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Edito : Le Mali arc-en-ciel et ses préalables

Négocier avec Ansardine et Mnla parce que ce sont nos compatriotes égarés dont il ne faut pas désespérer qu’ils abandonnent, l’un son discours sécessionniste – un Mnla que l’implacable réalité du terrain l’a réduit en sigle- et l’autre ses prétentions jihadistes ! Telle est la position réaffirmée par Dioncounda Traoré devant la communauté malienne au Niger.

Du présidium d’où il s’adressait à son auditoire  et cherchait le débat qu’il n’a pas eu, le président pouvait t-il entendre les murmures désapprobateurs de certains et d’autres la réplique que Mujao aussi bien qu’Aqmi comptent des Maliens ? Parce que c’est aussi cela la vérité d’un terrain qui tente de déjouer notre argumentaire. Et on l’a vu, tant dans les auditions de la Coalition pour le Mali que dans les positions du Coren, une grande partie du réquisitoire des communautés nordistes incrimine moins les « étrangers » que les « compatriotes ». Ce qui semble avoir fait plus mal, est que ces « compatriotes » qui étaient de paisibles voisins  la veille se soient réveillés en assaillants, crachant sur leurs nouvelles victimes et tenant, semble t-il, des propos d’un racisme à faire pâlir le Bureau juif du Troisième Reich. Dès lors, la question est celle de l’impunité versus expiation. Il s’agit alors de décider de passer l’éponge de sévir sur des actes certes criminels mais résultant de revendications d’ordre politique. L’Etat malien serait grand de fermer les yeux mais sans le pardon des communautés lésées, l’indispensable réconciliation nationale relèverait de l’illusion. C’est déjà à ce stade du processus de libération que ces communautés, par leurs mandants, doivent être sollicités. Autrement dit, cette crise particulière exige d’innover l’approche du dialogue sans lequel, la libération du Nord déboucherait sur un cycle de vendettas locales. Et cela est possible avec la lucidité des uns, le repentir des autres et l’humilité de tous. C’est pourquoi, à notre avis la formule la plus forte de Niamey est celle de ce Sonraï pour lequel « toutes les peaux rouges –allusion aux Touaregs et Arabes- ne sont pas des traitres » ni « tous les sédentaires des patriotes ».  Et c’est pourquoi, on ne peut pas ne pas être saoul d’espoir en entendant ces centaines de Touaregs mêlés aux soldats de teint noir, Sonraï, bamanan, Peul et autres, dire sous le commandement de Gamou leur « impatience de monter au front ».  L’avenir c’est le Mali arc en ciel, on le savait. La visite de Dioncounda Traoré à Niamey le confirme.

Adam Thiam  

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