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EDITO : Les Trois sourds de la République

La scène politique actuelle du Mali me rappelle l’histoire des trois sourds dans le livre de la Famille Diawara qu’on a tant lu et aimé étant dans les petites classes. Il y a longtemps de cela, mais la scène nous revient  parfois  en mémoire.

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En effet, un non acteur du mouvement démocratique est venu par un pur hasard à la tête de l’Etat grâce à une collusion de circonstances heureuses et malheureuses, un genre de dirigeant à la trame de ‘’Contourou’’, un autre chef venu diriger le village selon son humeur du jour, entouré d’une cour constituée de griots politiques. C’est lui qui impose à tous les habitants du village quelle couleur d’habits ils doivent porter. Il en est de même pour la façon de marcher, de rire et de parler sans que personne ne rouspètent.

Dans cette histoire les trois sourds de la République sont le Président IBK, l’Assemblée Nationale et la Cour Constitutionnelle. Chacun de ses trois sourds a un rôle à jouer afin de caporaliser le peuple et de le mettre en coupe réglée.

Le Président IBK venu pour libérer le pays occupé par des terroristes sous couverts des rebelles touaregs et arabes dans sa partie   nord et  apporter le vent de  l’espoir aux maliennes et aux maliens, rétablir leur honneur et leur dignité a échoué sur toute la ligne. Pour masquer cette défaite, il oriente son régime vers un régime présidentiel ou présidentialiste ou électif. La seule raison est que cette nouvelle constitution renforce de manière significative les pouvoirs du Président de la République.

Le deuxième sourd est la représentation nationale, qui contre vent et marrée a tenu à conserver, ce qui divise, vassalise, et crée deux types de citoyens au Mali. L’appel du pied de l’opposition a été ignoré totalement par l’Assemblée Nationale peut-être contre une importante somme sonnante et trébuchante selon les mauvaises langues. Notre représentation nationale n’aura pas servi vraiment la nation en faisant voter cette loi et en investissant les collectivités pour imposer le ‘’oui’’ aux ruraux qu’elle considère jusque-là comme un bétail électoral.

Le troisième sourd est la Cour Constitutionnelle qui a voulu profiter de l’Accord d’Alger préconisant une meilleure prise en compte des collectivités désormais pour surprendre la bonne foi du peuple. Elle qui pense que l’intégrité du territoire n’est pas entamée selon le droit international, alors qu’en réalité la souveraineté est à la fois la capacité d’un Etat à organiser la vie politique intérieure de son peuple et sa capacité à se préserver à travers ses frontières et être reconnu des autres Etats comme indépendant. Autant dire qu’en a adoptant selon une conception restrictive de la notion d’intégrité territoriale, notre Cour Constitutionnelle a failli totalement à son devoir de gardienne de la constitution. En un mot, elle s’est vassalisée. Et par ces faits, ces trois sourds, finiront par entendre le peuple qui s’exprimera comme un tonnerre qui fait vibrer le sol. Pour l’instant le peuple est appelé à voter NON ! NON et NON !

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