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Interprofession de la filière mangue du Mali: les acteurs en conclave ce jeudi à Bamako

Les acteurs de la filière mangue sont en conclave aujourd’hui au département de l’Agriculture. L’ordre du jour de cette rencontre : le renouvellement du bureau l’Interprofession de la filière mangue du Mali (IFM-Mali), l’examen du rapport d’activités. Il s’agit aussi de faire l’état des lieux du secteur et de se pencher sur les goulots d’étranglement.
Une rencontre préparatoire de cette assemblée générale a eu lieu, hier mercredi, dans la salle de réunion de la direction des finances et de matériel du ministre de l’Agriculture. Elle a regroupé l’ensemble des acteurs venus de toutes les zones de productions du pays.

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Le président du comité de l’IFM-Mali, Moctar FOFANA, que nous avons rencontré hier en marge des travaux, a rappelé que son bureau avait été mis en place en 2012 dans un contexte de crise. La présente assemblée générale doit permettre, selon lui, d’aplanir les difficultés de fonctionnement que traverse le bureau. Malgré la crise, le bureau de l’IFM-Mali, a-t-il fait savoir, a enregistré quelques avancées. Grâce à la mise en place de l’IFM, le secteur est en train de se mieux s’organiser et de se moderniser, a-t-il expliqué.
Aujourd’hui, la production de mangue est devenue une véritable activité de professionnels et la mangue malienne est très recherchée sur le marché mondial, a indiqué Moctar FOFANA.
D’ailleurs, a-t-il soutenu, la mangue figure en bonne place parmi les filières porteuses de devises sur le plan national. Pour M. FOFANA, le coût de production de la mange est, généralement, moins élevé que beaucoup d’autres cultures de rentes, car elle de demande pas beaucoup d’intrants. Aussi, les devises engrangées sont généralement dans le seul intérêt des producteurs. C’est également un secteur pourvoyeurs de beaucoup d’emplois. De la production à la commercialisation, il y a aussi beaucoup d’emplois directs et indirects qui se créer autour de la mangue. Autres avantages de la culture de la mangue, la période de cueillette coïncide généralement avec le début de l’hivernage et permet au pays de financer facilement sa campagne agricole.
Parlant des contraintes, Moctar FOFANA a souligné que les changements climatiques ont un impact très négatif sur la production de mangue dans notre pays. D’ailleurs, a-t-il fait savoir, la canicule de ces derniers mois a coïncidé avec la période de production des plants occasionnant une baisse du rendement. Autres effets de cette canicule, la détérioration des conditions de conservation des mangues promises à l’exportation. À cela s’ajoutent aussi les dégâts causés par les fortes précipitations accompagnées de vents violents de ces derniers jours.
Pour changer la donne, le président du comité de l’IFM-Mali, Moctar FOFANA, préconise l’aménagement des espaces beaucoup plus grands avec les possibilités de création de microclimats.
Aujourd’hui, il estime la production malienne à plus de 40 000 tonnes pour une devise de 20 milliards F CFA, à l’exportation.
M. Fofana a par ailleurs déploré le niveau d’équipement des producteurs resté dérisoire malgré l’apport du secteur à l’économie nationale. Aussi, les tracasseries douanières constituent-elles un frein à la promotion du secteur. Autres difficultés non moins importantes, l’importation des emballages et des produits de conservation nécessaires à l’exportation. Pour être un acteur majeur, notamment un marchand d’exportant, il faut un capital de 30 à 40 millions F CFA. Cela demande un soutien financier, a indiqué le responsable associatif. À ce niveau, les acteurs sont aussi mal lotis, à cause du manque de confiance des institutions financières au secteur.
Pour l’avenir de la filière, les acteurs réfléchissent au développent de la chaine de transformation locale. De nos jours, il y a de petites unités de transformations qui existent dans notre pays. D’ailleurs, il est attendu, très prochainement des jus de mangues « made in Mali » dans nos supers marchés, a promis le président de l’IFM-Mali.
S’il reconnait qu’il existe de bonnes relations entre sa structure et l’APACAM, M. FOFANA regrette de constater que les autorités compétentes trainent les pieds pour leur délivrer les documents d’enregistrement de l’IFM en tant qu’organisation faîtière de producteurs de mangue, d’exportateurs, de transformateurs, pépiniéristes et pisteurs chargés de la cueillette de la mangue.
D’une manière générale, le secteur souffre de l’enclavement des zones de production, des difficultés d’accès au crédit bancaire, de l’insuffisance d’infrastructures de transport et de conditionnement des mangues.
Selon la FAO, notre pays produit environ 200 000 tonnes de mangues dont seulement le quart fait l’objet de transformation et de commercialisation. Une bonne partie de la production est donc perdue sur place. D’où, la nécessité de prendre des initiatives d’envergure pour rentabiliser cette production qui a un caractère saisonnier et périssable. Malgré l’importance de la filière dans l’économie, force est de constater que beaucoup restent à faire dans la commercialisation et l’appui institutionnel, l’augmentation du niveau des équipements de transformation, la certification, la dotation des acteurs en caisses de récolte ainsi que l’acquisition de pots pour les pépiniéristes.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source: info-matin

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