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Élections du District de Bamako: enjeux et jeux d’alliances politiques

À moins de deux mois des élections régionales, locales, communales et du District de Bamako, les tractations d’alliances vont bon train dans les états-majors politiques de notre pays, en dépit des réserves émises quant à l’organisation de ces scrutins par l’Opposition et les mouvements armés de la CMA. Si les choses semblent moins complexes pour l’opposition, ce n’est pas le cas pour les partis politiques de la majorité présidentielle qui n’arrivent pas à accorder leurs violons sur le choix de certains candidats communs, dont celui du district. Le parti YELEMA, dont la candidature du président ne souffre plus l’ombre d’aucun doute, semble être isolé, du fait de sa non-appartenance officielle à un des deux bords. On se rappelle que Moussa MARA, ancien PM du président IBK, suite aux débats sur la révision de la Constitution de 1992, avait suspendu sa participation à la majorité présidentielle.

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Les préparatifs des élections du District de Bamako, des cercles et des régions prévues pour le 17 décembre prochain sont en cours dans les QG des partis politiques, à travers des jeux d’alliances et des positionnements.

Les enjeux de 2018
Ces élections apparaissent comme un moment de confirmation de la superpuissance du camp présidentiel. Pour l’opposition, elles se présentent comme une occasion de résurrection et de repositionnement sur l’échiquier politique national, surtout à moins d’une année de la fin du premier quinquennat du président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA. Pour la majorité présidentielle, tout comme pour l’opposition, ces élections constituent un baromètre pour jauger les forces de l’adversaire avant les élections présidentielles de 2018. Ainsi, les enjeux de ces joutes électorales sont d’autant plus importants qu’à moins de deux mois de la date de leur tenue, les conciliabules se multiplient dans tous les sens. Et tous les moyens sont utilisés par les partis politiques pour avoir le maximum d’élus, à l’issue de ces élections en vue de mieux aborder les échéances de 2018, ultime enjeu de ces scrutins.
La Convention de la majorité présidentielle (CMP), regroupant l’ensemble des partis politiques ayant opté pour soutenir les actions du Président IBK jusqu’à la fin de son premier quinquennat, a élaboré une charte d’alliances basée sur la solidarité mutuelle entre ses membres en vue de conforter sa majorité au sortir de ces scrutins. Ces principes, selon nos sources, privilégient les alliances entre membres de la CMP lors des consultations électorales.
Du côté de l’Opposition, l’on apprend que ce sont ces mêmes principes qui sont adoptés. S’il faut reconnaitre que ces recommandations sont difficilement réalisables sur l’ensemble du territoire national, à cause des réalités socio-politiques locales qui déterminent les règles de jeu d’alliance, à Bamako, toutes dispositions sont prises souffler dans la même trompète au niveau des différents camps.
Les accords de principe
Pour les élections du District de Bamako, nous avons appris de sources dignes, que le parti Rassemblement pour le Mali (RPM) est en pourparlers avec 4 formations politiques de la majorité présidentielle, à savoir la CODEM, l’ASMA, le CNID et l’UDD et 2 associations qui sont le Mouvement Sabati ainsi que l’Union des jeunes musulmans (UJMA).
Selon des responsables du parti présidentiel, ces négociations sont en bonne voie. Mais, à en croire certaines indiscrétions, aucun consensus ne s’est encore dégagé autour du candidat proposé par le Tisserand pour défendre les couleurs de cette mouvance. Le nom de l’ancien maire de la CIV, Issa GUINDO, qui circule déjà sous les manteaux ne semble pas faire l’unanimité, selon nos sources. Si l’alliance s’accorde sur le principe de la candidature commune, elle veut s’entourer de toutes les chances de son côté, pour ces compétitions qui s’annoncent rudes.
« Issa GUINDO est la tête de liste du RPM pour les élections du District de Bamako, mais on ne sait pas s’il va rester à la tête de la liste de l’alliance qui est en négociation », nous a confié un responsable politique du RPM qui a voulu requis l’anonymat. Et si cela arrivait, a-t-il indiqué, le regroupement de l’alliance prendra la responsabilité de désigner une autre tête d’affiche qui conduira la liste, a-t-il ajouté.
Parallèlement à ces discussions, l’on rapporte que le RPM et l’Adema ayant les plus grands nombres d’élus communaux à Bamako n’arrivent pas à accorder les violons.
Des responsables de ces deux formations politiques sont pessimistes quant à une possible convergence de vues par rapport à ces échéances à venir, même si l’on estime que les discussions ne sont pas totalement fermées entre les deux grandes formations politiques, donc rien n’est à exclure à ce stade des choses.
‘’Tout est encore possible’’, espère le responsable du RPM, en se réjouissant du constat selon lequel, les deux formations se rencontrent de temps à autre en vue de s’unir pour affronter les défis des élections du District de Bamako.
Le point majeur de divergence est la volonté du parti Adema d’aller en alliance exclusivement avec le RPM à Bamako sans les autres partis politiques de la majorité présidentielle. Ce qui n’est pas du goût du RPM, affirme notre interlocuteur qui précise que le RPM souhaite une alliance avec plusieurs formations politiques de la mouvance présidentielle.
Au-delà de ces aspects, le parti Adema n’est pas également disposé à sacrifier son candidat naturel, Adama SANGARE, au profit d’un autre. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas de négociation possible, ‘’Adama SANGARE restera la tête de liste, quelle qu’en soit l’alliance possible’’, nous indique-t-on.
Au même moment, dans les salons feutrés de la Ruche, Adama SANGARE, apprend-on, reçoit également les responsables de l’ASMA/CFP de Soumeylou Boubèye MAIGA. Un plan B qui ne dit pas son nom au cas où le RPM décidait de ne pas partir avec lui. Là aussi, précise-t-on, rien n’est acté et les discussions se poursuivent.
Si les partis politiques de la majorité présidentielle sont en train de travailler dans le sens de leur convention à Bamako, en essayant de former des alliances possibles entre eux ; il en est de même pour l’opposition.
De l’autre côté, sans problème majeur, l’opposition a déjà finalisé son alliance en prélude à ces échéances électorales. Ainsi, l’URD, l’ADP-Maliba et le parti PRVM-Maliko se sont coalisés avec à leur tête Me Demba TRAORE de l’URD. Cette fois-ci, Me Demba TRAORE avec sa liste veut réaliser un exploit après sa tentative manquée d’être le député de la commune VI.
Aussi, il y a l’alliance FARE,PDES, PARENA, SADI, AFP,PLA…conduite par le jeune Alhousseini Abba MAIGA, qui avait également l’ambition de devenir en 2013, le président de la république de notre pays.

