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Intervention dans le nord : Le MNLA imposé

Certaines chancelleries seraient dans les grandes manœuvres pour imposer aux forces armées et de sécurité les sécessionnistes du Mnla dans l’éventualité d’une intervention militaire dans le nord. Une option à haut risque parce que personne n’aime le Mnla.

 

Ibrahim Ag Mohamed Assaleh (à g.), du MNLA, en conversation avec le ministre burkinabè des Affaires étrangères Dijbril Bassolé (à dr.) à Ouagadougou, le 9 juin 2012

Dimanche dernier, une délégation du Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) était à Ouagadougou où elle a rencontré le président Burkinabé. Avec Blaise Compaoré, les représentants ont échangé sur la situation au Mali, mais, surtout, ils ont mentionné une évolution importante dans leurs revendications: en lieu et place de l’indépendance de l’Azawad, ils réclament désormais le droit à l’autodétermination des populations des trois régions du nord. Au Burkina Faso, ils ont bénéficié de l’oreille attentive et intéressée du médiateur de la Cedeao dans la crise malienne.

Quelques heures plus tard, les chefs de mission de paix de l’Onu se réunissaient à Dakar autour du représentant spécial de l’Organisation mondiale en Afrique de l’ouest. Là également, la question de la situation du Mali était à l’ordre du jour, notamment en ce qui concerne l’option à prendre pour la reconquête du nord. Tout en n’excluant pas l’intervention d’une force internationale, les fonctionnaires onusiens prônent plutôt le dialogue avec certains groupes armés. Visiblement, ils pensent au Mnla.

Pendant ce temps, le ministre algérien des Affaires maghrébines et africaines entame une tournée dans les pays du champ, dont le Mali. Et fait savoir que son pays exclut toute négociation avec les terroristes et les narcotrafiquants, mais demande un rapprochement avec les groupes armés constitués des fils du Mali. Il pense très probablement au Mnla et à Ansar Eddine. Récemment, des représentants d’Iyad Ag Ghaly étaient en Algérie où ils auraient pris langue (un premier round de négociation ?) avec des officiels maliens.

Côté français, c’est le président François Hollande qui adresse deux requêtes au Conseil de sécurité de l’Onu. Une dans l’éventualité de négociations, l’autre dans celle d’une intervention armée après la formation et le renforcement des capacités militaires de l’armée.

Toutes ces manœuvres auraient pour un seul et unique but: remettre le Mnla en selle et l’imposer dans l’option de la reconquête des régions du nord. En manoeuvrant pour cette option, le Mnla compte se réarmer, s’équiper, s’enrichir, contribuer à la libération du nord et préparer une nouvelle rébellion. Car ces gens ne renonceront jamais à leur lubie de libérer le nord de tout pouvoir central.

Parce que, en réalité, les indépendantistes, même s’ils ont renoncé à leur principale revendication après avoir compris que cette option mettait mal à l’aise ses amis, ne dérangent pas l’Occident et certains pays comme l’Algérie, la Mauritanie, le Burkina Faso. Mais la situation du Mnla est on ne peut plus claire. D’abord, ce mouvement ne représente plus rien, ayant perdu la majorité de ses hommes au profit des groupes islamistes. Ceux qui s’agitent aujourd’hui en son nom, ses cadres, sont démunis et contraints à survivre comme des chiens errants. Et ils seront pendant longtemps dans cette situation parce qu’ici même au Mali, personne n’aime le Mnla.

Au nord, les populations contraintes à vivre sous occupation islamiste ou à l’exil ne les aiment pas à cause des atrocités qu’ils ont commises. Au sud, les forces armées et de sécurité ne les aiment pas parce qu’ils ont déserté avec des armes qu’ils ont ensuite tournées contre elles. Leurs propres communautés, songhay, touarègue, arabe les honnissent. Les terroristes et djihadistes qui occupent leur Azawad ne les aiment pas et sont en train d’appliquer implacablement sur eux la charia en vertu de laquelle des Touaregs sont lapidés à mort à Aguel Hok et fusillés à Tombouctou. En définitive, le Mnla aura tout perdu. Jusqu’à leur terroir dont ils ne peuvent plus fouler le sol. Les membres du Mnla sont tous connus des populations locales, lesquelles n’ont pas la mémoire courte. Ils savent donc ce qui leur arrivera le jour où l’envie leur viendrait de vouloir revoir leur terroir. Ce sera alors voir l’Azawad et mourir.

Pour en revenir à ces chancelleries qui se démènent pour remettre le Mnla en selle, parce que le mouvement fait des jeux de mots, qu’elles sachent que les populations du nord, Songhays, Arabes, Touaregs, Peulhs, etc., n’accepteront ni indépendance, ni fédéralisme, ni autodétermination. Le Mnla n’aura rien de tout ceci et devra se contenter d’un Mali uni et indivisible.

Cheick TANDINA

 

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