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Femmes et VIH/SIDA AU MALI : ARCAD-SIDA plus que jamais motivée et déterminée à lutter contre le VIH/SIDA-IST chez les Femmes maliennes

ARCAD-SIDA est la première association communautaire de lutte contre le sida au Mali, créée en 1994, Reconnu d’Utilité Publique, membre de la Coalition Internationale Sida. Sa mission est de contribuer à la maitrise de l’épidémie au sein de la population générale et des populations les plus vulnérables. Après 22ans d’existence emmaillée de succès et de difficultés, ARCAD-SIDA poursuit avec détermination ses activités de prévention, de soins et de soutien auprès des femmes infectées et affectées par le VIH/SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles (IST) au Mali.

arcad sida vih

C’est à l’occasion du 8 mars, choisi par les Nations-Unies comme Journée internationale des  droits des femmes que la Directrice de l’ARCAD-SIDA, Mme Dembélé Bintou Keita nous a accordé une interview pour parler du VIH chez les Femmes au Mali.

Mme, la directrice, quelles sont vos actions auprès des femmes du Mali ?

Directrice de l’ARCAD-SIDA : En tant que femme, Chevalier de l’ordre national du Mali, la fête du 8 mars est un évènement important pour moi et pour toutes les femmes du monde entier d’ailleurs ; c’est un moment fort pour la revendication des droits des femmes. C’est pour la même cause que ARCAD-SIDA mène des actions en faveur des femmes en général, mais plus précisément les femmes vulnérables (veuves, professionnelle de sexe, handicapées, PVVIH) à travers des activités culinaires, des repas communautaires, des groupes de paroles des femmes enceintes, des causeries éducatives, des séances de formation, conseils et appui aux activités génératrices de revenu, distribution des kits de prévention…

Quelle est le taux du VIH chez les femmes au Mali ?

Directrice de l’ARCAD-SIDA : Selon l’EDSM V de 2012-2013 la séroprévalence nationale du VIH est de 1,1% au sein de la population générale, pour les hommes c’est 0,8% et pour les femmes 1,3%. La surveillance sentinelle a montré une séroprévalence de 2,9% au près des femmes enceintes de l’épidémie. Plus de la moitié des femmes infectées ont un âge compris entre 25 et 40 ans. Cela pose la question de la Prévention de la transmission mère-enfant du VIH chez l’enfant. Nous devons préserver les femmes du Sida car elle peut transmettre la maladie à son enfant. Les enfants représentent notre avenir, l’avenir du Mali. Nous devons nous atteler à la tâche pour un Mali de demain sans Sida.

Pouvez-vous nous citer quelques violences faites aux femmes au Mali ?

Directrice de l’ARCAD-SIDA : Vu l’EDSM 2012 – 2013, nous remarquons un faible pouvoir de décision de la femme surtout dû au taux élevé des mariages précoces (20% avant l’âge de 15 ans et 50% avant l’âge de 18 ans, la différence d’âge avec leurs maris est élevée (EDSM 2012-2013), la subordination économique et sociale, le faible taux de scolarisation et de maintien des filles à l’école renforcent leur vulnérabilité. L’excision touche environ 91% des femmes. Les violences conjugales sont très fréquentes. Un homme infecté par le VIH peut légalement à travers les liens sacrés du mariage transmettre le Sida à ses quatre épouses. Ce qui est déplorable et interpelle tous à jouer notre rôle pour changer cette situation.

Le Mali est-il signataire des engagements internationaux visant lutter contre le VIH ?

Directrice de l’ARCAD-SIDA : Tout comme les autres pays du monde, le Mali est signataire de plusieurs  engagements parmi lesquels la déclaration d’Abuja lors du sommet de l’Union Africaine en Avril 2001 pour que les pays acceptent d’investir 15% de leur budget à la santé afin de lutter efficacement contre les pandémies qui minent nos sociétés en vue de mettre fin à l’épidémie de Sida. D’autres engagements ont été pris  notamment la réalisation des trois  objectifs « 90-90-90 » de l’ONUSIDA afin que 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur séropositivité, 90 % des personnes conscientes de leur séropositivité au VIH soient sous traitement antirétroviral et 90 % des personnes sous traitement aient une charge virale indétectable, ce qui permettra d’améliorer la santé des personnes vivant avec le VIH et  de réduire les nouvelles infections ;

Quelle votre ambition par rapport à la lutte contre le sida au Mali ?

Directrice de l’ARCAD-SIDA : Notre ambition est d’avoir d’ici 2020 une génération malienne sans Sida. ARCAD-SIDA élabore des plans d’actions basés sur deux axes majeurs: la prévention et la prise en charge. Le problème, c’est le manque de financement domestique afin que les acteurs nationaux se sentent légitimes dans la lutte contre le VIH. De plus, nous ne dépendons que des financements internationaux et si le Fond Mondial se retire demain, quel sera l’avenir des PVVIH au Mali ? Qui va acheter les médicaments ARV qui sont gratuits pour le malien ? Nos autorités doivent prendre la relève des partenaires internationaux sinon nos acquis restent menacés.

Nous restons convaincu que mettre fin à l’épidémie du sida est possible.

Un dernier mot ?

Directrice de l’ARCAD-SIDA : Oui « si nous voulons avoir un grand impact sur le VIH au Mali, il faudrait  se concentrer d’abord à lutter contre la discrimination, la stigmatisation, le rejet des PVVIH qui freinent l’atteinte de nos objectifs. » Je lance un appel à toute la population malienne, d’accepter et de tolérer les femmes vivant avec le VIH, car le sida ne tue pas, c’est le manque de soutien, les mots et les gestes stigmatisant qui tuent !  Bonne fête de 8 mars à toutes les femmes maliennes et du monde entier !

 

La rédaction 

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