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Graves violations des droits humains au Mali : Amnesty International épingle l’Etat Malien, les Groupes armés et la Minusma

Hier, mercredi 22 février 2017, les responsables de Amnesty international étaient face à la presse au Mémorial Modibo Keïta de Bamako. Au cours de cette conférence de presse, l’organisation internationale des droits de l’homme a présenté son rapport annuel. Selon le rapport lu par le directeur exécutif par intérim de Amnesty International, Salif Fofana, les graves violations des droits humains au Mali se résument essentiellement aux exactions perpétrées par des groupes armés, le recours excessif à la force, l’impunité, la justice internationale, la liberté d’expression, le droit à l’éducation, le droit à un niveau de vie suffisant et les droits des femmes. Il ressort de ce rapport que 62 attaques ont été menées par les groupes armés en 2016, 24 cas d’homicides, d’exécutions sommaires et de disparitions forcées, 296 des écoles sont fermées dans les régions nord du Mali. En outre, Amnesty International déplore non seulement l’absence de l’Etat dans une grande partie des régions nord du Mali, mais aussi, les difficultés liées à la mise en place des autorités intérimaires.

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Parmi les responsables d’Amnesty international présents à cette conférence de presse, on peut citer entre autres: le président de Amnesty international Mali, Drissa Fomba, le directeur exécutif par intérim, Salif Fofana, Amane Touré, coordinateur au sein de l’organisation de défense des droits de l’homme.

Depuis 2012, le Mali traverse une crise sans précédent de son histoire. Et cette crise a occasionné des graves violations des droits de l’homme. Ainsi, pour minimiser, voir même cesser cette violation des droits de l’homme, les organisations des droits de l’homme dont, Amnesty International, appellent les Etats à leurs responsabilités premières de protections des droits humains. Hier, mercredi, les responsables de Amnesty international étaient face à la presse pour présenter leur rapport annuel.

Ce rapport, il faut le reconnaitre épingle, à la fois, l’Etat malien, les groupes armés et même la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali). Selon le rapport lu par le directeur exécutif par intérim de Amnesty International, Salif Fofana, les graves violations des droits humains au Mali se résument essentiellement aux exactions perpétrées par des groupes armés, le recours excessif à la force, l’impunité, la justice internationale, la liberté d’expression, le droit à l’éducation, le droit à un niveau de vie suffisant et les droits des femmes. S’agissant du Mali, le rapport de Amnesty indique qu’il y a eu des exactions perpétrées par des groupes armés courant l’année 2016.

« 62 attaques ont été menées durant l’année, tuant 25 membres des forces de maintien de la paix et six civils qui travaillaient pour l’ONU. Des mines terrestres utilisées par les groupes armés ont tué et mutilé des civils ainsi que des membres des forces de maintien de la paix et des forces de sécurité. Béatrice Stockly, une missionnaire suisse enlevée à Tombouctou par Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Le groupe armé Ansar Eddine a abattu cinq membres tchadiens des forces de maintien de la paix et en a blessé trois autres au cours d’une embuscade à 15 km au nord d’Aguelhok, dans la région de Kidal », précise le rapport de Amnesty international.

L’absence de l’Etat dans une grande partie des régions du Mali

Selon le rapport, des membres des forces de sécurité et des forces de maintien de la paix ont recouru à la force de manière excessive et ont été accusés d’exécutions extrajudiciaires. L’Organisation des Nations Unies (ONU) a signalé 24 cas d’homicides, d’exécutions sommaires et de disparitions forcées. « L’Organisation a annoncé que, parmi les 103 personnes arrêtées en 2016 par les forces maliennes et internationales pour des accusations liées au terrorisme, trois avaient été sommairement exécutées et 12 avaient été torturées par les forces maliennes. Deux manifestants ont été abattus et quatre autres blessés à l’aéroport de Kidal au cours d’une manifestation contre les arrestations menées par les forces internationales. La MINUSMA a ouvert une enquête ; les forces maliennes ont tiré à balles réelles lors d’une marche organisée à Gao par le Mouvement de résistance civile tuant 3 personnes (Mahamane Housseini, Seydou Douka Maiga et Abdoulaye Idrissa) et blessant 40 autres personnes », a souligné le rapport.

Les responsables de Amnesty International dénoncent également l’impunité qui règne au Mali. A les en croire, malgré les progrès enregistrés qui sont entre autres : « le renforcement et le rapprochement de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), pour enquêter sur les graves violations des droits humains commises entre 1960 et 2013, n’était toujours pas opérationnelle fin 2016, l’ouverture du procès du général Haya Amadou Sanogo, jugé pour des charges liées à l’enlèvement et à l’exécution, en 2012 ; la condamnation de Al Faqi Al Mahdi à neuf années de prison pour avoir dirigé des attaques contre des bâtiments religieux et des monuments historiques », de nombreux défis restent à relever. Parmi ces défis, dit le rapport, le regain de l’insécurité, l’absence de l’Etat dans une grande partie des régions, les difficultés liées à la mise en place des autorités intérimaires, les tergiversations de certains acteurs mettant en péril la mise en œuvre de l’accord de la paix.

296 écoles fermées au nord du Mali pour des raisons d’insécurité

Selon le rapport, malgré toutes les garanties juridiques les entorses sont encore constatées, tels que, l’agression des journalistes, l’interdiction de manifestations et les difficultés d’accès au medias de l’Etat. Selon les Nations Unies, 296 des écoles des régions de Gao, Kidal, Ségou et Tombouctou ont été fermées pour des raisons d’insécurité, sans que des solutions alternatives ne soient proposées.

Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes [ONU] a souligné la mauvaise qualité de l’enseignement, liée au grand nombre d’élèves par enseignant, ainsi qu’au manque de manuels scolaires et d’enseignants qualifiés. Il a en outre noté les disparités existant entre les zones rurales et urbaines en matière de scolarisation. Sept groupes armés ont continué d’occuper des écoles.

« Malgré l’abondance des produits de premières nécessités sur les marches il est à constater une flambée de prix qui affectent le niveau de vie…La Loi 052 relative à la promotion de genre a permis d’élire plus de 2800 conseillères municipales aux élections de novembre 2016 au Mali . Malgré cette situation réjouissante, cette loi n’est pas regardant dans certains organes de décisions (Autorités intérimaires Conseil National de l’Entente) », précise le rapport de Amnesty International.

Aguibou Sogodogo

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