle aura du mal à se défaire.
Relire votre mémo pour enrichir les TDR ? Péché d’arrogance quand tu nous tiens !

Le canular
INTOX
Au cours d’une rencontre avec le Médiateur de la République, président de la Commission d’organisation de la Conférence d’entente nationale, le Chef de file de l’Opposition, Soumi Champion a déclaré : « je voudrais juste dire que, je vais vous convaincre d’une chose, nous aimons ce pays, nous sommes des patriotes et nous aussi, nous sommes dignes de passer à table ».

DÉSINTOX
Nuance Soumi. Une chose est de dire, une autre est de convaincre son interlocuteur, parce qu’a priori, il n’a aucune raison de croire ou de ne pas croire. Et plus important, c’est de le vaincre par la force des arguments. Or, là, manifestement, en fait d’argument on est présence d’une opération de rachat. Je suis un patriote et le papi va gober. C’est trop facile ? Oui ça l’est Soumi Champion, parce que le patriotisme ne se décrète pas, mais il se vit. Selon Charles De GAULE, « le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres ». En parlant d’amour, il est question de sentiments non palpables, invisibles, donc qui n’existe pas en dehors des actes concrets qui en témoignent. Dans cette affaire de Conférence d’entente nationale, on ne peut pas prétendre être un patriote et le boycotter. La meilleure preuve était d’y prendre part. Soumi et les siens ne l’ont pas fait et personne n’est obligé de prendre leur profession de foi pour argent comptant. C’est très simple : tu aimes ton pays, tu le prouves. Cela ne coûte pas les yeux de la tête. Mais quand on est aveuglé par une soif de vengeance, il est facile de passer à côté de l’essentiel.
« Mais Mesdames et Messieurs, à l’heure d’aujourd’hui, on n’a pas reçu d’invitation ».
.Etienne François de Vernage ; Maximes et réflexions (1690), ‘’les grands hommes ne sont pas toujours ceux qui ont moins de passions, et plus de vertu que les autres : ce sont souvent ceux qui ont le plus d’ambition, et qui sont plus téméraires, ou qui maîtrisent l’art de mieux dissimuler leurs défauts que les autres’’. Le Chef de file de l’Opposition s’est-il montré grand homme ? Pour une histoire de carton d’invitation, lui et ses amis décident de ne pas prendre part à la Conférence d’entente nationale. Non ! La mayonnaise ne prend pas. Ce carton n’est que le saule pleureur qui cache la forêt déboisée. En fait, avant même l’envoi de carton d’invitation, c’est l’opposition elle-même, dans une déclaration qu’elle ne participait à la Conférence, parce que tout simplement ses préoccupations n’ont pas été tenues en compte. Alors, pourquoi en vouloir à quelqu’un quand vous n’êtes pas conviés ?

« Tout ce qu’on fait, on vous écrit, nous écrivons à la Communauté internationale et personne ne nous répond. Personne ne nous répond ! Personne ne considère l’Opposition ! »
Là, il y a un sérieux problème. Que le Gouvernement et la Majorité présidentielle fassent preuve de mépris, soient atteints d’autisme. Passe. Mais pas la société civile et la Communauté internationale. À ce stade, l’Opposition devrait se poser les bonnes questions et chercher à savoir jusqu’à quel point elle est crédible ? Parce qu’il est évident que lorsque personne n’accorde du crédit à ce qu’on dit, c’est qu’on n’est pas crédible. Ce n’est donc pas la Communauté internationale ou la société civile qu’il faut mettre en cause, mais l’Opposition elle-même qui brille par une politique morbide. La crédibilité est comme un pot de terre. Lorsqu’il se casse, il ne se répare pas. De toute évidence, l’Opposition a galvaudé son capital de crédit aux yeux de tout le monde.
« Qu’est-ce qu’on a changé ? On ne fera pas la Charte. Vous vous associez à ce nouveau format ? »
Messieurs, libre à vous de prendre vos distances. C’est d’ailleurs ce que l’Opposition démocratique et républicaine au Mali sait le mieux faire. Quant à tenter de détourner les autres Maliens d’un Accord qui engage la vie de la nation, l’Opposition apporte de l’eau au moulin de ceux qui l’accusent de putschistes. Cela ne peut s’appeler autrement que de la sédition. On ne fera pas de Charte ? Oui, c’est la conséquence d’un compromis entre les Parties sous les bons offices de la Mission onusienne. L’Opposition, pour être conséquente, ne devrait rien trouver à redire puisqu’elle a jeté aux orties l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger dont découle la Conférence d’entente nationale qui débouchera sur une Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation. Le train est en marche et il passera par plusieurs gares. Elle peut donc toujours le prendre si tant est que sa destination est la paix et la réconciliation qui est l’aspiration profonde de la majorité de nos compatriotes.

 

Source: info-matin

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