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INTERVIEW EXCLUSIVE : « J’ai réalisé mon rêve en jouant à la biennale artistique de 2017 », dit le chorégraphe Sékou Kéita

De son nom complet Sékou Amala Keïta, le danseur chorégraphe malien et directeur artistique, est une figure qui compte. Directeur de Djata production, il a été celui qui a orchestré la prestation artistique durant le sommet Afrique France au Mali, sous les yeux des présidents africains. De cette expérience, en plus des aventures vécues en 2017, il n’a pas caché vouloir collaborer avec Alpha Blondy. Focus sur un entretien à cœur ouvert !

 

Justinmorel.info: Cet échange intervient en janvier 2018. Un an plutôt , il y avait le sommet Afrique – France où vous étiez au cœur de l’événement. Quelle appréciation avez-vous, une année après ?

Sékou Amala Keïta : Une satisfaction de participer culturellement et artistiquement pour promouvoir mon pays. Cet évènement est une marque de confiance à la nation car pas mal de choses se sont passées. Et le spectacle que j’ai proposé grâce au soutien de Madame La Ministre de la Culture du Mali, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, a permis d’afficher la cohésion du pays.

A titre d’information la création s’appelle « LE BOUBOU ». Elle a été jouée au Palais de la culture de Bamako en marge de l’ouverture du sommet. La 1ère dame qui était la marraine a tenu à ce que je le reproduise au dîner des chefs d’Etats à la Présidence. Ce n’était pas prévu pour des raisons de sécurité, de protocole enfin, il n’y n’avait pas de salle de spectacles mais de réception. On était une cinquantaine d’artistes, et tout s’est bien passé. Mon but était de toucher les Chefs d’Etats artistiquement, sans courir après qui que ce soit pour une production chez eux. 

Justinmorel.info: Moins de quatre mois ensuite, on vous retrouve aux Jeux de la Francophonie, où vous avez fait le buzz. Revenez sur cette excitante aventure …

Sékou Amala Keïta :Je remercie le bon Dieu car je ne m’y attendais pas. C’est par hasard que j’ai su qu’il y avait les Jeux même s’il faut avouer qu’il y a pas de hasard. Le comité d’organisation m’a fait savoir que la programmation artistique était callée. Par contre, mon dossier leur a plu, et ils ont décidé de me faire jouer hors compétition. C’est pourquoi j’ai pas été à l’ouverture et que j’ai illuminé le Palais de la Culture de Treichville à ma façon.

Le fait d’avoir été sur les ondes de la RTI au JT de 20h durant 15 minutes a permis d’attirer l’attention de l’opinion ivoirienne qui me découvrait. Finalement au lieu de 2 dates, Djata Production en a glané 4 au palais de la culture. Ça m’a permis de récidiver au mois de d’Octobre à l’Institut Français d’Abidjan. Et le public aime bien la diversité que je propose ce qui explique que des projets sont en vue dans les mois à venir. Au passage, je dis merci à la RTI, Radio Nostalgie, Top Visage et mon équipe D’Abidjan.

Justinmorel.info: Parlez-nous de votre œuvre le Boubou !

Sékou Amala Keïta : Sans trop de prétention on dirait que c’est une création car la terminologie « œuvre » c’est trop dire. Le Boubou est un habit commun à tous dans la sous région qui incarne une identité. Au delà de cette apparence noble-fière-clean, je tenais à montrer plusieurs aspects du Mali, de l’actualité , de ce qui s’y passe comme la guerre , le dérèglement climatique. Le Boubou comprend plusieurs facettes que je me devais de montrer qui s’apprécient quand on prend part à mes spectacles.

Il faut comprendre que je ne fais pas passer de message mais j’amène à analyser. Ma vérité n’est pas forcement celle des autres mais je vais avec mon temps, le temps présent . Le public a adhéré au BOUBOU car le spectacle existe depuis 2 ans et est demandé de plus en plus. Il évolue avec le temps et je m’améliore aussi . Le thème de la guerre est essentiellement abordé mais chez nous au Mali comme en Guinée , Côte d’Ivoire et d’autres pays ont assez de problèmes en commun. Vous l’aurez compris , le visuel compte énormément pour cerner une création .

