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Gilets verts : Les fantassins de l’assainissement bientôt à l’œuvre

Depuis son lancement en fanfare il y a trois mois, cette plateforme qui ambitionne de fédérer tous ceux qui se soucient de la qualité de leur cadre de vie, se faisait discrète. En fait, elle se préparait à mettre ses troupes en ordre de bataille

La problématique de l’environnement et de l’assainissement se pose aujourd’hui avec acuité dans tous les pays du monde et le Mali ne fait pas exception à la règle. Selon le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, plusieurs milliards de Fcfa ont été investis par l’état ces dernières années pour gérer ce secteur.

« Malgré, ces efforts consentis, le phénomène de la dégradation de l’environnement est resté sans solution adéquate, les défis restent immenses et la protection de l’environnement interpelle tout un chacun », a déclaré le chef du département en charge de l’Environnement lors du lancement de la plateforme « Gilets verts ». Il a ajouté que la solution à cette problématique passe d’abord par l’appropriation à la base des questions liées à l’environnement et à l’assainissement.

Pour donner plus de dynamisme aux actions existantes, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développent durable, Housseini Amion Guindo, a pris l’initiative de mettre en place une action salvatrice qui englobe l’ensemble des couches sociales. Il s’agit de la plateforme des « Gilets verts » lancée le 17 août dernier.

L’initiative, la dernière née du département de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, a suscité beaucoup d’espoir au sein de la population qui espère voir Bamako débarrassée des déchets de tous ordres (ordures ménagères et sachets plastiques etc.) et qui ont des conséquences néfastes sur la santé de l’homme.

Deux mois après le lancement de ce mouvement, rien n’a apparemment changé sur le plan environnemental et la population s’impatiente de voir ces agents volontaires à l’œuvre. Un tour dans certains quartiers de la capitale, permet de se rendre compte que l’opération a du mal à prendre son envol. Pourquoi sa mise en œuvre prend du temps ? Quels sont les goulots d’étranglement ?

Interrogés sur l’utilité et l’opportunité de cette initiative, des interlocuteurs sont dubitatifs. Si certains pensent que cette plateforme est politique et lucrative, d’autres par contre estiment que c’est une initiative d’un groupe de personnes qui veulent se remplir les poches. Le commerçant Malik Koné, est plus sévère dans son analyse.

Il estime que la plateforme des « Gilets verts » est mort-née comme beaucoup d’autres initiatives. à titre d’exemple, il cite la société de ramassage d’ordures Ozone, qui au début de ses activités, avait suscité beaucoup d’espoir pour la gestion de l’assainissement de la ville de Bamako. Pour l’enseignante Alima Dembélé, créer des projets d’assainissement ne servira à rien sans une prise de conscience et un esprit patriotique des citoyens.

Pour elle, cette prise de conscience et l’expression du patriotisme doivent commencer par les femmes qui, tous les jours, font leurs achats qu’elles emballent dans les sachets plastiques et jettent les ordures ménagères dans les rues. Il faut aussi, dit-elle, intégrer les enfants dans cette lutte. Pour cela, elle propose d’introduire l’enseignement de la protection de l’environnement et la gestion de l’assainissement dans le programme d’éducation nationale.

Mamadou Kéita travaille pour un Groupement d’intérêt économique (GIE) officiant dans le secteur de l’assainissement. Il estime que le mouvement des « Gilets verts » ne pourra jamais résoudre le problème de l’assainissement à Bamako. Prenant l’exemple sur le Rwanda et sur le président Paul Kagamé, Mamadou Kéita dira que l’assainissement est une question d’éducation, de conscience et de responsabilité. Notre interlocuteur soutient que tant que les Maliens ne prendront pas conscience des conséquences de l’insalubrité, aucun projet ne pourra réussir.

APOLITIQUE

De leur côté, les initiateurs du projet pensent que la plateforme qui rassemble toutes les couches sociales, pourra redonner à Bamako son image d’antan, à savoir « Bamako la coquette». Alassane Traoré est le point focal de la plateforme des « Gilets verts » au ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. Il explique que le mouvement est à but non lucratif et apolitique.

Il rassemble toutes les associations, les Groupements d’intérêts économiques (GIE) officiant dans le secteur de l’assainissement, les chasseurs, les religieux, les communicateurs traditionnels et modernes, les partis politiques, les ONG, et des volontaires qui se préoccupent de l’amélioration du cadre de vie de la population en contribuant à l’assainissement de la ville.

La plateforme a pour objectifs, dit-il, de fédérer les efforts dans la protection de l’environnement, d’assainir et d’impliquer tous les Maliens, de rendre Bamako propre et aussi favoriser l’émergence d’une société civile indépendante, consciente des enjeux de la gestion efficiente de son cadre de vie. Pour lui, la plateforme concerne tous ceux qui se soucient de leur cadre vie : jeunes, hommes, femmes sans distinction.

Expliquant la lenteur dans le démarrage des activités de la plateforme, Alassane Traoré reconnaîtra qu’après le lancement, il fallait prendre certaines dispositions notamment, préparer les documents, chercher les partenaires et réunir le kit d’assainissement pour sa mise en œuvre. Cette étape a été franchie deux mois après le lancement. La plateforme entamera sa phase de mise en œuvre dans un bref délai, soutient-il.

D’ores et déjà, des activités de salubrité dans le cadre de la plateforme ont lieu chaque mois dans toutes les communes. à cela, s’ajoute le concours entre les Communes du district de Bamako qui a été lancé, il y a une dizaine de jours par la Fondation de la princesse Kamatari du Burundi, un partenaire de taille dans l’assainissement. Ce concours primera la commune la plus propre avec une enveloppe de 100 millions de Fcfa.

« Que chacun nettoie sa maison, balaie devant sa porte, sensibilise. Ce sont des gestes simples qui protègent l’environnement et qui rendent tous les coins du pays agréables, où il fait bon vivre. C’est un défi que vont relever les «Gilets verts », assure Alassane Traoré. Appuyant les propos du spécialiste du département, Moundir Diawara, membre des « Gilets verts » de la Commune IV, a abondé dans le même sens.

Il a souligné qu’en plus de la validation des activités, il fallait aussi la mobilisation des partenaires techniques et financiers qui occupent une place de choix dans cette opération d’envergure. Selon lui, les activités des « Gilets verts » nécessitent des équipements tels que des balais, des brouettes, des poubelles et des kits de protection sanitaire.

Anne-Marie KEÏTA

L’Essor

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