MARA esseulé
De son côté, le parti YELEMA lancé dans cette course effrénée pour la gestion du district de Bamako, à travers son président, Moussa MARA, n’est pas encore dans une alliance. Le parti compte surtout sur le charisme de son candidat, et son ancrage dans les milieux jeunes et religieux du pays.
‘’Le parti de Moussa MARA est en train de payer les frais de la suspension de ses activités au sein de la majorité présidentielle’’, nous a confié un militant de ce parti avant de renchérir que tous les pourparlers entamés entre YELEMA et le RPM, notamment ne sont plus d’actualités.
En tout cas, nous signale-t-on, YELEMA, à ce jour, n’est en discussions d’avec aucune formation politique. À ce stade, le candidat MARA ne compte que sur l’appui et la mobilisation d’un mouvement de jeunes qui a décidé de le soutenir à présidentielle de 2018 : il s’agit du Mouvement MARA alternative 2018.
Si par la force des choses, à Bamako, les principes de la majorité et de l’opposition sont en train d’être respectés, il n’en demeure pas moins qu’il en sera ainsi, à travers tout le pays. Pour preuve, selon un député de la majorité présidentielle, l’application de ces principes est difficile dans notre pays, car soutient-il, ce sont les réalités du terrain qui déterminent la nature des alliances. D’ailleurs, dans certaines communes, on retrouve en alliance l’URD et la CODEM, donc, une coalition de l’opposition et de la majorité. Il n’est également exclu, dans la même logique, de voir également le RPM et le PARENA de Tiébilé DRAME, en alliance dans d’autres localités.

Par Sikou BAH

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