A travers les pas de danse, la percussion a un son de mitraillette en réalité. Il y a aussi les Tamanis (tambours traditionnels) qui m’accompagnent, des instruments venant de la 1ère région de Kayes et avec le DJELIDON qui suit ça devient quelque chose de saccadé. On donne le sentiment d’être mitraillé en dansant car on parle de certaines réalités propres aux communautés pluriethniques.

Justinmorel.info: Pourquoi l’important rendez-vous culturel de la Biennale, a-t-il été un rêve d’enfant ?

Tout petit , mes parents voulaient que je sois ministre , directeur en tout cas un cadre de l’administration. La situation économique l’imposait à l’époque et embrasser la carrière d’artiste n’était pas facile. On était déjà dans les années 90 et j’ai eu la chance de croiser Nabou Diop. Il s’agit de la danseuse du mythique groupe TOUREKUNDA . Avec elle je me suis forgé et j’ai été compétitif dès le départ. Ce qui m’a permis de suivre les troupes artistiques de la Biennale du moment depuis le niveau des quartiers. Ensuite on avait les inter-quartiers et les régionales pour finalement être sélectionné au niveau national lors du grand moment , devant le Chef de l’Etat et toute la nation.

Ca été toujours mon rêve d’y participer mais la barrière des études et le milieu social d’alors me retenaient. J’ai donc été prêt sans y prendre part et lorsque j’ai participé à la dernière édition de Décembre 2017, vous ne pouvez pas imaginer mes sensations, car ce fut comme un rêve d’enfant. Il y avait toutes les régions et d’avoir Oumou Sangaré avec moi pour un featuring réussi ce n’est que du régal. Pas sur l’une de ses chansons mais en tant qu’artiste de compagnie de danse, sur d’autres créations mises à sa disposition pour les besoins du spectacle.

Justinmorel.info: A part vos activités personnelles, que fait votre structure Djata Production ? 

Sékou Amala Keïta : Depuis 2 ans ( fin 2015) , le groupe Djata Production existe. C’est dans la foulée du lancement de mon spectacle « Mali des Merveilles » qu’il a vu le jour. Le but était d’avoir une main mise sur la production de mes créations car pour attirer des sponsors c’est pas facile. Pour réunir des gens autours de soi , il faut avoir un cadre indiqué autrement dit une structure. On noue des collaborations avec d’autres artistes afin de produire leur clips vidéos et organiser des spectacles vivants. Voilà en fait, le Djata Prod Inside.

Justinmorel.info: Après une année 2017 réussie , quels sont les projets de cette année qui commence ? 

Sékou Amala Keïta : A partir du mois de Février, on sera au Festival de Ségou (plus grand événement culturel du Mali). On a la chance d’y être programmés et nous ferons une représentation le 2 Février 2018 au Centre Culturel Koré . Ce sera ensuite une retraite au pays Dogon pour travailler sur ma prochaine création pour faire des captations. Evidemment il y a le challenge des masques Dogon mais Sékou Kéita touchera à autre chose.

Un come back est imminent en Côte d’Ivoire avec le MASA en Mars prochain. Je vous apprends que la Diva Oumou Sangaré prévoit un clip avec moi dans les semaines à venir. Une captation est en vue et vous en saurez plus au temps opportun.

Au niveau des collaborations, j’aimerais bien travailler avec Alpha Blondy, surtout que c’est un artiste qui a en commun avec moi la langue mandingue i. Son profil plaît pour toucher le public à travers mes créations et c’est un immense Monsieur de la famille culturelle africaine, qui force le respect et a fait beaucoup pour que d’autres émergent.

Propos recueillis par Idrissa KEITA pour JMI

Correspondant particulier de JMI au Mali

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