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Etat de la Nation: les constats et les critiques de l’UNTM

Notre pays, à l’instar de la communauté internationale, a célébré, hier lundi 1er mai, la journée internationale du travail. Les syndicats affiliés à l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) ont respecté la tradition en marquant la journée par le traditionnel défilé sur le boulevard de l’Indépendance.

Yacouba Katile secretaire general untm syndicaliste

Les temps forts de la cérémonie ont été les discours du secrétaire général de la centrale syndicale, Yacouba KATILE, de celui du ministre du Travail, de la fonction publique, chargé des relations avec les institutions, DIARRA Racky TALLA, et les défilés des différents syndicats membres. On y notait également la présence de certains membres du gouvernement.
Selon le secrétaire général de l’UNTM, la célébration du 1er mai est l’occasion, à travers le monde, pour les organisations syndicales et les associations professionnelles, de faire entendre la voix des travailleuses et des travailleurs.

La politique de l’Autriche :
Aussi, a-t-il déploré, l’accaparement des terres rurales et urbaines, les spéculations sur les intrants agricoles au détriment des paysans, le commerce opérant dans une logique de fraudes.
Face à la situation que traverse notre pays, Yacouba KATILE dira que faire la politique de l’autruche ne convient plus quand les problèmes se densifient. A son avis, au-delà des amitiés, des parentés, des intérêts individuels, corporatistes, catégoriels, les Maliens doivent pouvoir se regarder en face ; fustiger les mauvais comportements dans les abysses, avec tout ce que cela comporte comme humiliation et misère populaire.
« Il nous faut un autre échafaudage politique, car celui installé dans l’après 26 mars a vite montré ses limites, incapable d’assurer un avenir radieux à l’ensemble du peuple ; le refuser et s’accrocher obstinément à des textes sans efficience sur nos réalités, relève du dogmatisme, du fétichisme pour réserver des privilèges, des avantages inavoués », a affirmé le secrétaire général de l’UNTM.

La justice sociale :
Par ailleurs, M. KATILE a convié les travailleurs à chercher à promouvoir la justice sociale à travers des dispositions établissant l’égalité de chance entre les enfants de la République, par le renforcement d’une démocratie nationale en totale adéquation avec les réalités nationales, susceptible de répondre et de satisfaire les besoins du pays et de ses populations.
Le secrétaire général de la plus grande centrale syndicale de notre pays a regretté que le Mali, en dehors des slogans, soit dramatiquement en retard en matière de respect des libertés syndicales, de négociation collective, de tripartisme, et maintenant le dialogue social, réduisant ainsi le degré et la qualité du partenariat des organisations syndicales, dans le développement national.
Il a appelé les syndicalistes, dans leurs revendications, à penser à l’avenir du pays. À son avis, la solution à la question syndicale, n’est ni un anti-syndicalisme primaire, ni la tendance à ignorer la réalité du syndicalisme. Elle se trouve, dit-il, dans l’acceptation et le respect des organisations syndicales dans tous leurs rôles, leurs missions.
Yacouba KATILE a soutenu que l’UNTM impute la responsabilité des troubles sociaux, qui rendent bancales les entreprises, à l’absence de négociation collective, à l’impossibilité de conclure des accords d’établissements, au manque de dialogue social bien codifié, sous le prétexte du libéralisme.

Augmentation des salaires :
Le secrétaire général de l’UNTM a saisi l’occasion pour annoncer que les prochaines revendications devraient sortir le Mali des profondeurs du classement des bas salaires au niveau de l’UEMOA et de la CEDEAO. Il a exprimé la nécessité de faire table rase de la politique actuelle des revenus et des salaires, d’établir plus d’équilibre entre les corps et les catégories et pour le départ à la retraite. Il trouve que les distorsions et disparités existant dans ces domaines sont antirépublicaines.
M. KATILE a également soutenu que les programmes et projets de développement national, n’intégrant pas la justice sociale comme fondements, buts et moyens, sont des leurres, en ce sens qu’ils s’exécuteront sans l’égalité de chance entre les fils du pays à l’emploi, à la promotion.
Dans le même registre, le secrétaire général de l’UNTM a rappelé que les travailleurs compressés des entreprises d’Etat et les partants volontaires victimes d’ajustements structurels sont toujours dans l’attente de leurs dus, malgré les multiples promesses et engagements pris par l’Etat.
« L’exubérance et la promotion de la médiocrité se manifestent dans tous les domaines des services administratifs, dans les mines, sur les chantiers de la croissance, tout simplement parce que les plus méritants, les plus compétents sont fourrés dans les rets de l’échec, au profit de chérubins sans le profil adéquat. Les prochaines élections de 2018, malgré des textes comportant de déséquilibres, nous imposeront de prendre des initiatives et des responsabilités inédites dans notre pays ; il y va de l’avenir du Mali, notre seule Patrie qui est au-dessus de tout et de tous », a-t-il conclu.

Le dialogue social :
Quant au ministre du Travail et de la fonction publique, chargé des relations avec les Institutions, elle a rappelé les attributions des syndicalistes qui consistent à la promotion et à la défense des droits des travailleurs. A son avis, cela doit passer par un dialogue franc, objectif, nécessaire, compte-tenu de la situation de crise que traverse notre pays.
«Nous avons entendu beaucoup de discours sur la crise que traverse notre pays et beaucoup de propos sur le sort du pays. Il est grand temps que nous sortions de cela, que nous prenions notre destin en main, car il ne sert à rien de s’appesantir sur son sort, il faut agir », a déclaré Mme le ministre. Avant d’ajouter qu’« il est temps que le gouvernement et les syndicats œuvrent à l’intérêt général des travailleurs du Mali. Que nous fassions du dialogue social un exercice éminemment intellectuel et technique en toute objectivité, en abordant les problèmes sans passion, sans démagogie et en toute objectivité pour l’intérêt de tous ».
Pour tous les acquis dans le domaine syndical, depuis l’accession au pouvoir du président Ibrahim Boubacar KEITA, ont été obtenus avec l’ensemble des partenaires sociaux dans un dialogue franc et constant qu’il faut maintenir.
Selon Mme DIARRA, l’Etat, vis-à-vis des partenaires sociaux, est astreint à des obligations, tout en rappelant que le rôle des syndicats est la promotion des droits des travailleurs par la revendication et aussi l’éducation à la citoyenneté de leurs militants, la formation des militants, le respect des lois et règlements, la contribution au développement du pays dans tous les domaines, l’accompagnement de l’Etat dans son œuvre de développement pour faire du Mali un pays qui compte sur l’échiquier international.
Par ailleurs, elle a salué l’engagement de l’UNTM qui, reconnait-elle, n’a pas perdu sa place malgré la consécration du multi syndicalisme dans notre pays.

PAR MODIBO KONE ET MEMADJILEM NADJILAR EVELYNE (STAGIAIRE)

 

Source: info-matin

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