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INCULPATION D’ATT : ATT échappe à la guillotine d’IBK

Rien ne sert de cacher la vérité, car ça va se savoir un jour tôt ou tard. C’est ce qui est arrivé le vendredi 16 décembre 2016 à l’hémicycle national. En effet, le vote sur l’inculpation d’ATT lui a blanchi à une forte majorité exprimant ainsi par ce vote, l’avis de la majorité des maliens.

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Le nom d’ATT a été présent dans toutes les campagnes électorales pour l’élection d’un nouveau Président de la République en juillet 2013. Pour des raisons électorales, IBK avait promis qu’une fois le portail de Koulouba franchi, il demandera au Sénégal l’extradition du Président ATT afin qu’il vienne s’expliquer devant la justice à la demande des maliens. Pour rappel il lui est reproché d’avoir participé à une entreprise de déstabilisation du territoire national en ayant facilité la pénétration et l’installation des forces étrangères notamment en ne leur opposant aucune résistance.

Il est également mis sur son dos d’avoir participé à une entreprise de démoralisation de l’armée malienne par des nominations de complaisance d’officiers et de soldats incompétents. Et un troisième grief lui est reproché à savoir la destruction volontaire de l’outil de défense nationale en procédant à la fragilisation du commandement tactique de l’Etat-major général des armées.

Ces accusations sont des faits assez graves pour amener un chef suprême à la guillotine si cela s’avérait réel.

Etant sûr de son coup, après avoir eu un accord avec le régime socialiste de François Hollande et le capitaine Amadou Sanogo, pour l’amener à la tête de l’Etat, il avait donc pris une promesse avec ses militants et soutiens pour juger ATT. Cette volonté était partagée avec le capitaine Sanogo qui a également évoqué la question au sommet de son pouvoir. D’autres promesses avaient été faites avec d’une part le régime socialiste français pour donner l’autonomie à Kidal et signer un accord militaire de défense et d’autre part avec le capitaine Sanogo pour lui céder la place au bout d’un mandat. Aussi il devrait être protégé contre un envoi éventuel à la Cours Pénale Internationale (CPI).

Nous n’avons donc pas été surpris d’entendre dans un communiqué spécial du gouvernement, au moment où Mahamane Baby était le porte-parole du Gouvernement, que le procureur de la Cour Suprême a introduit une requête en accusation à la haute Cour de Justice contre l’ancien Président ATT en exil à Dakar.

Etant entendu que le Sénégal qui est un responsable et hôte d’ATT, a réagi par la voie de son Ministre des affaires étrangères Manker N’Daye en mettant Bamako en garde contre un procès cavalier qui pourrait compromettre le régime d’IBK.

Effectivement, ce Ministre Sénégalais avait raison, car la montagne a accouché d’une souris. La tentative d’inculpation a échoué. Les honorables députés ont vraiment vu juste en votant massivement contre le projet d’inculpation.

Cet acte des honorables députés ont rendu justice en même temps à ATT, mais à IBK aussi qui semble avoir fait pire qu’ATT. Le proverbe qui dit que « lorsque tu creuses le puits de la trahison pour faire tomber ton ennemi dedans, élargit-le d’avantage. Le jour où toi-même tu te retrouveras au fond, tu auras évité d’être pas trop coincé. »

Dans l’esprit collectif des maliens, IBK a signé un accord en ne prenant pas en compte ni les 13 pages de réserves formulées par les Parties politiques, tous bords confondus, ni la position nationale relative au projet d’accord négocié à Alger. Le résultat de cet entêtement a été que 18 mois après la signature du dit accord, il reste inapplicable.

L’accord et son arrangement sécuritaire ont créé deux Républiques à savoir la République du Mali du sud avec 6 régions, 15 millions d’habitants, 500 000km2 et la République d’Azawad composé également de 6 régions, 1 500 000 habitants et 750 000 km2. Il y a également deux types de citoyens désormais au Mali et deux types de drapeaux. Dans cet accord IBK a créé deux armées, dont une pour la coordination des rebelles du nord dans laquelle ils seront majoritaires et l’autre au sud constituée des gens du sud.

Les rebelles vont intégrer avec les grades qu’ils veulent. Si ATT n’a fait qu’apporter 50 millions aux revenants de Libye, IBK est à un milliard de F CFA de donation aux responsables de la CMA, dont en tête Bilal ag Chérif, le Président de la République d’Azawad. Le nord du Mali est abandonné aux groupes rebelles, aucunes autorités maliennes n’a plus le droit de fouler le sol malien de Kidal, si ce n’est à la demande de la CMA.

Des administrateurs ont été égorgés tout simplement. Leurs familles se trouvent dans la détresse totale. Même au centre et à l’ouest, l’insécurité a fait que 400 écoles sont fermées depuis plus d’une année. Un traité militaire a été imposé au Mali, pour livrer la base de Tessalit à l’armée française avec une mobilité totale sur l’ensemble du territoire. Avec tous les matériels apportés dans ce cadre on se demande qu’est-ce-que les français font au nord ? IBK ne peut pas répondre à cette question.

IBK en tant que chef suprême des armées ne peut dire davantage sur les mouvements de l’armée française au nord.

L’accord interdit les zones de déplacement des français aux FAMAS et censure également le niveau d’équipement des FAMAS. Alors avec tous ces actes posés contre le Mali, qui a vraiment participé à une entreprise de déstabilisation et de démoralisation l’outil de la défense national ? Ce n’est surement pas ATT ?

En politique, les remèdes indiqués par certains responsables politiques, afin de guérir les maux de ceux qui ont eu tort d’être de l’autre côté, s’apparente plus à des poisons inventés pour les achever !

Nous n’éprouvons aucune joie devant la gestion catastrophe de notre pays, car il vaut mieux ne pas se réjouir du malheur d’un homme qui avait tout promis à son peuple.

IBK a peut-être parlé trop vite avec haine concernant ATT, alors qu’en politique, surtout à un tel niveau de responsabilité, il faut un temps pour apprendre pour mieux comprendre. Il n’a peut-être pas observé ce temps. En résumé, il a non seulement fait beaucoup de bruits pour rien, mais également, il a montré à son successeur sur quoi lui-même pourrait être jugé dans les années à venir.

Les dirigeants n’ont pas le droit au ressentiment, mais ils ont un devoir de reconnaissance vis-à-vis de leurs devanciers. En politique, nous avons tous des beaux à durée limitée, c’est comme la vie. Il faut aimer la politique, car ce qui donne le sel de la vie c’est de savoir qu’on va mourir un jour et ce qui donne le sel de la politique, c’est de savoir qu’on doit partir un jour.

Nous avons pensé à tort qu’IBK voulait tout simplement vaincre les tares de la gouvernance de ses adversaires, mais dans les faits, il veut tuer le Mali par ces accords cancérigènes. Les maliens l’ont compris tout dernièrement à travers l’accord de réadmission des migrants signé le 11 décembre 2016. Si ATT n’a pu être inculpé comme souhaité, IBK quant à lui le sera car les preuves existent déjà contre lui.

Ivette GUINDO

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