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Focus : Vers la solution «onusienne à l’ivoirienne» au Mali

Pour que le Mali puisse recouvrer l’intégrité de son territoire perdue par l’occupation des régions du nord (Tombouctou, Gao et Kidal) en plus d’une partie de la région de Mopti par des terroristes à cause d’un malheureux coup d’Etat du 22 mars 2012 par une bande de militaires plutôt intéressée par leur propre condition de vie que par l’intérêt national, notre directeur de publication, Saouti Haïdara, contraint à l’exil à Dakar après avoir été sauvagement agressé, le 12 juin dernier, par des militaires, qui ont promis de le tuer la prochaine fois, a écrit ceci dans notre édition d’hier : »Il urge d’agir et de frapper fort ». Pour cela, nous estimons qu’il faut mettre le Mali sous la tutelle de l’ONU, puisque sans elle, la CEDEAO et l’Union Africaine ne peuvent pas agir efficacement à cause de leurs moyens assez limités pour faire face au terrorisme.

Ainsi, il faut déjà saluer la nomination de l’Italien Romano Prodi comme le Représentant spécial de l’ONU au Mali. Dans ce cas, devrons-nous allés vers la solution onusienne à l’ivoirienne au Mali. C’est-à-dire que l’ONU observe et surveille l’application des accords surtout celui du 6 avril 2012, qui a consacré le retour à l’ordre constitutionnel, qu’elle aide l’armée malienne à se reconstituer afin de chasser les terroristes, qu’elle exécute le programme de désarmement, de démobilisation, de réinsertion, de rapatriement et de réinstallation des déplacés, qu’elle assure la protection des institutions et des civils, qu’elle appuie les opérations humanitaires ainsi que la mise en œuvre du processus de paix, et enfin qu’elle fournit une assistance dans les domaines des droits de l’homme, de l’information et de l’ordre public. S’y ajoute la certification des résultats de la présidentielle. Sans cela, le Mali ne pourra jamais au grand jamais se tirer d’affaire, puisque nous n’avons aucune autorité crédible capable  d’être un interlocuteur fiable.

A Bamako, le pouvoir est comme un serpent à trois têtes : un président intérimaire incapable d’asseoir son autorité, un Premier ministre frimeur qui n’a pas encore compris que sa mission n’est pas la restauration des partisans d’un ancien pouvoir responsable de tout le retard que nous connaissons aujourd’hui en matière de développement et un capitaine, l’ex-chef de la junte bombardé président du Comité de suivi de la réforme de l’armée à cause du pouvoir des armes, dont il dispose. Après avoir été contraint par la CEDEAO et la communauté internationale à renoncer à ses velléités de diriger la transition, le capitaine Amadou Haya Sanogo, puisqu’il s’agit bien de lui, demeure, en réalité, l’homme fort du Mali. Il a placé ses hommes dans des postes stratégiques du gouvernement comme la Défense avec le Colonel-Major Yamoussa Camarra, celui-là même qui lui doit son grade, l’Intérieur avec le général Tiéfing Konaté, le transport et les infrastructures routières avec le Lieutenant Colonel Abdoulaye Koumaré et surtout l’Administration territoriale avec le Colonel Moussa Sinko Coulibaly. Aux dernières nouvelles, celui-ci s’apprête à faire un grand ménage faisant place à des militaires dans les sous-préfectures, préfectures et gouvernorats. Ainsi, au lieu de s’organiser pour faire face aux terroristes qui occupent le nord du Mali par sa faute,  l’ex-junte tente de faire  main basse sur l’administration territoriale en prélude à des élections à venir, surtout la présidentielle. Histoire de ne plus sortir des rouages du pouvoir tout en continuant à en absorber ses délices.

Dans cette gouvernance alambiquée à Bamako, le peuple n’a que ses yeux pour pleurer face à l’occupation avec son corollaire d’exactions de toutes sortes. Ainsi, il passe tout son temps à organiser des marches et des prières aussi bien dans les mosquées que dans les églises estimant que c’est avec  celles-ci qu’on peut faire libérer le nord (sic). D’autres s’en prennent volontiers au médiateur, le président Blaise Compaoré qu’ils accusent d’être le parrain du MNLA, tout en ignorant les principes sacro-saints de la médiation, qui sous-entendent de larges concertations, une forte capacité d’écoute des acteurs, une très bonne connaissance du terrain, une prise en compte des spécificités et un rapprochement des vues. Analysé sous ces angles, le président Compaoré est dans son rôle.

La réalité est que l’armée malienne est incapable de jouer son rôle à elle. Depuis le fameux coup d’Etat du 22 mars 2012, elle n’a posé aucun acte dans le sens de la récupération des régions occupées. Pire, elle se complaint dans des batailles de chiffonnier autour des primes et grades. Ainsi, nos forces de sécurité doivent avoir honte de percevoir leurs salaires, à fortiori revendiquer des grades dans la mesure où elles n’ont pas honoré leur serment, celui de défendre l’intégrité territoriale du pays et protéger les citoyens et leurs biens. D’ailleurs, elles sont les premières à violer ses droits.

Aujourd’hui, le Mali va à vau-l’eau et rien ne peut stopper l’avancée des terroristes vers le Sud pourquoi pas même à Bamako. Sans une solution onusienne à l’ivoirienne au Mali, notre pays ne retrouvera jamais l’intégrité de son territoire et ne va jamais connaitre l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles, condition sine-qua-non pour le rétablissement des liens de coopération avec les Partenaires Techniques et Financiers (PTF).

Il faut alors que Monsieur Romano Prodi soit pour le Mali ce que Young jin Choi a été pour la Côte d’Ivoire.

                                                                                     Alassane DIARRA


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