Faits divers : Les 2 septuagénaires n’en croyaient par leurs yeux

Pourtant le jeune Namakan qui venait juste d’arriver d’Espagne n’avait pas hésité un seul instant à calmer les ardeurs des deux septuagénaires qui se battent depuis une trentaine de minutes. 
Nous sommes dans le village de Kandjana non loin de Narena, c’est une affaire de chèvre volée qui était au cœur de la dispute. Et qui avait vu finalement Siriman et Nancouma se battre. Ils étaient sur la grande place du village, la même où ils ont l’habitude de causer toute la journée. Il était presque 18 heures quand la tension était montée d’un coup entre les deux septuagénaires qui en étaient arrivés aux mains. Alors dans un premier temps, les premiers rounds s’étaient soldés par une sorte de match nul.
Pourtant, toutes les tentatives pour calmer les deux protagonistes sont restées vaines tellement ils voulaient en découdre.
Pour la énième fois, ils étaient sur le point de recommencer avec de nombreux jeunes qui s’interposaient, tenant par leurs bras les deux septuagénaires.
Arrivé sur la grande place, Namakan qui venait de Bamako en provenance d’Espagne avait vu la petite foule, il avait demandé au conducteur de se garer. Celui-ci immobilisa l’engin aussitôt et Namakan descend de la moto et pose la question : « qu’est-ce qui se passe ici ? » Très vite il avait compris qu’un geste de sa part serait plus efficace que toute autre solution. Namakan connaissait bien les deux protagonistes, alors il s’approche en premier lieu de Siriman et glisse un billet de 10.000 F CFA dans la main de celui-ci ; idem pour Nancouma. D’un seul coup, les deux bagarreurs étaient en plein dans les bénédictions : « Que Dieu te protège, qu’il te sauve, qu’il te bénisse et bénisse tes siens,… ». Et Siriman d’enchainer :  » Hé toi Namakan, ça fait longtemps, on ne s’attendait pas à toi aujourd’hui… »
En effet, tous les villageois avaient remarqué la présence soudaine de Namakan qui n’était même pas arrivé à domicile. La tension était retombée d’un seul coup et personne n’avait compris ce que Namakan avait fait pour endiguer la tension.
Namakan qui était parti depuis sept ans revenait pour la première fois, alors il avait un  peu d’argent et n’a pas hésité un seul instant à régler le problème selon ses convictions. En effet, qui mieux que lui pouvait comprendre les difficultés de cette société qui se résument à la misère. C’est pourquoi, il ne s’est pas mis dans les discussions inutiles, il est plutôt allé à l’essentiel. Comme pour dire que très souvent dans nos sociétés, les tensions et les frustrations sont souvent dues à l’état de pauvreté ambiante qui y règne.
 
Youba KONATE