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Gao : Quand les Imams refusent ils disent “NON”

 

Les groupes islamistes qui occupent les régions du nord ont du mal à convaincre sur leur idéologie obscurantiste. Ils viennent d’enregistrer un échec cuisant à Gao lors d’une rencontre qui s’est déroulée samedi. La réunion qui a eu pour cadre la grande mosquée « Koweït » de la ville, a regroupé les responsables du MUJAO, les imams et chefs de quartier. Pour l’occasion, les occupants avaient organisé un grand festin en abattant des bœufs et des moutons.

 

Le mujao en réunion avec les marabouts de Gao,. (photo de Kassim Traoré)

Plusieurs sujets ont été évoqués notamment l’application de la charia. Selon des témoignages, les imams, par la voie de Alpha Madi se sont frontalement opposés aux occupants. Ils leur ont signifié qu’une loi qui s’impose par la force n’en est pas une.  « Nous ne sommes pas disponibles comme vous l’avez demandé, à dire aux jeunes de se plier à vos ordres», a dit le chef religieux, avant d’ajouter que les imams ne se reconnaissent pas dans une charia importée par des étrangers et leurs complices maliens.

L’autre question abordée au cours de la rencontre du samedi était le paiement de la « zakat », un prélèvement de taxe auprès des boutiquiers et étalagistes des différents marchés dont le montant a été fixé à 50 Fcfa.

La « zakat » est un mot arabe que l’on peut traduire par « aumône ». Elle est annuellement payée sur les ressources financières supérieures à 85 grammes d’or (2,5 % d’acquittement), le bétail, les marchandises, les ressources extraites du sol, les fruits, légumes, céréales, etc…

 

Les islamistes ont exigé que la « zakat leur soit versée, eux-mêmes se chargeant de sa distribution aux personnes nécessiteuses.

 

Par ailleurs, le MUJAO a encore sévi en amputant la main droite de deux hommes accusés de braquage à main armée. L’acte odieux s’est passé à la maison d’arrêt de Gao, où sont désormais transférés plus d’une vingtaine de détenus qui attendent l’exécution de leurs sentences : l’amputation ou la flagellation.

 

Parmi la vingtaine de prisonniers figure le comptable de l’hôpital de la ville, Ibrahima Diallo. Celui-ci est accusé de détournement de fonds. En réalité, le seul tort du comptable aurait été de refuser de donner une somme de 5 millions de Fcfa que réclamait le mouvement islamiste sur les dernières recettes de l’hôpital estimées à 27 millions de Fcfa. Selon nos sources, après la déduction de toutes les dépenses, il restait 17 millions dans la caisse. Pour le comptable, cette somme devait rester en caisse pour faire face aux urgences. Mais les responsables du MUJAO ne l’entendaient pas de cette oreille.

 

Pour eux, l’hôpital fait partie de leur « administration » et ils ont un droit de regard sur la gestion de ses caisses.

 

Au départ, les responsables de l’hôpital pensaient que la présence du MUJAO dans l’enceinte de la structure sanitaire était motivée par des raisons de sécurité. Avec le temps, ils ont compris que les bandits armés caressent d’autres motivations.

Le pauvre comptable a été arrêté le 5 octobre. La rencontre de samedi a enregistré une grande affluence car beaucoup de Gaois pensaient que son sort sera abordé. Mais les islamistes n’ont pas voulu évoquer le sujet.

Depuis que le vote de la résolution de l’ONU pour une intervention militaire dans le nord de notre pays, la population constate une certaine fébrilité chez les occupants. Des responsables du MJAO se seraient rendus au Ghana pour tenter de rallier à leur cause la forte colonie sonrhaï résidant dans ce pays. Lundi, dernier, sa délégation était à Accra. « Ils ont voulu rencontrer nos compatriotes et les responsable consulaires, mais personne n’a accepté l’invitation », a révélé Mahamane Cissé, un travailleur des entrepôts maliens à Accra

source : L’ESSOR

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