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Edito : Quand Alger œuvre contre le Mali

Alors que le peuple malien attend impatiemment la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour approuver une intervention militaire au Nord du pays, Alger s’active à faire échouer cette action.

Le Président algérien Abdoul Aziz Bouteflika,

Tout d’abord, le Président algérien, Abdoul Aziz Boutéflika, dans ses grandes manœuvres diplomatiques, a pris langue avec Washington, qui a dépêché à Alger le Haut Commandant des Forces armées américaines en Afrique (Africom), Carter Ham, lequel a plaidé pour une solution « politique » à la crise malienne.

Ensuite, Alger a reçu clandestinement une délégation d’Ansar Dine, composée de Tena Ould Ahmed et de Hamada Ag Bibi. Le premier est un faucon, considéré comme le père spirituel d’Iyad Ag Aghaly, chef d’Ansar Dine et le second un modéré, député de la circonscription d’Abeïbara, un sous-fifre du même Iyad. Selon les informations reçues, Alger négocie discrètement avec eux sans en informer Bamako, encore moins avec l’autorisation des autorités de la Transition.

Ce n’est pas tout. Alger pourrait même influer diplomatiquement sur la Russie et la Chine pour un veto au Conseil de Sécurité, au cas où les deux tiers de cette instance au moins votaient la résolution autorisant l’emploi de la force au Nord du Mali. C’est en tout cas ce qu’affirme le grand spécialiste du Mali Philippe Hugon, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques de France (IRIS).

Alors, pourquoi une telle attitude à l’endroit du Mali? Pourquoi une telle ingratitude envers un voisin qui a contribué à la lutte de libération du peuple algérien, qui accéda à l’indépendance en 1962. Ce n’est pas le plus Malien des Algériens, pour reprendre l’expression de Tiébilé Dramé, Abdoul Aziz Boutéflika, qui dira le contraire. Lui qui a séjourné à Gao, qui a fait passer des armes à la frontière, au vu et au su des dirigeants maliens.  Modibo Keïta et ses compagnons ont sacrifié les relations du tout nouveau Mali indépendant avec la France au profit d’Alger. C’était l’Algérie de Ben Bellah. Les relations entre nos deux pays étaient sincères, empreintes de cordialité et de fraternité.

Pour la petite histoire, après l’éclatement de la Fédération du Mali, en août 1960, Seydou Badian Kouyaté, alors ministre, fut porteur d’un message au Général De Gaulle. Celui-ci lui demanda de voir le ministre de la Culture, André Malraux. Ce dernier lui dit ceci: « vous savez, monsieur le ministre, ce que je vous reproche, c’est que vous semblez avoir préféré l’Algérie à votre amitié avec la France. Vos liens avec l’Algérie constituent pour moi une aventure. Avec la France, c’est un destin. Nous aurons peut-être l’occasion d’en reparler, gardez cela à l’esprit« .

Notre aventure d’avec l’Algérie n’est plus ambiguë, pour penser à cet autre écrivain sénégalais, Cheick Hamidou Kane. Elle est claire et nette. Ce pays, très riche, militairement puissant, n’a jamais aidé son voisin du Sud à se développer, encore moins à assurer sa sécurité tout au long d’une frontière poreuse. Au contraire, depuis 1990, Alger a favorisé les différentes rebellions au Nord du Mali. Son territoire leur sert de base arrière. Il sert également de site d »approvisionnement en carburant et en céréales pour les bandits armés.

C’est bien Alger qui a transporté son terrorisme sur le sol malien, avec le parti islamiste, le FIS, dissous, malmené, emprisonné, chassé. Certains éléments de cette formation politique se sont mués en Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), tueur, preneur d’Européens en otages et fortement présent au Nord du Mali. Le même groupe s’est rebaptisé Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). C’est une dissidence de cette organisation qui est le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), qui occupe la région de Gao, Ansar Dine ayant la mainmise sur Tombouctou et Kidal.

Au lieu de négocier discrètement on ne sait quoi, avec Ansar Dine, pourquoi Alger ne négocie-t- elle pas avec ses enfants du MUJAO, pour leur retour définitif au bercail?

Comme avait l’habitude de dire Gandhi: « tout ce que vous faites pour moi, sans moi, vous le faites contre moi« .  Alger œuvre donc contre le Mali, et nous dénonçons avec détermination cette imposture.

Vivement une résolution de l’ONU pour l’utilisation de la force au Nord du Mali, avec ou sans l’accord d’Alger!

Chahana Takiou

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