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Filles et garçons : des expériences migratoires différentes

Ce focus centré sur le chapitre « Genre et migrations dans l’enfance et l’adolescence au Mali » a été réalisé à l’occasion de la parution de l’ouvrage “Être fille ou garçon”.

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L’ouvrage, quant à lui, revisite plus largement l’enfance et l’adolescence en prenant en compte le genre dans les processus de construction sociale, en Afrique et en Europe.

Dans de nombreuses parties du monde, la migration des enfants et des adolescents est devenue un phénomène majeur dans la socialisation des enfants et des jeunes. Si la migration peut être forcée et entraîner des situations de grande vulnérabilité et d’exploitation des enfants (enfants des rues, enfants soldats, enfants réfugiés, enfants travailleurs), elle peut aussi être le choix des familles ou des enfants et jeunes eux-mêmes.

Dans une population rurale malienne située dans le sud-est malien, à environ 500 km de la capitale Bamako, les migrations des enfants et des adolescents ont connu, dès la fin des années 1970, des évolutions significatives et aujourd’hui, la moitié des garçons et des filles ont migré au moins une fois avant l’âge de 12 ans et la quasi-totalité avant l’âge de 18 ans. Néanmoins, si filles et garçons sont aussi nombreux·es à migrer, leurs motifs de déplacement diffèrent selon l’âge et le genre, dessinant des parcours migratoires différents durant l’enfance et de l’adolescence entre les sexes.

Du côté des filles, les itinéraires migratoires les plus fréquents sont constitués d’un confiage durant l’enfance suivi d’une ou plusieurs migrations de travail durant l’adolescence. Les fillettes sont confiées chez des membres de leur famille pour aider aux travaux domestiques. Quant aux migrations de travail, elles se réalisent principalement en milieu urbain et souvent dans la capitale du Mali, Bamako. Les jeunes filles y sont employées comme domestiques chez des particuliers (sans aucun lien de parenté). Les gains accumulés pendant souvent plusieurs années leur permettent l’achat de vêtements et d’ustensiles de cuisines (qui constituent leur « trousseau de mariage ») avant leur retour au village.

Du côté des garçons, les itinéraires migratoires sont plus diversifiés avec des migrations familiales, des confiages pour l’école puis des migrations de travail mais qui prennent des formes différentes de celles des jeunes filles : vers la fin de l’enfance, les jeunes hommes partent fréquemment pendant plusieurs mois garder des troupeaux chez des éleveurs Peuls et sont rémunérés en têtes de bœufs puis, plus tard durant l’adolescence, partent travailler, à l’instar des jeunes filles, en ville ou dans des bassins d’emplois (plantations, mines). Si les garçons utilisent une partie de leurs gains pour l’achat de biens personnels (vélo, radio, téléphone portable, etc…), la rétribution acquise contribue en grande partie à l’économie familiale.

Au final, la grande partie des mobilités expérimentées par les enfants et les adolescents sont des déplacements réalisés sans les parents biologiques et sont, à ce titre, qualifiées de « migrations indépendantes ». Si les confiages (pour les filles comme pour les garçons) relèvent de la décision des parents et peuvent être parfois mal vécus, durant l’adolescence, ce sont les jeunes eux·elles-mêmes qui décident de partir en migration de travail et ces formes de migrations sont très valorisées au point d’être désormais un marqueur fort du passage de l’enfance à la jeunesse pour les deux sexes.

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