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Insécurité : Les citadins de Bamako désormais entre peur et inquiétudes

Le phénomène d’insécurité plane désormais sur la tête de chaque citadin de la capitale malienne, Bamako. Et il prend de plus en plus d’ampleur à travers les quartiers banlieusards et du  centre-ville.Rien qu’en janvier, il y a eu au moins quatre assassinats ciblés dans différents quartiers de Bamako.À cela, s’ajoutent des cas d’attaques meurtrières et enlèvements à l’intérieur du pays.Cela, sans oublier les conflits intercommunautaires qui sont régulièrement signalés dans les Régions du Nord et du Centre du pays. 

Les actes criminels organisés et attaques génocidaires longtemps attribués aux Régions du Nord et du Centre deviennent à leur tour et au  fil des années très fréquents dans la capitale malienne. Les actes d’assassinats se multiplient dans presque toutes les six Communes du District de Bamako.

Ainsi, sur les quatre commis en moins de deux semaines, en ce mois de janvier, les auteurs de l’un d’eux sont dans la nature. Notamment le cas de Oumar Touré, un vendeur d’accessoires de téléphones au marché ” les halls de Bamako”,tué par des cambrioleurs qui ont fait irruption dans son domicile, sis au quartier périphérique de Yirimadio-Zerni. Les bandits meurtriers,  après leur forfait, ont emporté sa mallette  d’argent. 

Par ailleurs, le dernier cas de crime perpétré ici à Bamako s’est passé courant week-end dernier. En fait, c’est un apprenti des transports collectifs (SOTRAM) qui a été égorgé par un passager à Niamakoro, un autre quartier banlieusard de la ville de Bamako. Selon le Commissaire  de police du 7e  Arrondissement, c’est une histoire de pièces de monnaie qui était à l’origine de cette bagarre fatale. L’auteur du drame a été lynché par d’autres apprentis et admis dans un état critique à l’Hôpital Gabriel Touré. Selon certaines sources, il aurait succombé lui aussi à ses blessures. 

Dans la même journée du samedi 26 courant, en début de soirée, des bandits armés ont attaqué le Super marché  Mini Prix d’Hippodrome, en Commune II du District de Bamako. Les intéressés ont arraché le sac à mains d’une vieille femme devant le magasin. Cependant, aucune perte en vie humaine n’y a été déplorée. Mais, selon des sources concordantes, ce fut de justesse.  

Avant ce drame, rappelons que, le samedi 19 janvier dernier,  le Directeur de l’Institut islamique de Missira, en Commune II du District de Bamako, l’Imam Abdoul Aziz Yattabaré, a été assassiné. Selon des témoignages il quittait sa mosquée de sa Soukounikoura, après la prière de l’aube, lorsqu’un individu l’a poignardé avec un couteau puis s’est rendu à la Police du 3e  Arrondissement. 

Dans la même série de crimes odieux,  une semaine avant l’assassinat de l’ImamAbdoul Aziz Yattabaré, le samedi 12 janvier, Bakary Sacko a froidement assassiné Kalilou Coulibaly afin de ne pas lui rembourser son argent de 200 millions FCFA. Il a, ensuite, caché le corps dans un puits de son champ.

Il faut aussi rappeler qu’un ancien Officier des Services secrets slovaques (SIS)  a été enlevé à son domicile privé de Bamako, le mardi 22 janvier dernier. Répondant au nom de Lubos Koski, il s’était exilé au Mali depuis des années suite à des problèmes de justice avec son pays d’origine.

Ces nombreux crimes ont suscité beaucoup de réactions au sein de l’opinion nationale. Pour faire face au problème, le Ministère de la Sécurité aurait  envisagé de nouveaux dispositifs sécuritaires.

En tout cas, actuellement des patrouilles des forces de sécurité sont visibles un peu partout à travers la ville de Bamako. En attendant que les résultats de ce travail aient des impacts escomptés, un collectif d’associations de musulmans s’est réuni en meeting, le samedi dernier, au Palais de la Culture, pour réclamer l’application de la peine de mort. Au Mali, la peine de mort n’a pas été abolie, mais elle n’est plus appliquée depuis plusieurs décennies. Cela, à cause d’un moratoire imposé sous le régime du Président Alpha Oumar Konaré.

Adama A. Haïdara 

LE COMBAT

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