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Entre Nous: Des hypothèses à explorer

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, qui a entamé des consultations informelles avec certaines forces politiques depuis la semaine dernière, se prononcera dans les jours à venir sur le sort réservé au projet de révision de la Constitution du 25 février 1992. Trois hypothèses sont envisageables.
Primo : le retrait pur et simple du projet de loi comme l’exigent les partisans de la Plateforme « An Tè, A Banna-Touche pas à ma Constitution ».

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Secundo : le maintien du texte en apportant les corrections demandées par la Cour Constitutionnelle dans son Arrêt du 4 juillet 2017. Cette thèse avait été défendue par le ministre des droits de l’homme et de la réforme de l’Etat.
Tertio : le maintien du projet de loi en décidant de procéder à une lecture approfondie afin de renoncer aux articles les plus controversés.
Sauf coup de théâtre, le Chef de l’Etat restera fidèle à sa première ligne de conduite qui consiste à ne pas retirer le texte controversé qui divise tant l’opinion. Compte tenu de la pression des opposants à la réforme constitutionnelle, qui demandent le retrait pur et simple du projet de texte, le Président Ibrahim Boubacar Kéïta pourra faire des concessions en instruisant à sa majorité parlementaire et à son gouvernement de tout mettre en œuvre pour parvenir à un texte consensuel. Une telle option permettra à l’équipe initiatrice de la réforme de donner à la communauté internationale le gage de sa bonne foi et en même temps, de mettre les opposants notamment, les leaders des partis politiques, dans un véritable dilemme. Dans le cercle du pouvoir, on part du postulat que les leaders politiques qui cherchent le pouvoir ne peuvent pas mettre sur leur dos la communauté internationale et surtout la France qui semble déterminée à maintenir la pression pour aller au bout du processus de révision constitutionnelle. C’est une manœuvre pour diviser la Plateforme « An Tè, A Banna-Touche pas à ma Constitution ». La stratégie va consister à faire éclater la Plateforme des opposants en amenant certains leaders à accepter un compromis.
Il ne faut pas se leurrer en pensant que les marcheurs se recrutent uniquement dans les rangs de l’opposition politique au Président de la République. Ceux qui défilent dans les rues constituent majoritairement l’électorat qui avait massivement fait confiance au Président Ibrahim Boubacar Kéïta en qui, ils voyaient l’homme providentiel, capable de redresser la situation tragique de la nation. Il ne faut pas se tromper : les déçus et les frustrés de la gouvernance du Président IBK sont nombreux parmi les marcheurs. Il ne faut pas non plus se tromper sur le fait que la popularité du chef de l’Etat a largement chuté de son élection en 2013 à nos jours. Et ceux qui lui conseillent de profiter de cette révision de la Constitution pour affirmer l’autorité de l’Etat, semblent ignorer le contexte de fragilité dans lequel le pays se trouve et surtout la crise de confiance entre l’élite gouvernante et le peuple. Les représentants d’un Etat faible et complètement discrédité peuvent difficilement faire asseoir leur autorité sur des citoyens qui ont perdu presque toute confiance aux institutions de la République.
Avec les tensions actuelles, il y a des risques réels qui planent sur l’existence même de la République. Il revient au Président de la République de tout mettre en œuvre pour fédérer les énergies et faire face à l’essentiel, c’est-à-dire, sauver le Mali plus que jamais menacé. Arrêtons les mises en scène et les incantations qui ne ramèneront pas la paix.
Chiaka Doumbia
Source: Le Challenger

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